Comment j'ai fait mon deuil...
J’ai souvent entendu dire que le deuil était un processus long et douloureux, qu’on passe par plusieurs phases qui nous donnent envie de nous arracher le cœur, le mettre dans une boite et ne plus rien ressentir. On m’a aussi dit qu’en cette période, on a envie de se noyer au plus profond des abîmes de notre propre âme mais qu’un matin, on se réveille et la douleur n’est plus…
Mon deuil a commencé il y a deux mois de ça. C’était en février 2014 et les signes annonciateurs sont apparu lors d’un séjour dune dizaine de jour que j’ai passé à me convaincre que tout était dans ma tête, que les sentiments étaient encore là et qu’il fallait simplement faire plus d’efforts pour que tout redevienne comme avant!
J’ai ensuite tenté de faire des compromis en en discutant, en cherchant des explications et en parlementant. Je croyais tenir le bout, je pensais les choses clarifiées et classées mais il n’en fut rien…
Ça s’est détérioré avec l’arrivée de mon anniversaire: une absence totale et complète… Sachant qu’à la base je suis quelqu’un qui n’aime pas tant que ça son anniversaire, ce manque de considération m’a mise encore plus en colère! J’en voulais au monde d’être contre moi, je lui en voulais de me faire aussi mal et je m’en voulais surtout à moi-même de ne pas essayer de changer les choses… J’ai tenu le coup malgré tout, me persuadant encore et toujours que les choses iraient mieux, que la séparation physique est dur et que le plus important c’est l’affection… J’ai été bien naïve…
Le plus dur par la suite, ça a été la prise de décision. En effet, il fallait agir vite car la blessure commençait à s’infecter. La seule solution fut de couper net afin que le mal ne se disperse pas…
Et la douleur paraissait insurmontable! C’était une impression de se noyer dans ses propres larmes, croyant s’étrangler à force de pleurer… Pendant 24 heures, tout me faisait penser à lui… J’ai séché mes sources lacrymales tellement je pleurais partout et tout le temps: chez moi, dans le bus, dans le train, au téléphone, au cinéma, chez les gens…
L’impression d’avoir été une fontaine fonctionnant par intermittence ! Mais comme toute source d’eau, elle a fini par ne plus avoir de réserves et je suis passée de la forêt amazonienne au Sahara aride en l’espace d’une nuit : j’ai battu tous les records de réchauffement climatique!












