« Une angoisse plus terrible que toutes les angoisses humaines m’étreignit à ce moment. Mes prunelles s’attachèrent sur les prunelles d’Éva, lointaines et grises et comme vues à travers des fumées d’encens.
Je répétai les paroles d’hier :
“Ne crains-tu rien, Éva ?
— Je ne crains rien,” dit-elle.
Ce fut un murmure d’orgue au fond des chapelles crépusculaires…
“Seras-tu plus forte que mon mal ?” implorai-je.
“Je serai plus forte que tous les maux humains, puisque je suis la pitié.”
Il se fit autour de nous un silence religieux. Je n’osai point lui sangloter : Je t’aime ! »
— Renée Vivien, Une Femme m’apparut, 1905 (Nouvelle édition)









