Retour en Festival : Musillac
Cet été, je suis retourné en festival. Cela faisait neuf ans que je n'avais pas remis les pieds dans l'un d'entre eux. Je n'arriverai pas vraiment vous expliquer pourquoi. « Le Covid » dirait le politicien qui essaye de cacher ses responsabilités. Moi je dirais que ma dernière fois – bénévole au Cabaret Vert de 2016 - était tellement forte en sensations que j'avais peur d'être déçu. Pour me remettre dans le bain, j'ai décidé de me rendre à Aix-les-Bains (toujours aussi drôle après tout ce temps Strangears, hein ?) me faire la première journée du Musillac, profitant du coin pour de petites vacances avec ma compagne. Première amélioration positif de ces retrouvailles, c'est l'application très complète que propose le festival. Dessus, on peut retrouver le programme, avec un lien menant directement sur un résumé de l'artiste, lien Youtube inclus. On peut aussi retrouver un plan, où sont légendés tous les stands mais aussi les prix de la majorité des prestations... Ce qui m’amène à la contre-partie, au premier point négatif : le prix ! A moins que je ne me rappelais plus qu'une (fausse) pinte de bière (de 45cl) pouvait coûter jusqu'à 8 euros 50. Même pas de la locale ! La consigne est quant à elle, passée à 2 euros. Ça évite de jeter son verre, certes, mais à ce prix, t'as juste envie de l'envoyer sur le bénévole qui te la sert. 12 euros l'hot-dog, 3 euros les chips, tout paraissait un peu trop cher. De plus, le « cashless » empêche d'avoir une bonne visibilité sur l'argent restant. Je suis encore mitigé sur le principe, surtout que ça semble devenir la norme. Je préférai mes bons vieux jetons, que l'on recherchait avec joie par terre, bourré, comme à une chasse aux trésor !
Niveau concert - c'est après tout pour ça que nous sommes venus -, nous avons commencé avec Amyl and the Sniffers, qui a redonné confiance à leur énergie punk, pour les fans râlant du tournant Pop que pouvait prendre le dernier album (ce qui n'était pas mon cas). Souriante, déjantée, musclée, militante (toujours son discours sur le génocide palestinien), Amyl a allumé un festival jusqu'à présent endormi, à base de « fuck », de chorés bizarres et de sauts permanents. La deuxième scène étant adjacente, il n'a fallu que quelques minutes et quelques pas pour poursuivre avec Last Dinner Party, toujours derrière mon album préféré de 2024, qu'elles ont sublimé par leur candeurs, leurs références dionysiaques, toute la beauté et la puissance d'un chœur féminin, à coup de grattes Art-Rock... et ce malgré un mauvais mixage de la bass, qui couvrait tout. Pour Air aussi, groupe que j'attends de voir depuis la fin de mon adolescence, le mixage semblait un peu trop lointain, un peu trop bas... mais c'était déjà le cas de leur live sur Arte. Je ne suis pas encore convaincu que le duo a sa place dans ce genre de festival, pas accessible à tout le monde (dont le grand gaillard devant moi qui s'emmerdait tout en me gâchant la vue) ; en tout cas, ils ont retourné l'ambiance, et au fil des titres, sur la longueur, ont réussi à pénétré nos âmes, à nous projeter hors-du-temps, dans leur univers, leur safari lunaire.
Air fut suivi de Clara Luciani... dont j'aime beaucoup les deux premiers albums, sur lesquels elle a réussi à bien s'entourer pour obtenir ce son léché et discoïde, entre French Touch du début des années 2010 et variété française des années 60-70. Moins timide qu'on me l'avait vendu, le show était toute fois trop calibré (trop de sourires, de « merciii » à la Dorothée) pour réussir à pleinement me toucher. Enfin, il y avait aussi Fontaines D.C, que j'ai suivi de loin, trop vieux et en couple pour pouvoir à nouveau affronter la foule. Je ne peux donc juste écrire que leur son ressemble de plus en plus à du Oasis. Nous sommes partis un peu avant la fin mais ça avait l'air sympa.
Je parle de vieillesse, je parle de couple, parce que ça ne te fait plus vivre ton festival de la même façon qu'à tes 20 ans. Je me rappelle, la liberté que j'avais à courir dans tous les sens, d'un stand à une scène, d'une rencontre à un urinoir, d'un coin d'herbe à la prochaine bière... de rester jusqu'à pas d'heure, nuits blanches au camping, d'avoir la sensation que tout pouvait arriver. Si l'excitation n'est plus aussi grande, elle a été remplacée par une sorte de confort, de sérénité, à veiller sur sa compagne et sur son mal de dos, à râler sur des spectateurs (anciennement moi) qui pousseraient un peu trop. J'étais plus concentré sur la musique que sur cette inconnue devant moi qui danse en m'effleurant... Un bien pour un bien, qui l'est sans doute devenu un peu moins. Mais cela ne m'empêchera pas d'y retourner un été, où au moins cinq groupes me ferait envie le même jour, ce qui j'avoue, arrive de moins en moins.
(Les photos sont de la page Facebook officielle de Musillac. Si j'avais mis les miennes, j'aurais perdu les derniers visiteurs qui me restent ici...)











