Il y a quelques mois, parce que les habitudes étaient un peu bousculées et le musée fermé, nous avons eu l’idée de créer ce blog tout simple. Vous avez aimé : il est temps pour le blog de rejoindre le site internet du musée ! De nouvelles fonctionnalités vous permettront de trouver facilement des activités ou des articles grâce à des filtres de recherche et vous donneront la possibilité de liker, commenter et partager les photos de vos réalisations. Retrouvez-nous pour toujours plus d’idées d’ateliers, d’articles sur la vie du musée et bien d’autres surprises, ici : https://www.louvrelens.fr/mon-louvre-lens/
“Le Louvre-Lens chez vous” devient “Mon Louvre-Lens” !
Lors du premier confinement, parce que les habitudes étaient un peu bousculées et le musée fermé, nous avons eu l’idée de créer ce blog tout simple. Vous avez aimé et il était temps pour ce blog de rejoindre le site internet du musée !
De nouvelles fonctionnalités vous permettront de trouver facilement des activités ou des articles grâce à des filtres de recherche et vous donneront la possibilité de liker, commenter et partager les photos de vos réalisations.
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Les Régents du Spinhuis, une œuvre décryptée par Guillaume
Temps de lecture estimé : 3 minutes
Nouvelles pratiques pour un nouveau pays
Jusqu’à la deuxième moitié du 16e siècle, les actuels pays de Belgique et Pays-Bas sont des provinces espagnoles. Mais sous le règne de Philippe II d’Espagne (règne de 1555 à 1598), le roi, qui ne parle ni néerlandais ni français, accentue la pression fiscale, tente de limiter la propagation de la foi protestante et ne répond pas aux aspirations des habitants des futurs Pays-Bas. Les frictions grandissent et, en 1568, démarre la guerre de 80 ans : les habitants des Pays-Bas font sécession avec l’Espagne. En 1648, par le traité de Westphalie, la République des Provinces-Unies est reconnue officiellement en Europe. Elle est formée des provinces de Hollande, Zélande, Utrecht, Gueldre, Overijssel, Frise et Groningue.
PICKENOY Nicolaes Eliasz
Les Régents du Spinhuis
1628
Huile sur toile
H. 188,5 cm ; L. 244,5 cm ; Ep. 9,5 cm
Amsterdam, Amsterdam Musem
Alors que la guerre de 80 ans est toujours en cours, l’artiste Nicolaes Eliasz Pickenoy nous peint un portrait de groupe datant de 1628. La scène se passe à Amsterdam, capitale de la province de Hollande, à l’intérieur d’une institution qui fait figure d’exception dans le monde carcéral européen : le « Spinhuis » .
En effet, les habitants d’Amsterdam se rendent compte que les châtiments corporels appliqués aux criminels, pratiqués partout ailleurs en Europe, ne sont ni très utiles, ni très efficaces pour réduire la criminalité. Ils ont donc l’idée d’instaurer un nouveau type de « prison » : un endroit où les criminels seront forcés à travailler à des tâches utiles pour la société. Même si l’idée originelle qui se cache derrière ces maisons de correction consiste en une recherche de rentabilité et de profitabilité, les prisonniers y sont traités avec un peu plus d’égard et d’humanité que dans les autres endroits d’Europe.
« Les bêtes sauvages doivent être apprivoisées »
En 1596, la première maison disciplinaire est ouverte à Amsterdam : le « Rasphuis » . Littéralement « maison de râpe », elle est destinée aux criminels masculins. Le nom de « maison de râpe » vient de ce que l’on y fait : les criminels « râpent » un bois, le Bois-Brésil (aussi appelé Pernambouc), pour le réduire en pigments de couleur rouge servant à la teinture des textiles.
L’année suivante, dans cette même ville, est ouvert la première maison de correction pour femmes. Elles y sont dédiées au filage textiles : c’est-à-dire la production de fils textiles à partir de matériaux bruts (lin, laine, chanvre, etc.). Ces maisons de corrections où les femmes filent prennent l’appellation de « Spinhuis » en néerlandais.
Mais qui sont les « criminels » enfermés dans ces « Rasphuis » ou « Spinhuis » ? Les mendiants, les vagabonds, les criminels, les personnes atteintes de déficiences ou de maladies mentales, les prostituées, les féministes, les agitateurs publics, etc. Tous les membres « non productifs » de la société amstellodamoise du 17e siècle en définitif.
Les riches bourgeois pouvaient également faire visiter ces maisons de corrections à leurs enfants turbulents pour les dissuader d’emprunter le mauvais chemin !
A la croisée des rues Heiligeweg et Voetboogstrat à Amsterdam, on peut d’ailleurs trouver la « Rasphuispoortje », une ancienne porte urbaine où est visible l’inscription suivante : « Les animaux sauvages doivent être apprivoisés » (en néerlandais : « Wilde beesten moet men temmen »).
Ces maisons de corrections servent de modèle à l’industrie des temps modernes. Cependant, elles restent avant tout des lieux de privation de liberté, où les détenus sont souvent rabaissés ou soumis à des violences de tout ordre. L’expression néerlandaise « Pompen of verzuipen », littéralement « pomper ou se noyer », que nous pouvons traduire par « sauver les meubles », vient d’ailleurs de ces lieux. Une anecdote raconte qu’une de ces maisons de correction, en zone inondable, possédait une cave qui se remplissait lentement d’eau. On y envoyait les prisonniers récalcitrants avec une pompe à main en leur disant : « Tu dois pomper l’eau hors de la cave si tu ne veux pas te noyer » : « Pompen of Verzuipen » en néerlandais.
La composition picturale de Nicolaes Eliasz Pickenoy
Ici, dans la tradition naissante des portraits de corporations néerlandaise (The Regents of the Spinhuis and Nieuwe Werkhuis, Amsterdam, Karel du Jardin, 1669, Le syndic de la guilde des drapiers, Amsterdam, Rembrandt, 1662) Nicolaes Eliasz Pickenoy nous présente un tableau très symétrique, d’aspect rigide.
Tout d’abord au premier plan, la table agit comme un repoussoir, renforçant la perspective et la profondeur de l’œuvre. Ce repoussoir guide l’œil vers le groupe de personnages attablés. Tous portent des vêtements noirs de type moderne, avec de grandes fraises blanches faisant ressortir les visages impeccablement entretenus. Quatre hommes sont ainsi attablés et font face au spectateur. Tous sont affairés : en pleine négociation, calcul comptable ou écriture, le peintre nous fait comprendre facilement que nous avons affaire à des hommes forts occupés.
Un dernier homme, en haut à gauche du tableau, vient donner un peu de rythme à la scène et casser la symétrie du tableau. Ce personnage ne possède ni chapeau, et n’est pas attablé avec les quatre autres. Il tend un papier au premier personnage, peut-être est-ce un messager, un coursier. Sa présence permet de rééquilibrer le tableau et de briser la monotonie de la composition. Rembrandt utilisera le même procédé dans le très célèbre Syndic de la Guilde des Drapiers quelques décennies plus tard.
Quelques pièces de monnaies placées par le peintre presque au centre du tableau nous montrent que ces hommes ne cherchent qu’une chose : le profit de leur institution !
Enfin, en haut de la composition, une mise en abyme montre un tableau dans le tableau. Représentant certainement une scène de la vie du « Spinhuis », ce tableau fait écho à la table au premier plan et accentue l’effet de profondeur de la pièce.
Au final, l’artiste nous offre une composition très symétrique, rigide et ordonnée pour une institution qui visait à rééduquer les déviances sociétales par le travail, tout en maximisant les profits pour la cité.
Cette œuvre est actuellement visible dans l’exposition Soleils noirs, jusqu’au 25 janvier 2021.
Source : M. MOFFITT PEACOCK, « The Amsterdam Spinhuis and the art of correction », dans Crime and punishement in the Middle Age and Early Modern Age, De Gruyter, 2012
Parc en fête épisode 2, le tricot paysager ! Le récit d’une collaboration par Nadège
Temps de lecture estimé : 3 minutes
Le tricot paysager, appelé « yarn bombing » en anglais, est une pratique née en 2005 aux Etats-Unis. Elle consiste à recouvrir les arbres et le mobilier urbain de pièces de tricot et de crochet pour apporter de la gaieté dans le quotidien et changer le regard que les passants posent sur les lieux qu’ils côtoient régulièrement.
Afin d’apporter toujours plus de couleurs dans le parc, le Louvre-Lens a sollicité des tricoteuses du territoire, et, grâce à leur collaboration, ce sont une vingtaine d’arbres qui sont ainsi « habillés » pour tout l’été !
Le plus gros arbre du parc recouvert de tricot et de crochet.
À la recherche des tricoteuses !
Avant tout, pour pouvoir mener à bien un projet de cette ampleur, il fallait faire appel à des tricoteuses disponibles et volontaires. Nous avons activé nos réseaux de partenaires et pu solliciter différents groupes de tricoteuses, mais aussi du personnel du musée, qui ont tous gentiment accepter le challenge ! Au total, ce sont une quarantaine de tricoteuses qui se sont mises en action de mai à juillet. Un laps de temps qui était assez court au regard du temps nécessaire au tricot et à l’assemblage !
Je tiens d’ailleurs à remercier chaleureusement toutes les participantes : les agents du musée, les Tricopines du bassin minier, les tricoteuses de l’atelier tricot de l’Association « La Providence » de Hulluch, les membres de l’association « Femmes en avant » de Liévin, celles du « Gang des tricoteuses » de Roubaix, ainsi que le personnel de la Manufacture de Roubaix et Tata tricot. Sans toutes ces femmes, le tricot paysager actuellement visible dans le parc n’aurait pu aboutir !
Les tricoteuses de l’association « Femme en avant » assemblent leurs créations.
Pendant plusieurs semaines, chaque tricoteuse a mis ses compétences à contribution et utilisé ses restes de pelotes de laine ou investi dans des couleurs qui lui plaisait particulièrement, pour tricoter ou crocheter des carrés, des bandes, ou encore des ronds de laine. Tata tricot a également donné plusieurs restes de laine qui ont permis à certaines de tricoter de belles longueurs. Un grand merci à elle pour cette offre généreuse !
