"Le fascisme, écrivait le jeune Maulnier, est la conclusion logique du principe démocratique de la souveraineté de la masse. L'idée selon laquelle tout pouvoir légitime naît de la collectivité, justifie toutes les oppressions parce qu'elle implique que l'Individu, en obéissant n'obéit qu'à lui-même. Le fascisme, né de la Démocratie, reste démocratique en ceci qu'il substitue aux vraies libertés (consistant en une part d'autonomie respectée et garantie) l'idée d'une part de souveraineté et de gloire, de participation active à une destinée collective, qu'elle s'exprime par des votes ou par quelque moyen plébiscitaire. Au principe de la communauté politique et sociale que le fascisme exalte en face de l'anarchie présente, il faut opposer un autre principe - celui des libertés politiques et sociales, affirmées, défendues par les institutions elles-mêmes. La participation de l'homme à la destinée matérielle et spirituelle du groupe, que le fascisme confond avec l'exercice de l'activité personnelle, doit être séparée à nouveau de cette sorte de prétention gratuite. "Aux sociétés totalitaires fondées sur les échanges continus entre l'homme et la collectivité, l'homme donnant tout à la collectivité, et attendant tout d'elle, nous devons opposer une société dualiste, dans laquelle l'Etat et l'Individu, dans leurs activités respectives, seront indépendants, et respectivement protégés et garantis."
Eugen Weber, L'Action française, 1962












