Mercredi 11 décembre 2019
On me donne des coups de burin sur la calotte crânienne. Elle tombe, comme une coquille de noix ou la carapace d’une orange. Je n’ai pas mal mais je sens des fourmillements sur mon cerveau.
Je ne sais pas combien de temps j’ai mis pour arriver et le retrouver. Vu la Philharmonique. Je ne m’y fais pas. Vu une voiture comme la leur. Ça aurait pu être eux. Elle surtout. Je ne m’y fais pas. La musique à la radio était ample et un peu triste. Je crois que les paroles disaient « je te regarde, tu fermes les yeux, tu dors ? » et le titre était « about the other day » Je me suis mis à pleurer doucement. Je ne m’y fais pas. Je regardais toutes ces voitures, ces tonnes de métal et de verre et de goudron et de chair et j’ai trouvé ça tellement absurde que ça relevait presque du geste esthétique. Je ne m’y fais pas. Plus tôt dans l’après midi elle m’appelle pour me demander par ou je passe et si je ne peux pas la déposer puis c’est un moulin à parole incessant. Je suis en mode répondeur automatique puis elle dit que c’est inadmissible que plus rien ne roule, qu’il n’y ait pas un minimum de lignes ouvertes. C’est inadmissible elle dit. Il faut bien que les grèves soient chiantes sinon ça ne sert à rien je dis, un peu sèchement. Changement de sujet instantanément. Je ne m’y fais pas.
J’ai bu du vin blanc, mangé du saumon du beurre et du pain. J’ai le nerf vagal irrité, comme si on m’appuyait très fort sur les angles de la mâchoire (sur que ça a un nom scientifique).
Je ne sais pas quel temps il a fait. J’ai vu le terminateur ce matin. Je l’ai vu cette nuit.
Le problème à trois corps est très bien. La partie jeu vidéo monde virtuel très onirique. Sur qu’il y a plusieurs niveaux de lecture.
Je recentre et déconcentre le journal sur Tumblr qui constitue un ensemble plus facilement partageable.
Deux émissions sur France Culture, une sur les textes libertins, une sur l’art. Deux émissions qui font dire que l’époque change et pas vers le 21eme siècle spirituel de Malraux.










