RFNVJ MZRFNS (Première partie)
L’odeur frais les rassurait. Dans cette plaine jaune d’un été semblant être perpétuel, des personnes habillées en pureté et en blancheur fêtaient l’anniversaire de la Libération Mondiale. Cette fête est à l’honneur des Vériteurs, des personnes qui, dans leurs recherches de la Vérité, ont réussi à libérer le monde de l’influence d’un groupe ancien et obscure ayant essayé de réduire l’humanité dans le Mensonge Ténébreux et l’Unipensée.
Les guirlandes en forme d’assemblage de pétales serpentaient entre les branches pâles et les nombreux piliers de fer bleuté et entouraient les participants de couleurs vives et heureuses symbolisant le chemin spirituel des Vériteurs sensé protéger et éveiller les consciences humaines et contrer l’influence des Mensongeurs, les envoyés du Mensonge. Elles sont accompagnées de milliers de sphères en verre contenant une petite étincelle d’énergie provenant de mystérieuses sphères métalliques entreposées dans un caisson de 45 L d’eau représentant, quant à eux, les nombreuses épiphanies et éclat de la Vérité parsemant ledit voyage spirituel.
Tout ce peuple riait, dansait, chantait et s’amusait en rythme avec une musique aux sonorités mystiques et ésotérique. Tous savaient parfaitement faire toutes ces activités et l’imperfection n’existait simplement plus. Tout ça grâce au travail des Vériteurs morts en martyrs. Ils étaient semblables aux premières créations de Dieu: jeunes, la taille fine, les muscles assez développés, un visage enfantin, les pieds en pointe, les mains robustes et la voix forte.
Le Crépuscule commençait à peine à repeindre le firmament d’une série de couleurs fauves et ardentes et recouvrait le cœur de ce Lumineux Peuple Libre d’une certaine ataraxie charnelle.
L’aurore boréal baignait le ciel lunaire dans une lueur d’une beauté solaire chaotique. L’air frais rentrait par-ci par-là via les nombreuses nécroses bétonnées de cette pièce dépossédée d’ouvertures géométriques conventionnelles la lumière de ce phénomène gelait et cristallisait l’intérieur de manière à rendre cette dernière presque naturelle.
En regardant de plus prêt les murs, on jurerait y percevoir des milliers excroissances se gonflant, se dégonflant, se mouvant et se déplaçant dans des directions aléatoires. Le papier peint respirait peut-être à cause du passage d’un souffle venteux et hasardeux qui essaye sûrement de trouver un moyen de sortir de cette prison de peau d’arbre et de plâtre.
On peut aussi observer que des lichens, de la mousse et des moisissures noirâtres recouvraient et rongeaient certaines portions de différentes importances du recouvrement des murs grisâtres. Aussi, ces parasites vibraient et tremblaient au moindre déplacement des supposés courants d’air froid.
Le sol semblait être recouvert d’une couleur sanguine et recouvrant, en observant avec attention, un petit corps infantile et humanoïde tremblotant, oscillant la hauteur de son abdomen en fonction de son cycle respiratoire et émettant un léger sifflement. Cette couleur ressemblait à un drap de liquide sanglant et poisseux et limitait les mouvements du prisonnier.
La forme se soulevait un peu plus haut suite à la venue d’un mistral criant, hurlant, rugissant et râlant dans cette cage de béton armé. Ce mistral transformait la partie superficielle de cette couleur charnelle en une couche de cristaux pentagonales rosâtres et des cubes de glaces avec une teinte plus cadavérique.
L’eurythmie de la multitude des chants s’intensifiait et les pas de danse s’assemblaient et formaient une chenilles de pieds humains, de bras d’anges et de corps de démons tournant, tournoyant, gigotant, marchant et courant vers les points cardinaux. L’herbe ainsi foulée semblait témoigner et raconter cette histoire de Vériteurs et de Mensongeurs, cette histoire de la Lumineuse Vérité et du Ténébreux Mensonge à travers le vent et la vie insectoïde et arachnoïde.
Tout semblait bien se dérouler.
Mais en y regardant, on pourrait remarquer que leur peau commençait à défriper et former des minuscules plaques rosâtres recouvrant leur peau frêle et pâle.
L’observateur cligna des yeux. Une peau se recouvrant de plaques solides? Non, il avait rêvé. Pourtant il avait une sensation d’une froideur cadavérique se propageant tout le long de son corps et disparaissant subtilement.
Tous souriaient. Tous ricanaient. Tous dansaient. Leur corps se pliaient, se tordaient, se distordaient et affichaient un visage semblable à celui qu’affichaient les célèbres statues représentant les Mensongeurs réalisées par un artiste de haute renommée: peur, douleur, colère, terreur, souffrance, haine, horreur, affliction, inimitié et Mal.
Tous n’avaient pas de visage et leur peau se recouvrait d’un mélanome avec une couleur de saumon avec une teinte rosâtre au milieu. Leurs membres supérieurs se liaient grâce à cette tumeur dermique, leurs membres inférieurs rejoignaient le sol perdant les herbes jaunes, les insectes se collaient entre les différentes plaques et les araignées étouffaient leurs proies avec leur toile de sang. La musique ressemblait à une série de hurlement, de pleurs et de sifflements. Le ciel, magnifique firmament de création céleste et de descendance divine, devenait noirâtre et était maintenant un dôme d’un monde d’essence déchue et démoniaque.
L’observateur resta immobile, se retenant de relâcher cette sensation d’angoisse instinctive et morbide. Une main frôla son épaule commençant à se recouvrir par cette même folie de peau, cette nécrose rose et inversée.
Ce n’était qu’elle. Cette fille au cheveux de parfaite opacité lunaire. Tout autour d’eux, les chants et les mouvements reprirent de plus belle et formèrent une série nouvelle d’excroissances à double articulation. La lumière répandit sur cet Eden estival cette lueur crépusculaire et cette aura de bonheur.
Il avait une étrange sensation en la voyant: mis à part cette chevelure faite de lumière noire, il n’arrivait pas à mettre la main sur ce qui le gênait au plus profond de son être. Était-ce ce visage si différent des autres, ce tableau facial lui donnant l’impression d’être plus réel que les autres tableaux de ce musée sylvestre? Était-ce ces perles renvoyant son regard en l’amplifiant, ces lentilles de verre le plongeant dans des profondeurs d’une réalité plus envoûtante et plus complète? Elle avait quelque chose qui la rendait en parfait décalage avec ce théâtre saisonnière et débutant le premier acte sylvestre.
Malgré la danse envieuse et la musicalité passionnée qui essayaient de le distraire, cette jeunesse l’attirait et l’aspirait vers ce sentiment effrayant de la curiosité, une forme peut-être saine ou peut-être déviante d’avidité intellectuelle.










