Cher journal, Je t’ai laissé hier à l’hôtel Campanile à Chaumontel où nous nous posions. Au passage, j’avais oublié de mentionner la belle rencontre que nous avons faite avec Monsieur Jacques, ancien psychologue, farouche opposant au maire de Luzarche, qui déjeunait à la table à côté de la nôtre, et rouspetait contre le service qui n’était pas assez rapide à son goût. Il ne cessait de se lever et de se rassoir sur l’ordre de la serveuse (« asseyez-vous, monsieur Jaques »). Je reprends le fil où j’en étais resté hier : après avoir reposé un peu nos pieds et avoir fait une rapide toilette, nous sommes ressortis. Nous nous sommes dirigés à travers bois vers le petit bourg de Seugy. Sur la route on a vu une carcasse de sanglier crevé c’était dégoûtant. Le bled en lui-même : calme. Très calme. Pas vilain cependant. Nous nous sommes posés au Rendez-Vous des Chasseurs où nous avons fait la connaissance de quelques habitués qui debriefaient leur partie de baby-foot. On a dû justifier nos Perrier-rondelle. On a donc expliqué notre projet. Drôlement impressionnés, qu’ils étaient les gars. Ensuite on s’est dirigés à nouveau vers l’hôtel, en faisant un crochet par Luzarche où nous avions déjeuné le midi. On est tombés sur un resto qui avait l’air pas mal du tout et du coup on y est entrés, même s’il n’était que 19h. On avait pas prévu de la faire tard de toute façon. Le Cottage Trianon ça s’appelait. Un assez grand resto genre 70 couverts ; complètement vide, du coup ça faisait un peu tristoune. Mais on a mis ça sur le compte de l’horaire, du coup on a profité du calme et de notre bon repas. En vrai quand on a fini vers 20h30 y’avait toujours personne ça foutait un peu le bourdon. Surtout que les gens qui nous ont accueilli étaient bien sympa. Bref, t’es pas venu pour que je te sape le moral alors j’enchaîne. On est rentrés à l’hôtel, on s’est couchés, on a mis la tv y’avait un épisode de Columbo. J’en ai vu 10min et puis j’ai dormi. Il devait être 21h15, par là. Donc hop d’un coup le réveil sonnait, 6h45, c’était le lendemain et on était reposés. On a pris un copieux déjeuner au Campanile, et on est rentrés préparer nos sacs tranquillement, se poser un peu, et puis vers 9h on s’est échauffés et on est partis. Alors là rien à voir avec hier. Tout l’inverse même. Zéro zone urbaine. 30km de chemins forestiers. Passage par le château de Chantilly. Trop trop bien. Des canassons partout. Même qu’on a couru sur une piste d’entraînement du coup les gens ils ont pas été contents mais on avait pas fait exprès alors on est partis et c’était pas grave. Et donc par contre je vais jouer la carte de la sincérité avec toi cher journal : c’était un peu plus chaud physiquement déjà. En fait sur les premiers 15km c’était tranquille on sentait pas du tout de fatigue ; par contre au bout de 20km on a commencé à sentir que c’était déjà un peu moins facile que la première étape. Bon c’est normal hein, on s’attend pas à ce que ça soit une promenade de santé. On s’attend à ce que les trois premières étapes se fassent sans encombre ; les trois suivantes feront rimer France avec souffrance ; et les deux dernières ça se fera dans l’énergie du désespoir. Nous voici donc arrivés à Pont Sainte Maxence. Un dimanche. Pour déjeuner le midi on peut pas dire qu’on avait l’embarras du choix. On a fini par se rabattre sur un épicier qui nous a vendu de quoi faire des sandwichs qu’on a mangés à l’hôtel. Ensuite on a fait la toilette, et on est partis se promener dans la ville. En effet, bon, c’était dimanche quoi, et du coup pas un fourmillement de ouf dans les rues. Plutôt calme quoi. On est allés dans un magasin de trucs divers pas chers type Gifi. Heureusement on a rien trouvé de super, sinon on aurait pas eu l’air fins. Je sais pas si par exemple on avait acheté un parasol ou un tuyau d’arrosage de 50m, ça aurait pas été pratique pour le reste du trajet. Maintenant on est posés avec un Perrier dans un bar. On va rentrer bientôt et commencer à chercher où on va manger ce soir. Histoire encore une fois de se coucher très tôt pour avoir la pêche demain. Bonne soirée, cher journal, et à demain !