Et l’installation, comment ça se passe ?
Ensuite, il a fallu récolter les différentes créations. Pour cela, nous avons organisé des temps de collecte de la fin juin à mi-juillet en fonction des partenaires et de la disponibilité de chacun. Toutes les pièces récupérées ont été mises en quarantaine pendant le délai recommandé.
Puis, quelques médiatrices se sont attelées à l’assemblage des différents tricots. Pour cela, nous avions pris soin de mesurer quelques circonférences des arbres repérés afin de pouvoir coudre ensemble de grandes couvertures recouvrant l’ensemble du tronc.
Une fois, ces grandes pièces cousues, nous sommes parties dans le parc, du côté du bois pionnier, avec escabeau, épingles et fils sous le coude, afin de passer à l’étape finale de l’installation, qui nous a pris plusieurs jours ! Nous avons disposé les pièces tricotées autour des troncs et réalisé la couture finale qui permet de maintenir le tricot en place pour tout l’été ! Ce fut un moment convivial, qui a généré la curiosité des passants !
Au total, c’est une vingtaine d’arbres qui ont pu revêtir leurs couleurs estivales. Chaque tricot est unique, il est le reflet de la tricoteuse qui y a consacré son temps et son talent. Les mailles et points utilisés sont variés, certaines ont même tricoté des petits papillons, des fleurs, ou encore collé de véritables coquilles d’escargots sur les tricots. Les assemblages de couleurs ont aussi permis de faire quelques clins d’œil au territoire, un arbre a ainsi revêtu les couleurs des « Sang et or » !
Ainsi, le tricot paysager visible dans le parc est le reflet de la diversité des personnes qui l’ont créé, dans une période de déconfinement où elles n’ont malheureusement pas pu toutes se rencontrer. Ce projet a été un moyen de maintenir le lien malgré tout, et d’aboutir à une forme de création participative, soumises aux regards des passants pendant toute la saison de Parc en fête. Une expérience que l’on n’oubliera pas de sitôt !
Le foyer de la Marelle est l’un des plus anciens et fidèles partenaires du Louvre-Lens. Situé à deux pas du musée, sur la commune de Liévin, cet établissement accueille des adultes en situation de handicap, qui viennent très régulièrement suivre des visites ou participer à des ateliers et cela, depuis l’ouverture !
Ils décrivent chaque sortie comme une « bouffée d’oxygène », dans un quotidien très médicalisé. L’équipe de médiation les accueille avec plaisir, tant les moments passés en leur compagnie se révèlent apaisants…
Aussi, la fermeture imposée par le confinement est-elle ressentie avec tristesse par les résidents de la Marelle. Comment faire pour continuer, malgré tout, ces échanges ?
Comment garder le contact avec les œuvres du Louvre-Lens, elles aussi confinées ?
La réponse surgit, comme un jeu : pourquoi ne pas relever le défi lancé le 25 mars par le Getty Museum de Los Angeles ?
Le #GettyMuseumChallenge consiste à reproduire chez soi des chefs d’œuvres, avec les moyens du bord.
Aidés par leurs animateurs, en particulier Christophe et Isabelle, les habitants de la Marelle commencent à chercher l’inspiration parmi les trésors de la Galerie du temps, tous reproduits sur le site du Louvre-Lens. L’ensemble du foyer s’implique, ce qui « révolutionne le quotidien », selon Christophe.
Chaque résident choisit une œuvre. Cela devient aussi l’occasion de la regarder et de commenter forme, technique et couleur, comme au musée.
Christophe, Isabelle et les résidents, en pleins préparatifs (photo la Marelle)
Découvrez ici, une partie des photographies réalisées !
Louxor, Égypte
Haut-relief du socle d’un obélisque du temple de Louxor : babouins
Vers 1279-1213 avant J.-C.
Granit rose
Paris, musée du Louvre
N 383
Don du gouvernement égyptien, 1830
Girsu (aujourd’hui Tello), Mésopotamie (Iraq actuel)
Clou de fondation de temple au nom de Shulgi, roi d’Ur (2094-2047 avant J.-C.) : personnage portant un panier de briques de construction
Vers 2050 avant J.-C.
Cuivre
Paris, musée du Louvre
AO 27907
Fouilles E. de Sarzec
Jean de Cambrai
Mort à Bourges en 1438
Deux pleurants provenant du monument funéraire de Jean de France, duc de Berry (1340-1416)
Après 1403
Marbre
Paris, musée du Louvre
RF 2016-3-1, RF 2016-3-2
Achat, 2016
Hans Maler
Ulm (Allemagne), 1480 – Schwaz (Autriche), vers 1526-1529
Portrait d’Anton Fugger (1493-1560), banquier et humaniste
Vers 1500-1529
Huile sur bois
H. 79 ; l. 61,5 cm
Paris, musée du Louvre
RF 2002-28
Don de la Société des amis du Louvre, 2002
Paul Delaroche
Paris (France), 1797 – Paris (France), 1856
Napoléon Bonaparte franchissant les Alpes au col du Grand-Saint-Bernard en 1800
1848
Huile sur toile
Paris, musée du Louvre
RF 1982-75
Don M. et Mme Robert Raymond Birkhauser par l’intermédiaire de la Lutece Foundation, 1982
Tout naturellement, l’équipe de la Marelle souhaite ensuite poursuivre le défi avec les œuvres de la nouvelle exposition, Soleils Noirs (visible jusqu’au 25 janvier 2021).
Odilon Redon
1840-1916
Araignée
1887
Lithographie
Paris, Bibliothèque nationale de France, Département des estampes et de la photographie
Myrina, Asie mineure (Turquie actuelle)
Jeune femme ailée : Niké, personnification de la Victoire
Vers 190 avant J.-C.
Argile
H. 25 cm
Paris, musée du Louvre
MYRINA 42
Fouilles E. Pottier et S. Reinach, 1881-1182
Élisabeth Vigée Le Brun
Paris (France), 1755 – Paris (France), 1842
Portrait du peintre Joseph Vernet (1714-1789)
1778
Huile sur toile
H. 92 ; l. 72 cm
Paris, musée du Louvre
INV 3054
Achat, 1817
Le résultat est une belle victoire, puisque la Marelle obtient la mention spéciale « inclusion » au concours !
Cette récompense met le musée et le foyer en joie.
Christophe, l’animateur très impliqué, se fait porte-parole des participants en soulignant le grand plaisir pris à cette activité en commun. Le fait de poser ainsi présente également un fort intérêt sur le plan de l’estime de soi : celui d’oser être modèle d’une œuvre d’art, alors que pour certains, le rapport à son propre corps n’est pas facile.
Parc en fête épisode 1, les coulisses de l’aventure 2020 ! Un récit de Marion et Laura
Temps de lecture estimé : 5 minutes
Depuis plusieurs années, le musée propose à ses visiteurs une saison estivale construite autour d’un village d’été. Petits bateaux, chaises longues, mur d’escalade, mini-golf, création artistique et sport en plein air sont devenus des activités incontournables de cet événement annuel. Une occasion, pour les voisins qui n’ont pas l’opportunité de partir en vacances, de trouver dans ce poumon vert du centre de la ville un peu de calme et de détente.
Cette année, l’équipe Parc en fête a pourtant dû revoir un peu sa copie : les conditions sanitaires ont un peu bousculé ses habitudes…
Entrez dans les coulisses de fabrication de la saison Parc en fête !
Harpes faisant une sieste au soleil…
Parc en fête : un travail d’équipe…
La préparation d’une saison estivale Parc en fête débute… plus de six mois avant son lancement ! Dans un premier temps, après le bilan de la saison passée, les équipes jouant un rôle dans la mise en œuvre du projet se réunissent. Les agents des différents services du musée (médiation, Scène, communication, administration, technique, espaces verts, accueil…) se rencontrent pour une réunion de lancement et un « brainstorming », afin de faire l’état des lieux des possibilités pour l’année à venir.
Les équipes débutent ensuite le travail et se coordonnent entre elles. C’est alors parti pour six mois de prospection, de prises de contact avec les prestataires extérieurs, de créations d’activités de commandes de matériel… Chaque agent est un maillon précieux dans la chaîne opératoire, de l’idée qui germe à sa mise en place sur le terrain.
Les meilleurs moments de Parc en fête sont certainement ceux que nous vivons les premiers jours d’ouverture au public, lorsque nous découvrons les premiers sourires des visiteurs !
Cette année : place aux artistes !
Les agents, confinés eux aussi, ont profité de ces semaines suspendues pour imaginer un nouveau Parc en fête, tourné vers la découverte en autonomie d’installations d’artistes. Les coups de fils et visioconférences se sont enchaînées pour prendre contact avec les artistes, puis pour définir les modalités de mise en place techniques des œuvres dans le parc.
Après plusieurs semaines de relations virtuelles avec les artistes, l’aventure humaine a pris tout son sens le samedi 27 juin 2020, jour des premières installations. Ces rencontres tant attendues ont également été l’occasion pour nous de découvrir les secrets de fabrication des œuvres qui sont présentées cet été dans le parc du musée.
On vous en dit plus sur les coulisses des installations ?
Conçues pour être présentées en extérieur et respectueuses de la nature, toutes ces créations vous invitent à découvrir différemment le parc du musée du Louvre-Lens, qui se révèle être un merveilleux écrin pour accueillir des installations éphémères. Vous pouvez maintenant les découvrir sur place… mais peut-être vous demandez-vous en quoi sont fait les Tree Hug de Monsieur Plant ? Comment Didier Ferment et Ludivine Dumont ont-ils fait pour installer leurs Notes bleues sur le bassin ? Ou même encore ce qu’il y a dans les Waders de Stéphanie Cailleau ?
Voici pour vous quelques images et anecdotes exclusives sur les coulisses de Parc en fête !
Didier Ferment, écoutant le souffle du vent dans l’une de ses harpes.
