Maurice Ronet dans « Le feu follet » de Louis Malle.
Philippe Dumez sur Instagram

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Maurice Ronet dans « Le feu follet » de Louis Malle.
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POST-POST-SCRIPTUM 1066
INTERVIEW D’OLIVIER JOSSO HAMEL IN SECTION 26
Avant l’avènement d’internet et les changements de mes pratiques de lecture, en gros, en 1997, l’année où j’ouvre ma boîte Hotmail, chaque nouvelle sortie en kiosque était examinée avec soin. C’est sans doute au détour d’une maison de la presse, d’un point presse de la gare de Belfort ou de Strasbourg, que je suis tombé sur Jade. Depuis Métal Hurlant et comme je ne suis pas très BD, ma règle était la même : lire entre les cases. En effet, c’est dans les pages consacrées au cinéma, à la littérature ou à la musique que je trouvais mon compte d’infos sur les disques, sur les livres et sur les films qui allaient compter. Jade, publié par une petite maison d’édition provinciale, avait le goût du fanzine bien fait, avec quelques rubriques qui préfiguraient l’effervescence d’internet et des blogs pointus : obsession des films perdus, chroniques de disques oubliés, niches graphiques… Mieux, on y trouvait les admirables photos d’Eddie Vee, des interviews de Philippe Dumez avec la crème des hurluberlus américains (Make-Up, Calvin Johnson…) et des marges françaises (Diabologum), et des chroniques pointues de Marie-Pierre Bonniol (Supersonic Jazz) et de Philippe Robert. Ce qui me passionnait le plus cependant était la rubrique tenue par Olivier Josso Hamel : des pleines ou des demi-pages dessinées qui compilaient chroniques et nouvelles sorties, voire annonces de concerts autour du rock. Digne héritier de cette façon originale de présenter la musique par le dessin, d’en parler en crayonnant, il reprenait ce que Métal et Rigolo (on y reviendra) avait tenté au milieu des années 80, et posait les bases de l’expression d’un Luz ou d’un David Snug sur la musique. Il rappelait surtout la très grande chronique tenue par Willem dans divers supports (Charlie Hebdo, Libé), Images, qui évoquait l’actualité visuelle et graphique en dessins. L’aventure d’Olivier s’est prolongée dans Ferraille, et c’est avec générosité qu’il nous détaille son histoire et celle de sa discipline : les Buzzcocks, les Cramps, Jean-Christophe Menu, Les Gories, Cleet Boris, Mr Quintron,Kevin Ayers, Yo La Tengo, Calvin Johnson, Winshluss, Bazooka… Ils sont tous là. Une vraie fête organisée par Salvador Dalí : « Everybody was there », aurait chanté Dan Treacy.
J’ai découvert ton travail dans Jade, fasciné par cette façon d’évoquer la musique, de la faire surgir de dessins et de textes entrelacés. D’où t’es venue l’idée de cette rubrique ?
Olivier Josso : « En mai 1991, à Rennes, Laure Del Pino et moi avons créé notre fanzine Brulos Le Zarzi. J’avais alors 23 ans, et à mes yeux seuls comptaient le rock’n’roll, la bande dessinée et le cinéma d’auteur. De fait, Brulos retranscrivait naturellement ces nourritures, avec une prédilection pour certaines amours musicales : dès le n° 0 y figuraient les Cramps et Johnny Thunders, auquel on rendait hommage puisqu’il venait tout juste de mourir. Dans le numéro suivant, je réalisais mon tout premier article entièrement manuscrit et dessiné, où je m’enflammais sur les Gories. J’avais découvert le groupe via leur fabuleux Houserockin’, acquis à l’instinct au vu de sa seule pochette. Une image aussi parlante ne pouvait qu’illustrer un rock’n’roll premier, tout près de l’os, et l’intuition fut plus que confirmée à l’écoute : c’est toujours l’un de mes disques préférés aujourd’hui. Originaires de Détroit, les Gories étaient alors annoncés à l’Ubu de Rennes, où la perspective de les voir jouer m’a galvanisé au point de souhaiter partager cette excitation en temps réel. J’ai donc écrit et dessiné un papier spontané, hyper enthousiaste, où j’explique à ma sauce qui est ce groupe alors totalement inconnu. Finalement, je n’ai rien exagéré : le concert qui a suivi fut fabuleux, et les Gories sont devenus une véritable légende. Demandez à Jack White : les White Stripes du début leur doivent tout. »
« Depuis l’enfance, j’ai ingurgité d’innombrables articles et chroniques, avec pour objets principaux bande dessinée et rock’n’roll, ou plus largement les arts graphiques et la musique. Or, ces domaines m’ont énormément nourri, et continuent de me combler. Dans cette ruche, les chroniques sont comme des abeilles, émissaires qui pollinisent et redistribuent l’énergie, jusqu’à parfois la transcender. Cheap dans sa forme, la chronique représente un art modeste, mais c’est justement là que réside la beauté du geste. Car tout dépend de ce qu’on y met et de ce qu’on en fait : incarnée et bien sentie, une chronique peut contribuer à révéler le carrosse derrière la citrouille. Au minimum, elle promet... À suivre ici.
Aujourd'hui, je reçois dans ma boîte aux lettres la correspondance d'un filleul à son parrain. Ce n'est pas une erreur - le courrier m'est bien adressé - et pourtant, je ne suis ni l'un, ni l'autre.
Jean-Pierre Léaud et Isabelle Weingarten dans « La maman et la putain » de Jean Eustache
Philippe Dumez sur Instagram
“Anna Karina à bicyclette dans Bande à part de Jean-Luc Godard.”
Quand certains vont juste chercher quelques images sur google pour rendre hommage à Anna Karina, le pouce de Philippe Dumez, lui, fait vraiment le job.
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Michel Constantin et Philippe March dans « Dernier domicile connu » de José Giovanni (3/3)
Philippe Dumez (en balade au Parc Montsouris) sur Instagram
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Domicile conjugal (François Truffaut) 2 / 2 - Philippe Dumez
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