Et si les politiques cessaient de mentir ... : le véritable décrochage entre la caste politique et la société civile réside dans la reconnaissance de la place accordée aux faits. Aujourd’hui, dans tous les domaines, l’opinion cherche le vrai : alimentation, santé, environnement ... A quel titre, la politique échapperait-elle à ce mouvement ? Le vrai divorce est là. Le mensonge est partout chez lui en politique.
Généralement, le mensonge s’invite en politique dès la cérémonie des voeux au mois de janvier. Les chiffres des participants sont gonflés. Et il en sera de même tout au long de l’année, manifestation publique par manifestation publique.
Puis le mensonge a tout envahi :
- plus un chiffre public n’est pris au sérieux en France : du nombre de manifestants au nombre de votants au 1er tour de la primaire PS,
- les budgets sont un théâtre d’ombres où chacun cherche derrière les chiffres ce qui peut être juste ou faux,
- les programmes sont un cumul de mots susceptibles d’être triturés dans tous les sens pour échapper à la vérité du sens premier d’un mot,
- dans la vie privée, l’opinion a tout connu : du faux couple comme l’été 2006 quand Hollande et Royal déjà séparés se fixaient un rendez-vous pour poser dans un zodiac pour de fausses vacances en commun au casque de moto pour aller au petit matin chez une comédienne lui apporter les croissants chauds,
- quant à l’argent, c’est le domaine où le mensonge est roi : le salaire des parlementaires ne comprend jamais l’IRFM (6 000 € par mois quand même ...), les facilités connues nulle part ailleurs à ce point (prêt à taux zéro, frais pour permanence sans justificatif ...). La “réserve parlementaire” est la reconnaissance officielle du “clientélisme” ou du “copinage” qui échappent à la moindre règle.
Aujourd’hui, vie politique et mensonge forment un couple tellement lié, solide, indissociable que la politique a perdu toute confiance. Quand le centre d’études de Sciences Po Paris (CEVIPOF) réalise un “baromètre de confiance”, c’est le mot dégoût qui arrive en 1er associé à la politique.
Le fait nouveau, notamment en raison des réseaux sociaux, c’est que le mensonge arrive en surface plus vite que jamais et que, probablement aussi, l’opinion est de moins en moins prête à accepter sa soumission au règne du mensonge permanent et généralisé. C’est le probable vrai tournant de la mandature Hollande qui est perçue comme le palmarès des mensonges généralisés. C’est le vrai défi de “l’affaire Fillon” : gérer sa défense dans des circonstances nouvelles.
NB : pour rappel, tous les mots ci-dessus en gras et en couleur sont des liens pour accéder à des sites en direct au sujet du dossier évoqué.