La mise en place des cinq harpes constituant l’installation « Musique du vent » de Didier Ferment et Bruno Tondellier, venus de Picardie, a bien failli nous donner du fil à retordre ! En effet, le terrain sur lequel le parc a été implanté est un peu capricieux. Le sol est très dur et caillouteux, ce qui a rendu un peu difficile la fixation des fers à béton sur lesquels s’enchâssent les structures des harpes. Heureusement, quelques coups de maillet plus tard, les instruments à vent ont commencé à faire vibrer les cordes, pour notre plus grand bonheur !
Tree hug de Monsieur Plant avant installation
Moulés avec des bandes de plâtre et recouverts de mousse végétale, les Tree Hug de Monsieur Plant s’intègrent parfaitement à l’environnement du musée. Le choix de l’arbre n’est pas dû au hasard et s’est fait en accord avec l’artiste, Christophe Guinet (alias Monsieur Plant), venu tout spécialement de la région parisienne. Arrivés soigneusement rangés dans une valise, les sept paires de bras ont nécessité plus d’une demi-journée d’installation et fusionnent désormais avec la nature.
Installation de Tree Hug par Christophe Guinet et son ami James.
À quelques pas de là, l’installation cinétique intitulée Notes bleues de Didier Ferment et Ludivine Dumont vous invite à vous laisser bercer par ces notes silencieuses qui flottent et vibrent au gré du vent sur le bassin. Poétique et légère, cette installation a néanmoins exigé que les artistes se mouillent et goûtent à la température de l’eau du bassin… un jour de pluie.
Que fait ce paddle au bord du bassin ? Est-ce une des activités proposées au musée cet été ? En réalité, c’est grâce à cette planche que les deux artistes ont pu installer leur dispositif, sous l’œil intrigué des visiteurs présents ce jour.
Ludivine Dumont et Didier Ferment installant les Notes bleues
Puis, du 30 juin au 2 juillet, nous avons accueilli l’artiste Stéphanie Cailleau, venue de la Drôme, pour l’installation des Waders.
Stéphanie Cailleau (en bleu), aidée de Marion, en pleine opération chirurgicale dans un Waders.
Ses créations, arrivées quelques jours avant elle dans d’imposants cartons, ont nécessité une petite remise en forme à laquelle nous avons également pu participer. C’est ainsi que nous avons découvert que l’ossature des Waders était constituée de grillage à poule et cerceaux en plastique, utiles à la bonne tenue de ces étranges créatures.
Stéphanie Cailleau, les élagueurs et un membre de l’équipe technique.
La présence d’un élagueur ainsi que des agents du service technique du musée a été nécessaire afin d’assurer un accrochage sans risque des sept Waders sur des arbres du bois pionnier du parc, préalablement repérés par l’artiste. Un vrai travail d’équipe !
Saurez-vous retrouver ces sept créatures dans le bois ?
Toutes ces anecdotes ne seraient rien sans la bonne humeur qui a régné le jour des installations ainsi que du plaisir que nous avons eu à recevoir tous ces artistes.
Nous vous donnons rendez-vous très bientôt pour un nouvel épisode des coulisses de Parc en fête 2020 ! D’ici là, découvrez la programmation sur le site du musée : https://www.louvrelens.fr/parc-en-fete-ete-2020/.
Pour cet atelier je m’inspire de la merveilleuse dentelle présente sur les vêtements du double portrait d’une dame et (peut-être) de son fils, présent dans l’exposition “Soleils Noirs”.
https://www.louvrelens.fr/exhibition/noir/
C’est une œuvre qui est représentative de la production des tableaux d’apparat familiaux dépeignant des aristocrates et leurs enfants au début du 12e siècle. Qu’est-ce qu’un portrait d’apparat ? C’est un tableau qui indique le rang social du modèle, sa fonction et son titre grâce à des attributs, des objets et symboles, le tout dans une mise en scène le mettant en valeur.
Hélas, l’identité du modèle reste mystérieuse. Cependant, on note que cette dame porte une impressionnante collerette de dentelle encadrant ainsi son visage, sans oublier le reste de la tenue exécutée dans de très belles étoffes brodées et richement ornées de perles et de fermoirs orfévrés.
Concernant l’enfant, il est vêtu comme un petit adulte ; il porte un col blanc à larges soufflets et un costume d’un noir intense qui laisse voir de délicats motifs brodés.
Nous concernant, point d’étoffe ni de fil, mais du papier !...
Matériel : Des feuilles noires (format A5), de la colle liquide, des feuilles de dessin, des ciseaux, un crayon de bois, une règle, un couvercle de plastique pour y recueillir la colle, un cure-dent.
1 - Pour débuter cet atelier il faut découper des bandes de papier d’environ 0,5 cm sur 15 cm de long, il est important que les bandes soient toutes de la même dimension afin d’obtenir un résultat uniforme et régulier.
2 - Avec l’aide d’un cure-dent, réalisez autant de spirales que vous le souhaitez.
3 - Une fois que le nombre de spirales paraît satisfaisant, commencez à assembler les éléments les uns avec les autres.
4 - Versez la colle liquide sur le support plastique, puis trempez délicatement la tranche de votre motif dans la colle, puis positionnez celui-ci sur le fond noir.
5 - Répétez l’opération pour chaque motif, puis maintenez celui-ci quelques secondes pour qu’il soit bien collé.
« Ah, j’étais adorée partout dans l’Empire romain ! D’Alexandrie à Mayence, de Rome jusqu’à Londres, les peuples étaient fascinés par mon culte ! Ils construisaient des temples en mon nom : Isis. J’existais déjà dans l’Ancien Empire égyptien et les Grecs et les Romains m’ont donné une deuxième vie : ils m’ont transformée un peu, identifiée à quelques-unes de leurs déesses et habillée à leur façon (ce que l´on va appeler un jour le syncrétisme). Mon culte était un culte à mystères, dont seuls les initiés connaissaient les rites et les secrets.
Quelle époque glorieuse !
Le relief de marbre sur lequel vous me voyez ici, décorait un grand monument dans la province d’Afrique à l’époque de nos chers empereurs antonins. Je suis accompagnée de mon époux Sérapis, de mon fils Harpocrate et du dieu Bacchus. Le pauvre Bacchus a été coupé en deux quand les gens ont décidé, plus de deux siècles après, que le monument ne servirait plus que comme carrière de pierres !
Quel retournement de situation !
Et maintenant nous couvrons une tombe, face tournée vers le corps du défunt ! Nous sommes devenus un couvercle ! De plus, une inscription est gravée dans notre dos, une épitaphe !
Imaginez qui est enterré dans cette tombe ? Un « FIDELIS », un fidèle d’une autre religion d’Orient, bâtie autour d’un prophète de Judée. Qui aurait pensé qu’un jour les monothéistes prendraient le dessus !? Et sur toutes les autres religions orientales concurrentes : Mithra, Jupiter Dolichène, moi-même... Et même sur les dieux de l´Olympe : Jupiter, Junon et compagnie ! « O tempora, o mores ! »
Un changement de contexte
Nous n’arrivons même pas à déchiffrer le nom de la personne enterrée dans la tombe que nous recouvrons, parce qu’elle ne nous a laissé que quelques lettres de son nom : AG GA. Mais elle précise avoir vécu en paix – « IN PACE VIXIT » – et cela pendant quarante ans et deux mois – « ANNOS XL M(ENSE)S II ». Comme si elle pouvait le savoir avec tant d’exactitude ! Peut-être voulait-elle juste montrer qu’elle savait compter, lire et écrire…
Bref… Si je pouvais avoir une troisième vie ? Je ne sais pas, mais j’espère qu´un jour on me découvrira et qu´on me sortira de cette tombe pour me mettre à un endroit où les gens pourront me voir encore … »
D’une galerie à l’autre
Effectivement : le désir d’Isis a été entendu ! Vous pouvez même l’admirer deux fois dans notre Galerie du temps : sur le relief ici présenté et sur une petite statue de l’époque hellénistique sculptée entièrement en diorite, une pierre noire. Noire ? Oui, noire !
Ce n’est pas par hasard si je vous présente Isis aujourd’hui, deux semaines après l’ouverture de la nouvelle exposition temporaire, Soleils Noirs, au Louvre-Lens. Une troisième représentation de cette déesse mystérieuse est arrivée de Versailles et sera visible les sept prochains mois dans notre musée. À vous de la trouver dans l’exposition « Soleils Noirs » ! Une statue jamais vue avant à Lens, monumentale et … noire.
Les “déconfinés” de la Galerie du temps. Un feuilleton de Florence
Pour les plus de 16 ans. Temps de lecture estimé : 4 minutes
Le saviez-vous ? La Galerie du temps regorge de personnages qui ont, comme nous aujourd’hui, expérimenté un rapport singulier à la liberté… On en trouve même à toutes les époques : depuis l’Antiquité, jusqu’au 19e siècle !
Pourquoi ne pas partir à leur rencontre et voir ce qu'elles ou ils ont à nous raconter de cette expérience bien spécifique ?
Je vous propose aujourd’hui de rencontrer une déesse ailée…
Une jeune femme aux proportions parfaites déploie ses ailes. Son pied droit s’avance pour toucher délicatement le sol, tandis qu’elle lève gracieusement ses bras dont les mains ont disparu. Délicatement façonnés, les plis de son peplos (tunique féminine) ceinturé sous les seins et porté sur un long chiton de lin fin, laissent deviner son corps et même son nombril. L’illusion d’un mouvement aérien est frappante. Destinée à être suspendue (un trou permettant de nouer une ficelle subsiste à l’arrière), cette statuette d’argile suggère la monumentalité, malgré sa petite taille.
Nous connaissons bien son nom, Nikè, dont s’inspire une célèbre marque de vêtements sportifs. Les Grecs ont donné très tôt l’apparence de déesses à des concepts tels que la Paix ou la Justice ; Nikè figure parmi les plus anciennes et les plus populaires. Fille du géant Pallas et de la rivière Styx qui traverse les Enfers, elle incarne la Victoire. Cette messagère (en grec, « angellos ») informe la terre entière des succès des athlètes ou guerriers, soufflant dans sa trompette et apportant au vainqueur, par les airs, les insignes du gagnant : couronne, bandelette, palme ou trophée. Elle participe ensuite aux libations ou sacrifices offerts en remerciements aux dieux.
