Aygegortsner Street, Meghri, Syunik Province, Armenia.
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Aygegortsner Street, Meghri, Syunik Province, Armenia.
23.9.
Finish! Mit diesem Wort, einem breiten Grinsen und einem Blick auf ihre Köpfe gibt der armenische Grenzposten am nördlichen Ende der Brücke den beiden chinesischen Frauen vor mir zu verstehen, dass die Zeiten der von alten, größenwahnsinnigen, bärtigen Greisen verordneten Zwangsverhüllung nun vorbei seien. Mit großem Gelächter wird dies aufgenommen, und im Laufe der nächsten 5 Minuten höre ich das Wort noch ca. 100 mal, eingehüllt in chinesische Sätze und begleitet von lautem Gekicher. Ein Taxi brachte mich von Tabriz nach Norduz, 150km für 25€, den Luxus habe ich mir heute gegönnt. Sobald man die auch heute wieder schwarze Stadt und ihre lauten Straßen verlassen hat, windet sich die Straße hinein ins Gebirge des südlichen Kaukasus, zwischen steil aufragenden Bergesketten hindurch, die Luft ist heiß und stickig, man erkennt nur die Konturen der entfernten Gipfel, zuviel Staub liegt in der Luft. 2 ½ Stunden erreichen wir die Grenzstation, es dauert ein Weilchen, bis ich den Iran verlassen kann, wahrscheinlich muss erst überprüft werden, ob kein Strafzettel vorliegt. Aber nach ca 15 Minuten darf ich den Gang über die Brücke antreten. Mein letztes iranisches Geld habe ich schon getauscht, und nachdem ich in Armenien eingereist bin, bringt mich ein weiteres Taxi für wenig Geld in die nächste Kleinstadt Meghri, in der ich mir ein wunderbares Zimmer gemietet habe, um eine Nacht im Gebirge zu bleiben. Meghri ist nicht allzu groß, und hat außer einer Festungsruine und gewaltigen Gipfeln keine besonderen Höhepunkte vorzuweisen. Aber die Frauen laufen unverschleiert und es gibt Bier im Kaufladen. Morgen früh um 7 geht es per Bus weiter nach Yerevan.
Ihr in Deutschland entscheidet übrigens morgen darüber, ob ich zurückkomme, oder wieder in den Iran umkehre. Also wählen gehen. Nicht meinetwegen, um des Landes willen.
Jour 13
Un jour dédié à l'indolence
L'indolence se caractérise par le pas mou des villageois qui ralentit toutes tentatives de rapidités. L'indolence se sonorisé par le petit bip des voitures qui se croisent entre les maisons bric et broc.
Bip salut toi.
Oh hé bien Bip à toi.
Et tout le village retentit de bip bip qui se bipent sans relâche. Des bip de rencontres quotidiennes. Ceux assis sur les marches lèvent une main dès qu'un bip les salue. Et les assis commentent le passage du bipeur mouvant qui disparaît dans sa conduite cahotique et les assis prononcent quelques mots et ce jusqu'au prochain bip.
L'indolence concerne les fruits ondulés à bout de branches par le vent jusqu'à ce qu'ils soient récoltés puis étalés sur de grands filets. Là ils paressent jusqu'à être sec à point. Figues, pêche, kiwi, raisin. Chacun s'indole.
L'indolence se répand sur les jeunes gens à la sortie de l'école. Ici, on ador les cafés froids ou d'autres mixtures sucrées glacées que l'on sirote à la paille. On tient nonchalamment un gobelet en plastique recouvert d'un dôme transparent.
L'indolence se répand dans le voyageur qui s'arrête souvent pour dessiner une scène ou une bribe de vue dans son carnet. L'air chaud et rafraîchi par la vallée fruitière l'embaume. La fatigue l'accapare car la mama Ouzbek a regardé Instagram toute la nuit puis s'est endormie bercée par le son lancinant d'un muezzin qui tint en éveil ledit Blick jusqu'à ce qu'il osa interférer dans les rêves de la dame hagarde.
L'indolence concerne aussi le balayeur qui sans relâche prélève les opercules jetés nonchalamment par les uns et les autres. Le petit balais en paille racle doucement le sol. Sans cesse mais en douceur.
Même ceux qui coupent du petit bois en vue de l'hiver le pratiquent calmement.
L'indolence se pratique aussi dans les gros marteau piqueur qui brisent au loin les cailloux pour élargir la route.
