"Penser que l’humanité s’améliore dans son être propre en sophistiquant ses instruments, comme si l’histoire des techniques poursuivait l’évolution biologique, autorise à considérer comme moins humaines toutes les populations qui ne peuvent pas ou ne veulent pas suivre le rythme des révolutions technologiques. Voilà qui explique le large éventail des représentations dévalorisantes qui ont été données des "retardés" de toutes sortes : le paysan obtus, l’indigène stupide et paresseux, les pays "sous-développés", le petit-bourgeois réactionnaire, le luddite qui n’a rien compris au sens de l’histoire, les personnes âgées qui détestent l’informatique, etc."
Patrick Marcolini, « En retard, toujours en retard », in La Décroissance, n° 218, mai-juin 2025.



