Un assemblage méticuleux
Cette œuvre provient des ateliers de Myrina, ancienne cité grecque située sur la côte anatolienne ; plusieurs milliers de terres cuites y ont été découvertes en fouillant des tombes. Nous la regardons avec d’autant plus d’attention qu’il s’agit d’une coroplathie (littéralement « modelage de jeune fille »), autrement dit un assemblage de moulages réalisés par différents artisans dans un même atelier. Petit retour en arrière : la technique du moule, connue en Mésopotamie dès la fin du 3e millénaire, pénètre en Crète vers le milieu du 2e millénaire, pour être aussitôt abandonnée, puis ressurgir en abondance à partir du 6e siècle avant J.-C. et devenir majoritaire. Cette pratique assure l’essor de l’industrie de la terre cuite, du moins pour les figurines et les reliefs. Durant la période hellénistique (323 – 30 avant J.-C.), leur usage votif et funéraire se démocratise en effet et la production s’accroît.
À partir du 3e siècle après J.-C., une Nikè de Myrina peut être constituée de quatorze moulages assemblés !
Ainsi, le chef d’atelier commence-t-il par créer un modèle, ou archétype, fabriqué à main libre, parfois à l’aide de fragments déjà existants. D’après cette maquette, un ou plusieurs nouveaux archétypes sont préparés, à partir desquels les artisans fabriquent les matrices (ou moules). Le moule étant tenu dans la main gauche, l’argile est foncée, c’est-à-dire pressée couches par couches. L’ensemble sèche ensuite à l’ombre, dans un endroit ventilé. L’eau s’évapore et la terre se rétracte, ce qui permet de retirer la pièce de la matrice sans la déformer. Les différentes parties (revers, tête, bras, jambes) et les accessoires sont ensuite fixés à la barbotine, argile délayée avec ajout d’une substance collante. La figurine est ensuite retouchée manuellement, ce qui en fait une œuvre unique, puis mise à cuire au four à bois. Après cuisson, elle est plongée dans l’engobe, un bain d’argile pure et blanche (kaolinite), puis légèrement recuite pour fixer cette nouvelle couche.
Dans la plupart des cas, les statuettes sont ensuite peintes de couleurs vives, mais cette polychromie fragile ne nous est pas toujours parvenue. Ici, subsiste un peu de bleu céleste sur les plumes des ailes…
Dans l’exposition Soleils Noirs, le portrait de Charles II d’Espagne (1661-1700) peint par Juan Carreno de Miranda, nous montre le souverain espagnol en costume royal. La couleur noire de ce vêtement témoigne du style vestimentaire espagnol du 17e siècle.
Le portraitiste officiel du Roi multiplie les tableaux représentant le souverain, avec un style facilement identifiable. Il marche ainsi dans les pas de son maître, Diego Velázquez, qui fut peintre de la chambre du Roi.
Si vous êtes habitués du musée du Louvre-Lens, les longs cheveux blonds de Charles II, ainsi que son regard peuvent vous rappeler un autre portrait, présent en Galerie du Temps :
Juan Bautista MARTÍNEZ DEL MAZO
Cuenca (Espagne), vers 1613 – Madrid (Espagne), 1667
1653
L’Infante Marie-Marguerite de Habsbourg (1651-1673), fille du roi d’Espagne Philippe IV (1605-1665), impératrice du Saint-Empire germanique
En effet, regardez plus précisément ce portrait de Marie Marguerite, l’infante d’Espagne, peint par Juan Martinez Del Mazo (lui aussi élève de Diego Velasquez).
Une certaine ressemblance non ?
Vous ne vous êtes pas trompés : ces deux-là sont en effet frère et sœur, dans la puissante famille des Habsbourg. Cette famille règne sur l’Autriche et l’Espagne depuis l’empereur Charles Quint au 16e siècle. Les deux modèles partagent d’ailleurs un sort tragique.
Sombres destins...
Marie Marguerite est mariée dès l’âge de 5 ans à son cousin, le prince Léopold Ier. De nature chétive, elle met au monde quatre enfants entre ses 17 et 21 ans et meurt des complications de son dernier accouchement à 21 ans.
Quant à Charles II, il meurt à 39 ans des suites d’une longue agonie physique et mentale : crises d’épilepsie quotidiennes, hallucinations (il tue un courtisan en le prenant pour un loup), difficultés à se déplacer et à parler, etc.
A qui la faute ?
Il semblerait que le destin ne soit pas le seul coupable. En effet, dans le cas de Charles II, les symptômes dont il souffrait ont permis de diagnostiquer rétrospectivement une syphilis héritée de sa mère, mais également un syndrome de Klinefelter. Cette maladie se distingue entre autres par un prognathisme facial, une langue plus grande que la moyenne (et donc des difficultés d’élocution), un retard de développement mental et physique (Charles II ne peut marcher qu’à l’âge de 8 ans et ne saura jamais écrire) et la stérilité.
Cette pathologie génétique possède une cause majeure : la consanguinité.
Charles II est en effet issu de l’union de Philippe IV d’Espagne et Marie-Anne d’Autriche, qui est… la nièce de Philippe IV ! En outre, en remontant quelques générations dans l’arbre de Charles II (jusque Philippe et Jeanne de Castille au début du 16e siècle), nous trouvons cinq mariages entre cousins, et deux autres mariages entre oncles et nièces.
Chez les Habsbourg (et dans d’autres grandes familles nobles d’Europe) il n’est pas rare de se marier entre cousins et cousines pour préserver le patrimoine et les possessions familiales de la couronne. Ainsi, les titres, les charges et le pouvoir de la noblesse restent dans le giron de la famille. Mais cela engendre des complications d’ordres physique et mental, qui, dans le cas présent, ont mis fin à la lignée de cette puissante famille noble espagnole.
Si Charles II était surnommé « El Hechizado » c’est-à-dire « L’ensorcelé » ; l’hypothèse d’un nombre bien trop important de mariages intra-familiaux semble plus probable que celle d’une possession démoniaque, pour expliquer le tragique destin du dernier souverain de la lignée des Habsbourg d’Espagne.
Le musée se déconfine ! Récit d’une réouverture particulière par Nadège
Temps de lecture estimé : 3 minutes
Mercredi 3 juin 2020 ! Cette date signe la réouverture du musée après 11 semaines de fermeture en raison du confinement. Une date importante pour l’ensemble des équipes, et bien sûr pour notre public !
Le parc retrouve ses passants, ses promeneurs d’un jour ou de toujours. On y réentend les voix des habitants, les rires des enfants, les aboiements des chiens en balade… autant de sons qui nous confirment que oui, le public est là, présent et heureux de pouvoir à nouveau arpenter les cavaliers et venelles, de découvrir les fleurs apparues depuis le printemps, de retrouver cette faune et cette flore pionnières si caractéristiques qui, elles, ont continué leur vie sans nous l’espace de quelques semaines.
Le musée, lui, s’est adapté aux conditions extraordinaires que nous connaissons grâce à des aménagements spécifiques qui garantissent le respect des règles sanitaires en vigueur. Le port du masque est obligatoire au-delà de 11 ans, le principe de la marche en avant est de mise avec un sens de circulation unique qui évite tout croisement, du gel hydroalcoolique est mis à disposition de chacun, les jauges de fréquentation des espaces sont restreintes, les agents d’entretien interviennent régulièrement dans tous les espaces… Les équipes d’accueil, de sécurité et de médiation travaillent en collaboration étroite afin d’expliquer ce nouveau protocole au public. Tout cela peut être un peu déroutant de prime abord, mais c’est ce qui garantit une réouverture sereine, en confiance, et bienveillante pour tous !
Dès 10h ce mercredi, le public est au rendez-vous : nos fervents afficionados de la première heure bien sûr, mais aussi des familles venues pour la première fois ! Marie Lavandier, directrice du musée, les attend de pied ferme sur le parvis du musée, il lui tient à cœur d’accueillir ce public qui nous a tant manqué ! Bien que masqué, le bonheur d’être présent se lit dans les yeux de chacun.
La presse, elle aussi, est là pour couvrir l’événement. Elle interroge à la fois les équipes et le public pour recueillir leurs sentiments sur ce moment si particulier dans notre histoire. Une dame s’exclame : « Du bonheur ! Du bonheur ! Je suis ici chez moi ! Ça me fait cette impression-là. ». Une jeune femme venue en famille confirme : « Il était temps que ça réouvre ! Il était temps ! Ça fait du bien de revenir dans les musées, d’être là et de revoir les œuvres. »
Des œuvres qui, elles aussi, sont très certainement ravies d’avoir à nouveau les yeux de chacun rivés sur elles. La Galerie du temps se redécouvre. Une famille, qui n’était pas revenue depuis l’ouverture du musée, revient enfin, un peu comme si le musée vivait une nouvelle inauguration ! Avec le sens de visite imposé, cet espace se voit d’ailleurs sous un œil nouveau. Étant coupée en deux dans le sens de la longueur, le visiteur adopte un point de vue moins central qu’habituellement, ce qui change les perspectives d’approche de chaque œuvre. Un peu comme si l’accrochage avait été renouvelé, alors que rien n’a bougé ! D’ailleurs, une de nos visiteuses habituelles s’interroge face à une sculpture : a-t-elle toujours été là ou vient-elle d’arriver ? Comme quoi, le principe de la marche en avant participe à la redécouverte des œuvres – car oui, cette sculpture était bel et bien là avant le confinement !
Tiens, mais que vois-je par là-bas ? Un ours en peluche se fait tirer le portrait devant les fameux babouins du temple de Louxor. Il s’agit de la mascotte d’un blog d’élèves qu’une enseignante a créé pendant le confinement. L’ursidé a partagé ses aventures avec les enfants pendant tout ce temps, et cela va continuer jusqu’à la fin de l’année scolaire. Aujourd’hui, le gros ours blanc les emmène en voyage au Louvre-Lens ; un moyen original de garder le lien et d’éveiller à la culture !
