La Pâquerette - Bellis perennis
C'est sans doute la fleur la plus commune chez nous, tellement commune qu'on passe à côté sans la voir et qu'on en arrive à oublier sa beauté.
Cette appellation populaire vient du fait que la plante fleurit à la période de Pâques. La pâquerette est, parmi les premières à éclore au printemps, celle que les bambins offrent en bouquet à leur maman ! L'image enfantine qu'elle reflète fait oublier qu'elle recèle bien des vertus pour la santé. Et bien des variantes en cuisine.
Elles ont la particularité, comme certaines autres fleurs de plantes herbacées, de se fermer la nuit et de s'ouvrir le matin pour s'épanouir au soleil ; elles peuvent aussi se fermer pendant les averses, voire un peu avant, ce qui permettrait dans les campagnes de prédire la pluie légèrement à l'avance.Les pâquerettes survivant très bien aux tontes répétées même très rases dans un gazon, où elles sont particulièrement visibles, elles ont donné lieu à l'expression « au ras des pâquerettes » signifiant « au ras du sol » et, métaphoriquement, « sans intelligence ». La pâquerette est parfois utilisée pour le jeu d'effeuillage de la marguerite. Victor Hugo y fait référence dans Les Misérables.
À l'exception de la racine, toute la pâquerette est utilisée côté cuisine. C’est une petite plante riche en calcium. Légèrement aromatique et croquante, la jeune feuille de pâquerette est délicieuse mêlée à une salade composée de printemps. Seule et crue, elle a un petit goût âcre qui peut irriter la gorge. Celui-ci disparaît à la cuisson. La fleur est aussi comestible et très décorative. Cuites, les pâquerettes, ajoutées à d'autres légumes pour des soupes, terrines, purées, participeront aussi à l'élaboration des farces (pour les cannellonis ou les lasagnes végétariennes). Les boutons seront conservés au vinaigre en guise de condiment.
Les fleurs entreront dans la préparation d'une boisson fermentée. Il est possible d’en faire une infusion dite « solaire » : il suffit de mettre des fleurs de pâquerette dans un bol en verre rempli d’eau, d’exposer le tout au soleil pendant 3 à 4 heures, puis de filtrer. Il ne reste plus qu’à boire sans tarder cette synergie d’énergies subtiles concentrées. Au lieu d’être hachée tout l’été par les tondeuses à gazon, la petite pâquerette devrait plutôt retrouver le chemin de nos paniers en osier. Elle a tant à nous donner.