Quartier par quartier
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D’abord ce fut le boucher,
celui qui vendait ses fameuses carottes râpées
puis la coiffeuse avec sa devanture
des années 60 en lambris vermoulus
puis Le Chat Noir, de sinistre réputation
où même la lumière n’osait plus entrer
puis la librairie-papèterie, la retoucheuse,
les pompes funèbres, ô ironie
et maintenant
la dernière bougie avant la nuit,
le sauveur nocturne, l’ange du tardif, l’insomniaque du désir,
de la petite bière bien fraîche, de la mie de secours,
du gâteau réconfortant,
du carré de chocolat,
de la bouteille d’eau oubliée
des amis à l’improviste
des fruits frais
et de la bonne humeur
se meurt.
“Ici bientôt, votre agence immobilière”
sonne le glas d’une ère
bien révolue.
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