L’incendie de la cathédrale de Notre-Dame-de-Paris a provoqué, et c’était attendu, une résurgence massive du sentiment nationaliste. Ainsi que l’écrivait Orwell, par nationalisme il fa...
historien-sociologue Lewis Mumford dans Le Mythe de la machine : « L’étude de l’époque des Pyramides que je fis pour me préparer à la rédaction de La Cité à travers l’histoire me révéla de manière inattendue qu’il existait un étroit parallélisme entre les premières civilisations autoritaires du Proche-Orient et la nôtre propre, bien que la plupart de nos contemporains continuent de considérer la technologie moderne, non seulement comme le sommet du développement intellectuel de l’homme, mais comme un phénomène entièrement neuf. Au contraire, je m’aperçus que ce que les économistes ont récemment nommé l’Age de la machine ou l’Age de la puissance avait son origine, non dans la prétendue révolution industrielle du XVIIIe siècle, mais au tout début dans l’organisation d’une machine archétypique, formée d’éléments humains. »
La France, en tant que nation, ou État-nation, produit de l’asservissement des êtres humains qui peuplaient son territoire à des rois, qui créèrent et imposèrent — en usant de divers moyens de coercition, y compris la violence — le Royaume de France, puis à des empereurs, puis à des présidents. Si les cathédrales sont des symboles de « notre histoire », elles sont des symboles de cette histoire de la constitution et de l’imposition des États-nations par la force, et par l’endoctrinement (y compris religieux). Mais elles ne font certainement pas partie de « notre culture ». Celles et ceux qui s’imaginent que les cathédrales font partie de leur culture s’identifient le plus souvent aux dominants, à leur culture, celles qu’ils ont imposée et qu’ils continuent d’imposer dans le cadre de la nation qu’ils ont créée de toute pièce — et qui désigne simplement le territoire géographique sur lequel ils exercent leur domination, qu’ils ont entrepris d’unifier et d’uniformiser selon les règles qu’ils imposent. Réussite du conditionnement imposé par les premiers, au moyen de la propagande dont parle Bernard Charbonneau, et notamment de l’éducation nationale.
Zomia, ou l’art de ne pas être gouverné, l’anthropologue James C. Scott souligne : « Les termes traditionnels utilisés en birman et en thaï pour le mot “histoire” signifient “histoire des vainqueurs” ou “chronique des rois”. » Ce qui nous éclaire sur la nature de l’histoire que l’on enseigne en France, mais aussi en Occident, et dans tous les États du monde. Le sociologue Philip E. Slater écrivait que « l’histoire […] est en très grande majorité, même aujourd’hui, un récit des vicissitudes, des relations et des déséquilibres créés par ceux qui sont avides de richesse, de pouvoir, et de célébrité ».














