C’est moi qui me faisais peur, celui qui préférait se cacher au lieu de vivre, il est de plus en plus en train de remplacer celui que j’étais. Je me trouve beau, séduisant, c’est sans doute de l’onanisme, il faut que j’arrête de me faire des clins d’œil devant le miroir... Et puis cette fin de fumée me donne faim, des petits déjeuners qui te rendraient jalouse, j’ai faim du livre, d’histoires, Dee passions. Mais il y a une faim encore plus forte et je crois que c’est cette dernière qui m’a fait détester l’état dans lequel j’étais. Elle n’est pas nouvelle, elle existait dans son invisibilité mais ce que je me mettais dans la tête à l’époque l’empêchait de la vivre. Cette faim je n’arrive à l’assouvir qu’à certains moments, certaines nuits en fait.
Comme je rêve à nouveau il m’arrive de vivre des histoires folles et d’autres très réelles mais les histoires que je préfère sont celles qui sont les deux à la fois. Et à chaque fois je t’y retrouve. C’est là que je peux enfin assouvir ma faim et déguster, tes sourires, la courbe de tes hanches ou la douceur de ton ventre et le plus beau c’est moi t’y voit faire la même chose, comme si nous partagions ce grand repas trop longtemps attendu. Et moi cette faim qui grandit et ne me quitte pas, ce désir que j’ai de toi j’ai envie de le laisser s’exprimer, de la laisser sortir de ma tête, de mon cœur et de mon corps. Parce que oui, j’ai envie de toi.
D’ailleurs je suis fatigué ce soir, je vais me faire à manger et replonger dans Daniel Pennac pour ensuite m’endormir. Si tu sens des légers picotements pendant la nuit, ça sera moi.
“Docteur Jekyll et M. Hyde“ Rouben Mamoulian (1931) Paramount Pictures USA