La journée touche à sa fin. La réouverture s’est très bien passée. Les jours suivants, la même dynamique s’observe, une grande sérénité se ressent de la part du public et des équipes. Un jeune homme venu pour la première fois nous le confirme : « Ça fait du bien de sortir après le confinement, s'imprégner d'un peu de culture. Ici, on se sent en sécurité, c'est vraiment bien organisé ».
Je n’ai plus qu’à espérer vous croiser bientôt au musée ! Et n’oubliez pas, l’exposition “Soleils noirs” ouvre ses portes le mercredi 10 juin !
Le retour au musée avant l’école : mythe ou réalité ? Récit d’une visite peu ordinaire par Chloé !
À partir de 16 ans. Temps de lecture estimé : 3 minutes
Dans le cadre du dispositif 2S2C (Sport, Santé, Culture, Civisme), sept élèves de CM1 et CM2 de l’école Jean Massé de Lens sont venus au musée du Louvre-Lens le vendredi 29 mai 2020, avant même leur retour en classe, pour une visite énigmatique. J’étais la seule à savoir ce qui les attendait : un voyage dans la Galerie du Temps, guidé par le caducée d’un des douze dieux de l’Olympe, Hermès (pour les Grecs), aussi appelé Mercure (par les Romains). Mais pourquoi lui, le dieu du commerce, le gardien des routes et des carrefours, le patron des voyageurs, des voleurs, le conducteur des âmes aux enfers et le messager de Zeus et des dieux ?
Si vous connaissez la Galerie du Temps, vous savez que ce dieu y fait l’objet d’une seule représentation, celle de François Duquesnoy, intitulée « L’Amour attachant des talonnières aux pieds de Mercure, dieu du commerce et des voyageurs ». Néanmoins, il fait aussi indirectement partie de nombreuses œuvres de par ce qu’elles nous racontent . C’est de ces histoires qu’est partie l’idée de cette visite, qu’on peut intituler « Les aventures d’Hermès ».
D’après François Duquesnoy (Bruxelles (Belgique), 1597 – Livourne (Italie), 1643) - L’Amour attachant des talonnières aux pieds de Mercure, dieu du commerce et des voyageurs - Vers 1640 - Bronze - Paris, musée du Louvre - OA 6912 - Legs Schlichting, 1914
Bien évidemment, je n’avais pas de caducée chez moi et il me fallait le concevoir. Ce caducée avait surtout pour but de permettre aux enfants de visualiser à quoi correspond un mètre, distance protectrice entre les uns et les autres, à respecter durant la visite. Cela peut paraître simple, mais pas tant que cela !
Après quelques tests et échecs, il me vint une idée : utiliser le manche de mon balai comme base, ce dernier étant rétractable ! (Coïncidence, l’une des références qui est ressortie lors de notre visite pour que les enfants puissent mieux comprendre en quoi les mythes gréco-romains sont encore d’actualité, fut Harry Potter, ce jeune sorcier connu entre autres pour voler sur un balai…)
Ainsi, les enfants ont très vite fait le rapprochement entre les personnages des histoires que je leur racontais et ceux du récit de l’auteur J.K. Rowling (le professeur Minerva McGonagall par rapport à Minerve, le basilic de la chambre des secrets qui pétrifie les élèves et ses similitudes avec Méduse, Touffu le chien à trois têtes tel Cerbère le monstre des enfers, etc.).
Notre voyage a donc été ponctué de références actuelles et s’est appuyé visuellement sur le caducée devant chacune des œuvres abordées.
Mais d’abord, qu’est-ce que la mythologie ? Qu’est-ce qu’un caducée ?
De nos jours, dire de quelqu’un qu’il est « un mytho ! » lorsque celui-ci ment est assez courant. Ce n’est pas un hasard, puisque ce mot vient du grec « mythos » qui veut dire « histoire ». Mais attention ! Les mythes ne sont pas toujours des mensonges de A à Z. Parfois, il s’agit d’une histoire autour de vrais personnages (tel Napoléon par exemple), mais déformée par l’imaginaire collectif ou amplifiée. D’ailleurs, on peut également parler de « mythe » pour le caducée. Ce dernier fait l’objet de nombreuses histoires plus ou moins différentes. Rien que pour savoir comment Hermès l’obtient, les versions ne manquent pas ! Voici celles dont je me suis particulièrement inspirée : l’une parle d’une baguette en or offerte par Apollon à son demi-frère Hermès en échange d’une lyre ; l’autre de deux serpents qui cessèrent de se bagarrer à l’arrivée d’Hermès et s’enroulèrent pour toujours autour de cette fameuse baguette. Quant aux ailes, ces histoires n’expliquent pas leur arrivée ! Mais bien évidemment, je les ai ajoutées, car que serait un caducée sans ailes ?
Vous l’aurez compris, la mythologie, c’est un peu comme remplir le tonneau des Danaïdes ou pousser le rocher de Sisyphe mais d’une manière positive : le nombre d’histoires à découvrir semble illimité, sans fin.
Lorsque la présentation entre les enfants et le caducée est faite, ils ne semblent pas être familiers avec cet objet. Et le symbole devant certaines pharmacies ? Mon exemple fait mouche, mais peut-être un peu trop, car Hermès, le dieu messager, se transforme durant la visite en « Dieu du médicament ! ». Blague à part, le caducée d’Hermès ressemble à s’y méprendre à celui des pharmacies, mais en réalité, il s’agit de celui d’Asclépios, le dieu de la médecine, foudroyé par Zeus qui n’acceptait pas que l’on soigne les mortels.
Le voyage commence !
Devant Hermaphrodite, nous découvrons qu’Hermès eut un enfant avec Aphrodite (d’où son nom), autre sculpture de la Galerie du temps qui se trouve non loin de nous. Avant de poursuivre notre chemin, nous parlons des serpents du caducée pour nous mener à ceux de Méduse.
D’après Polyclès (Actif vers 175 avant J.-C.) - Hermaphrodite, copie romaine d’un « Hermaphrodite endormi » - Vers 130-150 après J.-C. – Marbre - L. 1,49 m - Paris, musée du Louvre - MR 222 - Collection du pape Pie VI (1775-1778)
Italie ? - Vénus et l’Amour debout sur un monstre marin - Vers 200-300 après J.-C. - Marbre - H. 1,37 ; l. 0,68 ; pr. 0,35 m - Paris, musée du Louvre - Ma 280 - Collection Borghèse, achat, 1807
Arrivés devant La déesse Minerve en armes, nous continuons la découverte des mythes antiques avec notre premier héros, Persée (aujourd’hui connu par les aventures de Percy Jackson), aidé par Minerve (Athéna) qui lui offre un bouclier en argent dont les reflets sont comparables à ceux d’un miroir. Devinez quel autre dieu lui vient en aide ? Hermès, bien évidemment, mais que l’on appelle ici Mercure. Il offre à Persée une serpe capable de tout trancher, une paire de sandales ailées (ailées comme le caducée, ce qui me permet d'évoquer l’animal totem de certains dieux : comme sur cette œuvre, avec la chouette (ailées elle aussi!) sur le casque de Minerve), une besace magique et un casque.
Baccio della Porta, dit FRA BARTOLOMEO (Florence (Italie), 1473 – Florence (Italie), 1517) - La déesse romaine Minerve en armes - Vers 1490 - Huile sur bois - Achat, 1945 - RF 1945-92
Mais Persée n’est pas le seul héros que ces deux dieux aideront ! La preuve devant le tableau de Claude Gellée, Pâris et Œnone, qui nous raconte la petite histoire du grand mythe qu’est la guerre de Troie. Pâris, prince troyen marié à Œnone, nymphe aux pouvoirs de voyance et de guérison, la quitte pour la belle Hélène de Sparte, ce qui déclenche cette terrible guerre de dix années. Mais pourquoi ? Eh bien! à cause « d’un concours de beauté ! » entre Héra (Junon chez les Romains), Athéna (Minerve encore chez les Romains) et Aphrodite (Vénus toujours chez les Romains) pour une pomme d’or… Zeus (Jupiter chez les... Vous m”avez comprise!) ne veut pas déclarer lui-même qui est la plus belle des trois et désigne Pâris pour prendre cette décision délicate (mais surtout à sa place…). Et qui accompagne les trois déesses auprès du prince ? Eh oui ! Encore Hermès.
Claude Gellée, dit Claude Lorrain (Chamagne (France), vers 1602 – Rome (Italie), 1682) - Paysage avec Pâris et Œnone dit Le Gué - 1648 - Huile sur toile - H. 1,52 ; l. 1,84 m - Paris, musée du Louvre - INV 4724 - Collection du roi de France Louis XIV (1643-1715)
Mais dans ses nombreuses aventures, Hermès n’accompagne pas seulement les déesses sur terre : il conduit également les traîtres en enfers, comme le roi Ixion, présent sur la dernière œuvre de notre voyage. Le titre de ce tableau résume à lui seul l’histoire : Le roi Ixion trompé par Junon, qu’il voulait séduire. Mais qui oserait la moindre approche envers la femme du roi de l’Olympe, qui plus est lorsqu’on est invité chez les dieux et que l’on est soi-même un simple mortel ? Cela n’arrête pas le roi Ixion que Jupiter (Zeus) piège en créant une illusion en tout point similaire à sa femme Junon (Héra). La véritable déesse s’enfuit alors sans peine, guidée par Cupidon (Éros) vers son véritable amour et en étant accompagnée de son symbole animalier, le paon. Au-dessus d’elle, là-haut sur son nuage, Jupiter (Zeus) réfléchit à une punition terrible. Nous le reconnaissons grâce à son aigle portant ses éclairs, les deux grands symboles du dieu. Après réflexion, il se venge de cet affront en demandant à ce que l’on emmène le roi Ixion aux enfers pour qu’il soit puni, attaché à une roue qui ne cessera de tourner au milieu des flammes pour l’éternité. Vous l’aurez deviné, c’est encore une fois Mercure (Hermès), aussi appelé Psychopompos (le guide des âmes) qui l’y conduit. Jupiter reste tel que dans le tableau de Pierre Paul Rubens, dans la lumière, et le roi Ixion sombre dans l’obscurité.
