Shinto: Le mariage au Japon
Le japon et le mariage…les traditions et la façon de concevoir l’union des époux est totalement différente de celle de l’occident ! C’est pourquoi il est intéressant d’y aller de voir un peu plus près ! Car aller arpenter le japon, oui mais surtout le connaître et cela ne se fera que si nous nous imprégnons bien de la culture de ce peuple si particulier.
Au japon, il y a encore quelques décennies, le choix du conjoint était fait par la famille et non par l’intéressée… En effet ce sont les parents qui s’occupaient de marier les enfants. Ce sont les aînés de la famille qui ont la priorité. Souvent vu le coût d’un mariage, les cadets restent célibataires… en raison de la primauté du destin familial sur celui des individus. En effet le fils premier né de la famille doit assurer la succession familiale, s'il n'y a personne pour assumer cette responsabilité, le culte des ancêtres ne peut plus être perpétué. Des lors on comprend pourquoi avoir un garçon est une chose primordiale pour un couple japonais, c’est un devoir… c'est pourquoi aussi il existait une coutume d'adoption, la continuité de la maisonnée (place de chef de famille) étant plus importante que celle du sang.
D’ailleurs on peut lire dans la loi civile de Meiji (Isono, 1958), que les concubines des hommes en dépit de ne pas être considérées comme des épouses étaient nécessaires en cas de stérilité de l’épouse légitime ou si celle-ci n’enfantait pas de fils. Le fils d'une maîtresse pouvait reprendre la maison. Tout au début de l'ère Meiji, la maîtresse pouvait être considérée comme une deuxième épouse légale, vivant hors de da maison mais, plus tard, la loi a officialisé la monogamie, sans changer grand-chose aux pratiques.
Dans cette façon de vivre, la relation parents enfant prévaut. Dans ce système, la relation homme femme vient en deuxième. Les relations mère-fils et belle-mère-belle-fille représentent donc deux aspects du mariage japonais et, lorsqu'une jeune épouse entre dans la maison, les parents sont directement concernés par le mariage. Des lors on comprends que désirer se marier par amour est considérer comme irrecevable et égoïste aux yeux de la famille. Néanmoins le mariage par amour était admis mais il était considéré comme inférieur au niveau de la valeur à un mariage arrangé de façon officielle.
C’est pourquoi parfois les parents se débrouillaient pour faire coïncider les souhaits de leurs enfants avec les arrangements pris avec d’autres familles afin de les rendre heureux et que dans le meme temps leur mariage soit considéré comme digne de valeur. En fait, dans les campagnes le choix des jeunes gens était pris en considération pour leur mariage. Il existait également différentes modalités de mariage par rapt (Nihon, 1979), le jeune homme emportant sur son dos la jeune fille ; en cas de refus ultérieur de celle-ci, il devait la rendre à ses parents ; si elle consentait, des médiateurs intervenaient pour mettre en forme le mariage. Malgré l'influence unificatrice de la législation de Meiji, ces coutumes ont survécu jusqu'après la guerre.
De nos jours se marier au Japon représente un véritable budget… Beaucoup de familles dépensent énormément pour la cérémonie, la réception et également comme le veut la tradition, pour faire un présent à chaque convive. Le mariage japonais est une cérémonie ruineuse.. !
Les vêtements des mariés coûtent une fortune :pour la jeune mariée le shiro-muku (robe blanche) et le jeune marié le kimono traditionnel. Le mariage traditionnel est fait d’une cérémonie shintoïste dans un sanctuaire, on purifie les jeunes mariés, sans oublier une offrande aux kami (dieux), seule la famille proche assiste à ce cérémonial. Le voyage de noce est une occasion rare de prendre un peu plus de vacances. Mais les temps changent et la société de consommation et celle où le travail prime sur les traditions rattrape le japon et ses habitants, c’est pourquoi la conception du mariage évolue également…
Les jeunes couples font souvent coïncider mariage et vacances à l’étranger, en effet de nombreuses agences proposent un séjour en Europe ou en Australie avec la cérémonie de mariage à l’européenne. Ce qui permet de faire un mariage moins cher et surtout alléger au niveau de du cérémonial.
Les cérémonies publiques sont également très présentes. Il n’est pas rare qu’au détour d’un parc lors d’une balade, vous tombiez près d’un sanctuaire où se tient une cérémonie en plein air. Vous pouvez alors partager la joie des époux, mais aussi et surtout admirer la beauté de ce genre de mariage. Toutes les personnes présentes sont vêtues de kimonos, et le rite est impressionnant. Il y a plusieurs moines, des moines musiciens, des personnes agitent des branches d’arbres autour des mariés,…
La tendance actuelle est aux mariages européens. Certains paient des sommes folles et s’envolent vers l’Europe. Ce type d’escapade est proposé par des agences spécialisées, ce qui permet aux jeunes couples d’avoir le mariage occidental de leurs rêves, mais aussi un peu de vacances. Pour réaliser un tel projet, le budget doit être conséquent, mais sera quand même moins élevé que pour un mariage shintoïste traditionnel.
D’autres n’ont pas peur du ridicule et veulent absolument se marier dans de fausses églises ou chapelles, avec un faux prêtre. Ce style d’église est la plupart du temps situé entre des immeubles et ressemble à des bâtiments en carton. Les chapelles, quant à elles, se situent à un étage d’hôtel prestigieux. Bref, même si les futurs mariés sont de confession bouddhiste, shintoïste, ou athées, se marier selon la tradition chrétienne, ça fait chic.
Retenons simplement que peu importe le type de cérémonie choisi, le principal est que les mariés soient heureux…