Le plus pénible, le plus avilissant était sans doute de lui laisser prendre ma bouche, d'y mêler sa langue à la mienne. Cette langue gluante et râpeuse, écœurante tant dans sa mobilité que par sa consistance. Sa localisation même, inconcevable, indécente. Bien au-delà de sa salive, c'est dans le dégoût que je m'enlisais. Qu'il écarte mon sexe pour y fourrer ses doigts, ses mains et divers objets, n'était rien comparé à ce viol. Ce baiser, cet obligatoire et désiré passage avant l'accouplement dans toute relation dite "normale", ce baiser sans lequel l'amour est viol devenait le viol, comme si mon esprit inversait toute chose, comme si je ne voulais plus de l'amour que le négatif de son image.
Marie L., Confessée