Pierre Paul Rubens (Siegen (Allemagne), 1577 – Anvers (Belgique), 1640) - Le roi Ixion trompé par Junon, qu’il voulait séduire - Vers 1615 - Huile sur toile - H. 2,15 ; l. 2,85 m - Paris, musée du Louvre - RF 2121 - Legs du baron R. de Schlichting, 1914
Cette opposition n’est pas sans rappeler nos compagnons de route, les serpents du caducée, qui au départ se bagarraient et furent rassemblés autour de la baguette dorée d’Hermès, d’où leur représentation généralement en noir ou en blanc. Comme quoi, les opposés peuvent s’unir, ou pas !
Lors de notre passage devant l’œuvre de François Duquesnoy, nous saluons Mercure et l’Amour (Hermès et Éros) avant de quitter la Galerie du temps.
Le voyage se termine alors et les enfants repartent chez eux, des mythes plein la tête.
Avec Alix, fabriquez une oeuvre à toucher, à partir du “Clown” de Matisse!
Durée estimée de l’atelier : 1h
Temps de manipulation : 5 minutes (10 minutes si celle-ci est accompagnée d'un commentaire de l'oeuvre)
Atelier de fabrication à partir de 10 ans avec un adulte, et pour les familles et les adultes.
Manipulation de cet outil tactile : dès 3 ans avec l’accompagnement d’un adulte.
L’outil est adapté à l’usage des personnes mal- et non-voyantes pour aborder des oeuvres d’art visuel avec l’accompagnement d’une personne voyante.
Qui n’a jamais rêvé d’effleurer une œuvre d’art au musée ? Avez-vous déjà entendu la phrase « on ne touche qu’avec les yeux ! » ? Pourquoi ne peut-on pas toucher les oeuvres exposées ?
Au Louvre-Lens, cela n’est pas possible pour des raisons de conservation. La Galerie du Temps expose plus de 5000 ans d’histoire de l’art, les œuvres ont traversé le temps. Si vous les voyez aujourd’hui, c’est parce qu’elles ont été conservées dans les meilleures conditions. On les bichonne. Les équipes du musée doivent veiller aux différents facteurs de dégradation comme la lumière, l’humidité, la température, la poussière. Imaginez si chaque visiteur touchait une peinture, une sculpture : il déposerait de la poussière mais aussi des petites bactéries invisibles qui s’attaqueraient à la surface des œuvres et les abîmeraient.
Toucher des œuvres est donc fortement déconseillé si l’on veut permettre aux générations futures de les contempler encore pour des années, voire pour les siècles à venir !
Mais, comment font les personnes mal et non voyantes pour « voir » et comprendre une œuvre s’ils ne peuvent pas la toucher ?
Le Louvre-Lens propose régulièrement des visites en “audiodescription”. Il s’agit d’un procédé qui permet de rendre accessible les œuvres grâce à une description orale et très précise. Le médiateur guide par la voix et fait parcourir l’œuvre d’art grâce à des mots, des phrases, maîtrisées et surtout fidèles à l’image. Le choix du vocabulaire et l’ordre de la description (élément après élément, de bas en haut ou de haut en bas, en partant de la forme général pour aller vers les détails), sont très importants.
Ces audiodescriptions peuvent être associées à nos différents sens. N’avez-vous jamais pensé à une odeur, un goût ou encore une sensation tactile lorsque vous regardiez un tableau ou une sculpture ?
Je vous lance le défi de faire l’expérience lors de votre prochaine visite !
Quand cela est possible pour le musée, l’audiodescription peut être associée à une reproduction tactile de l’œuvre. On utilise des matériaux avec des textures différentes pour figurer les différentes formes ou parties de l’œuvre. Celles-ci sont créées spécialement pour être touchées !
Je vous propose de réaliser une interprétation d’une œuvre d’Henri Matisse (1869 - 1954) intitulée Le Clown, afin d’en faire ensemble l’expérience tactile ! Vous pouvez la découvrir en ligne en cliquant sur le lien suivant : https://www.centrepompidou.fr/cpv/resource/cqjRdj/rxxGkbp
Cette œuvre fait partie d’une des œuvres du livre « Jazz » réalisé en 1947 par le peintre français, Henri Matisse. Il s’agit de vingt planches mettant en lien ses œuvres colorées et ses réflexions manuscrites et calligraphiées.
Le « Clown » est tiré de la planche 8 du manuscrit. Matisse y a représenté plusieurs formes de couleurs réalisées avec la technique des « gouaches découpées ». Tout d’abord, il peint de grandes bandes de papier avec de la gouache et finit par les découper, les assembler, pour créer une œuvre avec formes, pleins et vides.
Une fois son œuvre en papiers gouachés terminée, il la remet à son imprimeur Fernand Mourlot pour qu’il puisse l’introduire dans le manuscrit « Jazz ». L’imprimeur va reproduire les mêmes formes et les mêmes découpes que Matisse mais avec la technique du pochoir, ce qui permettra de réaliser plusieurs exemplaires de « Jazz ».
Cette oeuvre figure dans l’exposition “Soleils Noirs” au Louvre-Lens, du 10 juin 2020 au 25 janvier 2021, et nous a été prêtée par le Musée départemental Matisse, au Cateau-Cambrésis. En effet, le noir est très important dans l’oeuvre de Matisse et en particulier dans celle-ci. Cette couleur apparaît ici comme une matière ayant la capacité d’accentuer le fait que l’oeuvre est en deux dimensions (le noir en aplat n’est pas travaillé pour créer une impression de volume ou de profondeur). Et en même temps, le noir permet à Matisse de créer un espace autre, ce n’est pas une imitation de l’espace réel mais un espace qui n’appartient qu’à la peinture elle-même.
https://www.louvrelens.fr/exhibition/noir/
Pour réaliser votre reproduction tactile, il vous faut :
- plusieurs sortes de carton (épais, fin, emballage…),
- plusieurs sortes de papier (épais, fin, gaufré, texturé...),
- crayon de bois,
- calque,
- une paire de ciseaux,
- un cutter,
- de la colle.
1. Choisissez un morceau de carton qui servira de support et qui, ici, représente la page blanche du manuscrit. Coupez ce carton pour obtenir un format rectangle de 27 x 36,5 cm.
2. Mesurez les différentes parties de l’œuvre et tracez directement sur le support en carton au crayon de bois.
3. Dans un carton épais, découpez une forme de 27,2 x 22 cm.
4. Pour la figure du clown, vous pouvez la dessiner directement sur un papier ou bien décalquer le modèle ci-dessous.
Il faudra bien respecter une hauteur de 12 cm entre le haut de la tête et la base des pieds. Si vous décidez de décalquer, reportez le dessin sur une feuille blanche
5. Découpez les contours du « Clown » dessiné sur la feuille blanche afin d’avoir un gabarit.
6. Placez le gabarit du « Clown » sur le format en carton épais (27,2 x 22 cm). Le clown doit être situé de façon excentrée, à droite.
L’extrémité de son bras droit doit être placée à 6 cm du bord droit vertical du carton et sa tête à 8 cm du bord horizontal haut du carton. Reportez les contours au crayon de bois.
7. Découpez au cutter la forme du clown en suivant les contours tracés (il est préférable que cette partie soit réalisée par un adulte).
8. Peignez ce carton en noir ou d’une autre couleur.
9. En attendant que la peinture sèche, munissez-vous d’une feuille de papier afin de créer la bande inférieure de l’œuvre. Tracez et découpez une bande d’une hauteur 8 cm x 27,2 cm.
10. Sur cette même bande de papier, tracez 5 rectangles verticaux d’une épaisseur de 0,6 cm. Découpez au cutter l’intérieur de ces rectangles.
11. Maintenant, réalisez les mêmes étapes pour la bande supérieure de l’œuvre. Découpez un rectangle de 23 cm x 5 cm.
12. Dans cette bande de papier, tracez 5 rectangles verticaux d’une épaisseur de 0,6 cm.
Pour vous aider à les tracer, suivez bien le modèle ci-dessous en vous aidant également de la première bande réalisée précédemment.
13. Découpez l’intérieur des rectangles au cutter.
14. Ensuite choisissez un nouveau matériau qui n’a pas encore été utilisé. Ici, j’ai choisi de la feutrine. Découpez un carré de 5 cm x 5 cm.
15. Découpez à l’intérieur un rectangle vertical de 0,6 cm d’épaisseur. Placez-le à droite de la bande supérieure.
16. Maintenant, utilisez encore un autre matériau (le but est de diversifier les matériaux afin que l’on distingue bien chaque forme de l’œuvre).
Ici, j’utilise un papier plastique transparent où je découpe un rectangle de 6 cm x 21 cm. Avec vos ciseaux, découpez une vague verticale.
17. Une fois la vague découpée, faites-en sorte que les deux formes pleines (en plastique transparent ici) se rejoignent par les deux extrémités du haut. Attention à laisser une vague vide, créée par le carton noir du fond !
Observez bien le modèle ci-dessous ! Pour le reproduire, il faut que la vague de droite soit légèrement de biais vers la gauche et un peu plus courte en bas. Il faut donc que vous découpiez un petit morceau.
18. Il vous reste à créer une fine bande horizontale entre la bande supérieure et le carré noir.
Découpez un rectangle de 27,5 cm x 2,5 cm dans un autre matériau ; ici j’ai pris du carton ondulé.
19. Puis découpez, dans une feuille de papier, la forme ci-dessous que vous placerez à droite de la dernière bande découpée.
20. Pour terminer le découpage, prenez un dernier matériau (papier texturé, sequins…) pour réaliser les flammes dans le corps du clown.
21. Une fois toutes les formes de l’œuvre découpées dans divers matériaux, commencez à coller sur le support en carton, les éléments du bas vers le haut.
