Rétrospective 2017 (7) : des effritements inédits à ce point au démarrage de l’avant dernière année des mandats municipaux : le mot “nouveau monde” est désormais très galvaudé dans la vie politique française. Pourtant appliqué à l’agglomération grenobloise, il trouve toute sa portée en 12 mois. Revenons à la même époque en décembre 2016. La droite est alors persuadée de gagner la présidentielle et dans la foulée faire 8 à 9 députés sur 10, puis 3 voire 4 Sénateurs sur 5. Les médias institutionnels s’alimentent des rumeurs sur les prochains secrétaires d’Etat ou ministres issus de l’Isère. Ce “petit monde” a déjà joué la présidentielle. Mais joué sur le papier et pas dans les urnes car les urnes vont entièrement renverser la table. Et dans des conditions totalement inédites puisque 12 mois plus tard :
- Les Républicains 38 n’ont aucun député. Et leurs candidats ont été battus dans des conditions historiques avec des scores de premiers tours jamais connus aussi bas sous ce label. Ils conservent deux Sénateurs c’est à dire ni plus ni moins que comme lors du dernier scrutin sénatorial pourtant basé sur la raclée des municipales de 2008 pour la droite. Et c’est une désignation à front renversé : là où la droite est forte (Nord Isère), elle ne compte aucun Sénateur. Là où elle est faible (Sud Isère) elle en compte deux grâce à la résignation disciplinée des élus locaux du ... Nord Isère,
- Le PS est décapité. Il ne compte qu’une seule députée. En 3 ans, localement, il a perdu Grenoble, puis le Département, puis la Région et maintenant “ses” députés y compris Michel Destot battu dans “sa” circonscription “imprenable” par une candidate novice venue professionnellement des
services d’une Commune de ... droite et de ... petite dimension. Dans la foulée, le PS perd ses challengers sur Grenoble. Jérôme Safar annonce officiellement son retrait de la politique et Olivier Noblecourt est nommé sur Paris à une fonction qui n’est pas compatible avec un mandat local,
- Le mouvement En Marche, embryonnaire en décembre 2016 compte 9 députés sur 10. Son Président est en “pleine forme” surfant sur une vague de popularité inédite en France à ce point depuis longtemps,
- sur le plan départemental, l’exécutif (Les Républicains) sort très fragilisé de cette année puisque ses “poulains” partis aux combats sont revenus tristement défaits. Dans aucune circonscription, le bilan du Département n’a donné une valeur ajoutée pour un candidat de la droite locale ou pour un ou une Vice-Président (e) de l’exécutif départemental. Le bilan départemental n’a aucune visibilité sur le terrain en dehors de deux ou trois géographies très localisées qui ont connu des gros travaux d’aménagements de voiries,
- sur le plan de l’agglomération, la Métro a beaucoup “progressé” en impopularité comme si elle se faisait désormais un “devoir” d’honorer sa mauvaise image de marque,
- sur le plan grenoblois, pour la première fois à ce point depuis 2014 un doute sérieux s’est installé dans une partie importante de l’électorat “modéré” qui se pose une question “simple” : qui est vraiment l’équipe d’Eric Piolle : des écolos scientifiques technos ou des mélenchonistes dogmatiques radicalisés ? Un doute qui crée une irrationalité dans les débats locaux peu compatible avec la sociologie traditionnelle de la ville.
Dans ce contexte, le mot qui convient le mieux c’est l’effritement. Il n’y a plus de rochers locaux solides. Tout peut vite revenir à l’état de poussières volatiles ... Inédit à ce point !