Tatata ils disent.
Tatata....
Tatata?
Est ce le son du piqueur de rocher?
Tatata? Vraiment?
Attends, pourquoi son écho caresse le flanc abrupt des montagnes?
C'est que ce Tatata là provient d'une autre machine.
Tatata disent les mitrailleurs en entraînement.
Et puis cela s'intensifie.
Ratatatatatatata de partout et intensément.
Le gros joueur, qui lance des dés minuscules, lève la tête un instant.
Des gros boums se cascadent et paraplégient les Tatata en riposte.
Les russes s'entrainent.
La vue aride des montagnes évoquent l'Afghanistan.
L'indolence révèle son autre aspect. Celui de l'efficacité.
Des nations aussi sophistiqués que la France en Algérie, les Soviétiques en Afghanistan, les Américains au Vietnam et récemment en Afghanistan ont bel été bien mis en déroute par des combattants habillés en pyjamas et en robes de chambre.
Ces habits typiques de l'indolence seraient ils en fait les réelles armures des temps modernes?
Jour 12
Un jour dédié aux transperces frontières
Il y a des humains pour qui les frontières ne posent aucun problème. Tatsuya fait ses courses dans un petit magasin à Meghri. Il se courbe mécaniquement à chaque demi phrase en éructant un petit rire ihihih. Tout haricot filiforme qu'il est, il voyage en vélo. 2 sacoches devant. 2 sacoches derrière et en avant. Son moteur électrique ce sont ses jambes maigroulettes. Il dort dehors. Il voyage depuis 7 mois. Du Japon, il a commencé par le Vietnam, puis a traversé le Laos, l'Inde, l'Afghanistan, l'Iran et le voilà ici ihihih. Son objectif c'est l'Europe ihihih puis le sud de l'Afrique ihihih. Il se donne encore 1 an ihihih. Il charge son repas du soir ihihih et il part en grimpant la colossale montagne arménienne vers Erevan ihihih.
Kemal vient d'Ouzbekistan. Il accompagne un musicien qui fait des concerts disco-folk ici et là. Ils sont passés par le Kazakhstan, le Turkménistan, la Turquie, la Géorgie et maintenant l'Arménie.
Là il s'ennuie. Alors je lui propose d'aller voir l'Araxe, la rivière qui fait la frontière avec l'Iran, ce pays juste en face de nous.
Le traducteur téléphonique ouzbek-français nous enduit d'erreur et soudain l'horreur d'aller au pays du mensonge le saisit et ceci il ne le veut pas.
Non non, c'est juste voir les crêtes déchiquetées iraniennes que l'on devine un peu d'ici et puis visiter ce qu'il y a voir, genre cette belle église là.
Non non, Allah me l'interdit.
Bon d'accord, alors allons donc aux ruines du vieux fort tout là haut puis plongeons vers l'Araxe.
Il me demande si en France il est possible de faire ce que l'on veut.
Il me semble que oui, et dans ton pays?
Non, on ne peut pas faire ce que l'on veut. Mais je suis heureux de vivre en Ouzbekistan car tous les fruits y sont bons à manger et à boire.
...
Les hautes montagnes déchiquetées impressionnent. L'Araxe coule à flot encadrée de barbelés. Kemal chanter Bella Ciao en pensant que c'est du français. Il a vraiment peur de l'Iran. A un croisement, une cabane militaire arbore fièrement 2 drapeaux: celui de l'Arménie et aussi celui de la Russie. Il semblerait donc qu'une nation en transperce une autre. Des camions venant d'Iran passent sans cesse devant les drapeaux. Ils attaquent la montée. Tiens, des camions allemands.
Oh des oiseaux passent au dessus de nous et changent de frontières sans visa.
Dans le gîte bric à brac, Arom fait le point de la situation: Regardez, autour de cette table, il y a des Ouzbeks, un turkmène, un français et des arméniens. Nous parlons farsi, Ouzbek, russe et anglais. Nous, nous allons bien. Ce sont nos présidents qui vont mal. Nous, nous parlons Sayat Nova.
Sayat Nova, le troubadour du Caucase du moyen-âge... Le seul trait d'union entre tous les pays qui se le revendiquent comme héros national. Sayat Nova, le transperce frontière encore d'actualité !
the bus will no longer be waiting for passengers ... by HariesAutoMoto
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