22. Faites en sorte que le carré noir soit très légèrement penché vers la droite.
23. Collez la fine bande verticale et le carré incisé d’un rectangle.
24. Puis, placez la bande supérieure : elle vient légèrement se superposer sur le carré de droite.
25. Ensuite la vague.
26. C’est le tour des « flammes » à l’intérieur de la forme du clown.
Félicitations ! Vous venez de réaliser une reproduction tactile qui reprend les formes de l’œuvre Le Clown de Matisse.
Maintenant, à vous de découvrir l’œuvre comme vous ne l’avez jamais « vue » ! Faites l’expérience sensorielle : du bout des doigts, parcourez l’œuvre. Prenez en compte, grâce au toucher, toutes les formes découpées, assemblées, superposées, que Matisse a utilisées pour composer l’image.
Les animaux du Parc : le lapin. Un nouvel exercice d’origami proposé par Cindy
Pour les plus de 8 ans accompagnés d’un adulte et pour les familles
Temps de réalisation estimé : 20 minutes environ
Le musée est entouré d’un parc de 20 hectares de nature où cohabite une faune variée, installée à l’année, ou simplement de passage sur le site du musée.
Partons ensemble à la rencontre de ces animaux qui se croisent au quotidien et découvrons aujourd’hui celui qui bondit dans les prairies du parc : le lapin !
Si vous vous promenez doucement du côté de la prairie qui se trouve à côte du Pavillon de verre ou encore sur la plaine ludique, vous pourrez peut-être en croiser quelques-uns en cherchant leurs grandes oreilles qui dépassent de l’herbe ! Ce lapin commun, que vous pouvez apercevoir dans les campagnes, est appelé le lapin de garenne. Ce nom lui vient du Moyen Âge, où il était très souvent élevé en semi-liberté dans des garennes, ces vastes espaces herbeux où le lapin aime s’établir dans un terrier à multiples entrées.
Mais les lapins sont aussi visibles en Galerie du temps ! D’ailleurs, ils se sont glissés dans la « Suzanne au bain » du Tintoret. Saurez-vous les retrouver ?
Jacopo Robusti, dit Tintoret
Venise (Italie), 1518 – Venise (Italie), 1594
Suzanne au bain
1550
Huile sur toile
Allez, c’est parti pour la réalisation de votre lapin en origami ! Voici ce dont vous aurez besoin :
1 - Pliez la feuille en deux parties égales pour former un rectangle d’un côté puis de l’autre.
2- Ouvrez, puis ramenez le bord du haut vers le centre de la feuille, puis le côté gauche vers le centre comme sur la photo ci-dessous. Un grand carré en bas à droite va se former. Rabattez le bord droit vers le centre.
3 - Prenez la pointe intérieure gauche (regardez bien la photo ci-dessous), montez-la vers le haut de son pliage et repliez l’autre partie de gauche pour former une pointe.
Réitérez la même opération pour la partie droite.
Vous obtenez donc 2 pointes (les futures pattes).
4 - Pliez les 2 coins du bas de l’origami vers le milieu pour former 2 petits triangles.
5 - Mettez ces 2 triangles derrière la feuille. Vous obtenez une sorte de maison.
6 – Cette étape est un peu plus délicate. Suivez bien les étapes en photo ! Prenez le triangle gauche derrière, ouvrez-le un peu. Prenez la pointe en bas à droite et montez-la vers le haut. Un pli est déjà formé, il suffit de le suivre… et une première pointe apparaît.
Faites de même pour l’autre côté.
Cela forme 2 pointes (les futures oreilles), et de l'autre côté, un losange.
7 – Cette étape consiste à affiner les oreilles et la tête du lapin. Pour cela, rien de plus simple ! Prenez le côté en bas à gauche de votre origami (voir photo) et ramenez au centre. Faites la même chose pour l’autre côté !
8 - Rabattez la grande pointe du bas vers le haut au niveau de la base du triangle (regardez bien les photos pour vous aider).
En réalisant cette action, vous voyez apparaître le museau de votre lapin. Affinez-le en pliant la pointe.
9 - Repliez la feuille en deux. Vous commencez à distinguer la forme du lapin…
10 - Avec les doigts, glissez les pointes des oreilles vers la gauche pour former la tête du lapin.
Repliez comme sur la photo.
11 - Vous pouvez maintenant former les oreilles du lapin en ouvrant légèrement le milieu de chaque pointe.
12 - Attention, cette étape est assez technique ! Repliez les deux côtés de l'arrière du lapin vers l'intérieur. Les deux petites pointes doivent former les pattes.
Bravo !!! Vous avez maintenant un beau lapin de garenne en votre possession !!
Réalisez une composition abstraite sur fond de ténèbres, avec Marie !
Atelier à partir de 10 ans. Durée : 1h
Vassily Kandinsky ( 1866 – 1944)
« Von hier bis dort » [ « D’ici jusque-là » ]
1933
tempera, gouache, carton
h. 41,5 ; l. 57 cm
Paris Centre Pompidou/
Musée national d’art moderne – Centre de création industrielle
Vassily Kandinsky (1866 – 1944) est un peintre né en Russie. Il est considéré comme l’un des pionniers de l’art abstrait. L’art abstrait est un art non-figuratif, qui ne représente pas des choses reconnaissables (comme des personnages ou des bâtiments, par exemple) mais des formes, très souvent colorées et qui peuvent être géométriques. Kandinsky est également théoricien de l’art ; il a publié deux ouvrages : « Du spirituel dans l’art » et « Point et Ligne sur plan ». Ce qui lui importe est de démontrer que les traits, les courbes, les couleurs et les formes peuvent faire ressentir une émotion, éveiller une sensibilité et cela de manière universelle. Sa réflexion autour des formes évolue : il travaille d’abord de manière très spontanée, en créant des toiles avec des formes très libres, puis tend à créer avec des formes géométriques.
Cette œuvre est l’une des rares compositions de l’artiste entièrement construite sur un fond noir. C’est pour cette raison que vous la retrouverez dans l’exposition “Soleils Noirs”, à partir du 10 juin 2020 et jusqu’au 25 janvier 2021, au musée. Dans ce tableau, des formes géométriques colorées (rectangles, cercles, triangles, arcs de cercle) accompagnés de lignes droites ou de courbes se détachent à peine du fond et semblent flotter.
https://www.louvrelens.fr/exhibition/noir/
Pour cette activité, il vous faudra :
- des crayons de couleur : jaune, vert, bleu, rouge et blanc...
- un compas ou objet qui peut aider à faire des cercles comme un verre
- une règle et / ou une équerre
- une feuille noire
Maintenant à vous de jouer !
Observez l’œuvre et imaginez votre propre composition abstraite.
Vous pouvez débuter en associant une forme à une couleur (exemple : les triangles seront rouges). Commencez par créer une forme géométrique de votre choix, comme un carré dans le côté gauche de la feuille par exemple. Ensuite jouez avec votre imagination ! N’hésitez pas à faire des formes de différentes tailles, à travailler le graphisme à l’intérieur des formes (lignes, ronds, etc.) et à réfléchir à la composition* en vous inspirant de l’œuvre de Vassily Kandinsky.
* La composition, c’est la manière de choisir et de disposer les différents éléments de votre oeuvre sur le support (la feuille de papier) : elle peut être dense ou au contraire aérée en jouant sur les vides et les pleins, ordonnée ou chaotique, basée sur un rythme (1 triangle - 1 carré - 1 triangle), plusieurs rythmes (deux carrés - un rond - un carré, puis un triangle - un rond - un carré, et à nouveau deux carrés - un rond - un carré) ou pas de rythme du tout. Elle peut privilégier une partie de la feuille (seulement le haut, seulement le bas...), ou bien s’appuyer sur les diagonales...
Il y a d’infinies possibilités : on peut composer de manière intuitive, en improvisant, ou au contraire en s’imposant des règles, des contraintes qui aident à créer.
On retrouve l’art de la composition dans d’autres formes artistiques, par exemple la musique ou l’architecture.
Les “déconfinés” de la Galerie du temps. Un feuilleton de Florence
Pour les plus de 16 ans. Temps de lecture estimé : 4 minutes
Le saviez-vous ? La Galerie du temps regorge d’œuvres qui expérimentent un rapport singulier à la liberté… On en trouve même à toutes les époques : depuis l’Antiquité, jusqu’au 19e siècle !
Pourquoi ne pas partir à leur rencontre et voir ce qu'elles nous montrent de cette expérience bien spécifique ?
Je vous propose aujourd’hui d’admirer le ciel de Rome, peint d’après nature…
Pierre-Henri de Valenciennes
Toulouse (France), 1750 – Paris (France), 1819 ** Étude de paysage à Rome, À la Villa Borghèse : nuages blancs
Vers 1780
Huile sur papier collé sur carton
Paris, musée du Louvre
RF 3030
Donation Croÿ, 1930
En Galerie du temps, un discret ensemble de quatre huiles sur carton attire l’œil du visiteur attentif. Ces petites vues séduisent par leur aspect enlevé et presque spontané ; l’une d’elle, en particulier, donne à voir un ciel empli de nuages, qui semblent filer au-dessus de collines arrondies, peu détaillées.
Légèrement en diagonale, les nuées se pressent, imprimant ici leur ombre sur un mont, laissant là la lumière éclairer un plan d’eau. Soudain, nous sommes en plein air à côté du peintre, sentant la course des cumulus et du vent frais.
Un artiste pédagogue
De toute évidence, Pierre-Henri de Valenciennes délaisse ici le travail en intérieur, pour poser son chevalet dans la nature, faisant souffler un courant de modernité. Il s’agit pourtant d’un artiste néo-classique, membre de l’Académie royale de peinture et de sculpture, professeur de perspective à l’École impériale des Beaux-Arts. Il crée même en 1816 un Prix du Paysage Historique, afin de mettre en valeur ce genre vite démodé par la suite : à partir d’esquisses faites en extérieur, il s’agit de composer en atelier le décor qui accompagnera au mieux le sujet historique traité. Cette méthode s’inscrit dans la tradition des études d’après nature pratiquées au 17e siècle et des principes préconisés par le peintre et graveur Roger de Piles (1635-1709).