#senatoriales2017 : l’explosion de la droite des élus isérois ou comment un dissident en 2011 suscite des records de dissidences en ... 2017 : avec l’officialisation de la liste du Nord Isère conduite par Andrée Rabilloud, c’est la confirmation de l’explosion de la droite des élus isérois. Trois listes sont désormais assurées (une quatrième est en préparation en fonction des contacts qui fuitent ...), c’est la confirmation d’un éclatement inédit de la droite des élus. Il ne s’agit pas d’une explosion de listes citoyennes indociles mais d’élections dont le corps électoral est composé d’élus donc habitués à une certaine docilité, à une organisation. Cette explosion, c’est quoi ? C’est d’abord l’échec du “système Savin” : le dissident aux sénatoriales de 2011 qui génère désormais un record de ... dissidences contre lui à l’élection suivante. Pourquoi ? Parce que la culture clanique de ce système n’est plus supportée y compris au sein même des élus locaux. Les désignations aux différentes élections n’interviennent pas en fonction des mérites ou des travaux des uns ou des autres. Mais en fonction du niveau de proximité avec le sénateur filloniste déterminé qui a soutenu le candidat à la présidentielle jusqu’à la dernière seconde même;avec son chapelet d’affaires. Depuis 2011, c’est une succession permanente d’ingérences pour assurer la
désignation de tel ou tel candidat ou candidate assuré d’appartenir au groupe rapproché du sénateur isérois. A ce rythme, sur de telles bases, les inimitiés ont galopé. Ensuite, progressivement, les conditions de l’élection de 2011 ont été connues, parfois même dans le détail. Ou comment tout avait été mobilisé pour écarter alors l’élection d’un candidat écologiste et qui avait été le “bénéficiaire surprise” de ces manoeuvres au sein même de la gauche. Mais surtout, c’est la dénonciation d’un système qui ne travaille pas en dehors des ... repas amicaux. Des militants LR38 ne sont parfois jamais conviés à une seule réunion de circonscription dans une année entière. Le chevauchement de fonctions administratives locales et de fonctions électives nuit souvent considérablement à l’indépendance d’exercice des secondes. C’est tout un système de maillage du terrain qui est aujourd’hui contesté par des élus locaux, c’est dire ce qui attend les intéressés quand il sera question de tenter de réunir des listes de ... citoyens.
#Isere : un paysage dévasté à droite : que sera la droite après les sénatoriales de septembre 2017 en Isère ? La présidentielle 2017 a montré le visage inattendu à ce point d’une partie de la droite locale totalement engagée derrière François Fillon. Sur le fond, les isérois ont alors découvert une droite très “réac” engageant une offensive totale contre la fonction publique, défendant une conception très religieuse de l’action publique et ce faisant, rompant avec la tradition de laïcité de la politique française, témoignant sa solidarité avec des organisations remettant en cause officiellement le droit à l’avortement et alignée jusqu’à la dernière seconde sur le droit à candidater d’un postulant se faisant offrir des costumes à ...6 000 € l’unité. Beaucoup d’entre eux avaient été des “bébés Hollande” : d’abord élus pour sanctionner un Président de la République aux records d’impopularité en mars 2014, puis en mars et décembre 2015. Mais que s’est-il passé les jours d’après ? C’est là le problème puisqu’il est difficile de répondre à cette question jusqu’à la présidentielle 2017. A Grenoble, l’opposition LR 38 (Les Républicains 38) s’oppose avec
le PS contre celui qui a changé la donne grenobloise habituelle (Eric Piolle). Mais à la Métro, l’opposition LR 38 ne s’oppose plus contre les élus de la majorité grenobloise qui, là, travaillent avec le PS puisque la Métro est le lieu de la “grande réconciliation” pour bénéficier d’abord de la puissante mutuelle financière qu’elle est. Pour le Département, il commence par renflouer le SMTC à hauteur de 157 millions d’euros à la charge des contribuables départementaux. Pour quelles conséquences pratiques ? Impossible à connaître en dépit de nombreuses demandes. Il est vrai que si le Département a adopté un protocole sur ce sujet avec le même souci du détail que le protocole de l’A 480 sur la traversée de Grenoble il peut y avoir matière à des incertitudes sur le contenu détaillé à constater les nombreuses récentes polémiques sur le contenu même du protocole en question. Et la liste pourrait durer encore longtemps. Ce manque de visibilité a conduit à des scores législatifs catastrophiques plaçant plusieurs circonscriptions dans l’absence historique totalement inédite de candidat LR 38 au second tour. Pour les sénatoriales, LR 38 fonctionne comme à l’habitude : un croisement, qui n’est même plus subtile à ce niveau, entre des professionnels de la politique aux candidatures permanentes et ceux qui sont salariés de collectivités publiques tout en ayant des mandats par ailleurs. On assiste ainsi par exemple parmi d’autres à une salariée du Département élue à la Région, puis élue à Grenoble et élue à la ... Métro. Elle rencontre alors une salariée de la Métro pour le compte de LR38 qui, elle, est pour partie assistante parlementaire et aussi élue à la ... Région. Ce cercle fermé fait face à une fronde sans précédent actuellement. Une seconde liste de droite a été constituée (UDI et Parti Radical). Une troisième serait annoncée dans de brefs délais. Et une quatrième serait même en préparation. Le naufrage d’un système local à bout de souffle.