Théoricien et pédagogue, Pierre-Henri de Valenciennes produit un ouvrage de référence : « Éléments de perspective à l’usage des artistes, suivis de réflexions et conseils à un élève sur la peinture, et particulièrement sur le genre du paysage », publié en 1800.
Sa pratique et son enseignement s’inspirent beaucoup des maîtres flamands du 17e siècle, attentifs au monde rural et aux variations météorologiques. Il incite ses élèves à se rendre sur le motif : « Nous exhortons les jeunes gens qui voudront vraiment étudier le paysage dans toutes les parties de se lever avant l’aurore pour connaître tous ses effets ». Grand voyageur, Pierre Henri de Valenciennes réside à Rome de 1777 à 1781, où il exécute des peintures en plein air d’une sensibilité à la nature assez novatrice, même si elles sont destinées à être utilisées ensuite en atelier pour servir une composition historique.
Variations climatiques : l’observation avant tout
Le musée du Louvre possède un grand nombre de ces études, qui font la renommée de Pierre-Henri de Valenciennes, plus que ses grands tableaux – à l’exception de son « Éruption du Vésuve arrivée le 24 août de l’an 79 » (1813) conservée à Toulouse. Beaucoup donnent à voir des paysages italiens, esquissés non pas à l’aquarelle ou la sanguine, mais à l’huile. Elles se caractérisent par l’attention portée à la campagne, la vérité des éclairages et le rendu des volumes en larges touches.
Tombé dans l’oubli après sa mort, Pierre-Henri de Valenciennes influencera des générations de peintres à sa suite, contribuant à l’intérêt pour le paysage, qui devient le lieu d’expériences esthétiques au 19e siècle. Ainsi, notons ce conseil, donné dans son livre : « Il est bon de peindre la même vue à différentes heures du jour, pour observer les différences que produit la lumière sur les formes. Les changements sont si sensibles et si étonnants que l'on a peine à reconnaître les mêmes objets. » Il fera école.
Paysage sous la lune, un atelier proposé par Justine
Atelier à partir de 6 ans avec l’aide d’un adulte. Durée estimée : 45 minutes
Gustave DORÉ (dessinateur) (1832-1883)
Paul JONNARD (graveur) (1840-1902)
Le Loup et les brebis, d’après les Fables de La Fontaine
1868
Gravure sur bois
Paris, Bibliothèque nationale de France, département des Estampes et de la photographie
En 1868, Gustave Doré (1832-1883) reçoit une commande d’illustrations pour la publication d’un recueil des « Fables » (1668) de Jean de La Fontaine (1621-1695).
Nous observons ici son image pour la fable « Le Loup et les brebis » (Livre III, fable 13). Il s’agit d’une gravure dans laquelle il met en scène l’attaque de jeunes loups contre la bergerie. Sous la lumière de la lune, les loups deviennent des silhouettes inquiétantes apparaissant en contre-jour, seuls leurs yeux apparaissent dans leur ombre noire. Gustave Doré joue sur les contrastes du noir et du blanc : la lune très lumineuse apparaît en blanc, tandis que les loups effrayants sont noirs, et tout autour des éléments plus ou moins sombres viennent compléter le décor.
L’exposition « Soleils noirs » montre comment la nuit fascine les artistes, comment ils tentent de représenter l’obscurité, souvent grâce à des contrastes, c’est-à-dire de fortes oppositions entre les éléments sombres et les éléments lumineux (comme la lune). L’exposition montre également que les animaux, réels ou imaginaires, associés à la couleur noire sont souvent dans notre imaginaire des animaux effrayants. Le loup est un bon exemple, il est généralement un personnage qui fait peur dans les contes, comme dans « Le Petit Chaperon rouge ».
Pour cet atelier, je vous propose de réaliser un paysage au clair de lune grâce à la technique du monotype.
Qu’est-ce que le monotype ?
Il s’agit d’une technique d’impression unique. Contrairement à la gravure, technique utilisée par Gustave Doré pour son illustration, le monotype ne permet pas de faire plusieurs impressions avec la même matrice. La matrice est le support gravé servant à imprimer les images.
Pour le monotype, l’artiste peint un support dur et imperméable, métal, verre ou plexiglas, puis transfère l’image sur le papier.
Matériel nécessaire :
- un support imperméable : j’ai utilisé un couvercle de boîte en plastique et un plat à gratin.
- de la peinture noire : gouache ou acrylique (mais attention l’acrylique sèche vite), ou de l’encre spéciale gravure sur lino.
- un rouleau ou une éponge.
- des outils pour dessiner : coton-tige, pinceaux, piques à brochette.
- des feuilles de papier.
1. On recouvre de peinture le support. On peut l’appliquer avec un rouleau ou tout simplement avec une éponge ou un large pinceau.
2. On dessine notre paysage sous la lune. Le coton-tige permet de retirer de la peinture et donc de créer des traits blancs. Le pinceau peut lui permettre de créer des jeux de mouvements ou de flou dans la peinture.
3. On pose une feuille de papier blanc et on presse bien sur toute la surface du dessin.
J’ai fait plusieurs essais et plusieurs dessins, comme ce profil de loup un peu inquiétant.
On peut aussi ajouter des détails ou quelques touches de couleur sur l’impression noire. J’ai par exemple fait un paysage d’orage où j’ai ajouté un trait de craie grasse jaune sur les éclairs.
Maintenant à vous d’imaginer votre monotype noir. Vous pouvez imaginer un paysage nocturne ou bien dessiner un animal ou un personnage effrayant.
Activité : à partir de 6 ans avec un adulte. Temps de préparation de l’activité : 5 minutes. Durée estimée de l’activité : tout dépend du degré de curiosité …
Partons à la rencontre d’une œuvre cachée avec notre “bathyscope”! J’ai choisi l’œuvre d’Alfred Agache : “Énigme” présente dans l’exposition “Soleils Noirs”.
Alfred Agache (1843-1915)
Énigme
1888
Huile sur toile
Rouen, musée des Beaux-Arts
https://www.louvrelens.fr/exhibition/noir/
Un bathyscope qu’est-ce que c’est ??? C’est comme un microscope. Normalement, il est utilisé depuis la surface pour voir sous l’eau sans déformation, par exemple par les marins. Le plus chouette dans cette histoire, c’est que tout le monde peut créer un bathyscope chez soi.
Pour réaliser votre bathyscope, vous aurez besoin :
- d’un grand plat en verre (plat à gratin par exemple),
- d’un peu d’eau,
- de colorants : soit des colorants alimentaires (bleu et rouge), soit de l’encre ou une petite quantité de peinture,
- d’un verre à fond plat,
- d’une impression de l’œuvre sélectionnée : j’ai choisi une œuvre de l‘exposition “Soleils Noirs” mais les choix possibles sont illimités !
Après avoir glissé la feuille de papier sous le plat, il faudra laisser votre enfant chercher et trouver les détails picturaux que vous allez lui mentionner grâce à un jeu de questions/réponses ci-joint :
· Combien y a-t-il de fleurs sur le tableau ? 5 (une dans les mains de la femme, deux dans un pot à ses côtés et deux sur les marches en bas à droite.)
· Connaissez-vous ces grosses fleurs rouges ? Ce sont, selon toute vraisemblance, des fleurs géantes de pavot. Le peintre les a sans doute peintes pour évoquer une idée. Ici, les fleurs de pavot signifieraient l’oubli.
· Comment est habillée la dame sur le tableau ? Elle est habillée avec un grand voile noir mais si on regarde bien… Elle porte une tunique blanche sous ce voile.
· Est-elle contente ? Fâchée ? Triste ? C’est dur à dire, elle n’a pas d’expression. Cela peut expliquer le nom du tableau : « Énigme ».
On ne sait pas si elle est triste, heureuse car son visage ne reflète aucune expression, aucun sentiment.
· Pouvez-vous me dire où cette femme se trouve ? Dans une maison ? Dans un champ ? Le peintre, pour entretenir le mystère, a souhaité la peindre sur des marches . Des marches qui n’ont aucun signe distinctif…. Elles peuvent se trouver n’importe où dans le monde
· Qui a peint ce tableau et en quelle année ? La réponse se trouve en bas dans le coin tout à gauche ( ALF.AGACHE.1888.)
Il s’agit du peintre lillois Alfred Agache. C’est à l’âge de 55 ans qu’il réalise ce grand, très grand tableau : il mesure presque 3 mètres de haut.
Il peint ce grand tableau pour le Salon de 1888. Pour l’accompagner, il va mettre une poésie d’Edmond Haraucourt (1856-1941) : ≪ Prêtresse de l’énigme et fille du mystère / Je garde sous le ciel les secrets qu’il veut faire / Et je sais l’avenir comme un fait accompli / Mais j’ai fermé mon âme aux espoirs de la terre / Et seule, sans désirs, j’endors mon âme austère /Dans l’orgueil du silence et la paix de l’oubli. ≫)
Mais c’est quoi le « Salon » ? Le Salon est un grand rassemblement d’artistes qui se tient depuis le 17e siècle à Paris. Il porte ce nom car il avait initialement lieu dans le « salon carré du Louvre ». C’est un grand honneur de faire partie des artistes sélectionnés pour présenter leurs créations.
· Tentez de retrouver un oiseau dans ce tableau ? Connaissez-vous cet oiseau ? Comment est-il dessiné ? Il s’agit d’un vautour dans le coin en haut à gauche du tableau. Il est peint en doré sur un fond rouge et s’inspire des motifs égyptiens.
· Connaissez-vous ces motifs ? Il s’agit de hiéroglyphes. Les hiéroglyphes sont une très ancienne forme d’écriture utilisée par les Égyptiens de l’Antiquité. Elle prenait la forme de petits dessins sculptés ou peint dans la pierre ou sur les sarcophages.
Vous pouvez dès à présent créer d’autres questions et pourquoi pas avec d’autres tableaux … 1,2,3 tous à vos bathyscopes !!!