Welcome to Caveland! Die Nacht der Maulwürfe @muenchner_kammerspiele 💙💙💙💙 #PhilippeQuesne (hier: Münchner Kammerspiele)
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Welcome to Caveland! Die Nacht der Maulwürfe @muenchner_kammerspiele 💙💙💙💙 #PhilippeQuesne (hier: Münchner Kammerspiele)
Les taupes humaines de Philippe Quesne
Après Swamp Club (2013), le scénographe français revient au Théâtre des Amandiers de Nanterre. Du 5 au 26 novembre, il s’est interrogé sur la racine de notre humanité. Un spectacle fantasmagorique, dans un univers où tout a été détruit, qui s’inscrit dans l’installation « Welcome to Caveland ».
Souvenez-vous de la taupe géante de la fin de Swamp Club, menant les personnages à l’abri, dans un tunnel. C’est dans cette même atmosphère inquiétante et pourtant désinvolte que Philippe Quesne nous livre un monde bouleversé par des gestes humains. Un futur post-apocalyptique à l’heure où l’on se questionne sur l’avenir de la planète. Sans réel discours et sans narration claire, le metteur en scène nous livre à une cohabitation entre l’animal et l’humain dans un décor insolite.
Les enfants souterrains
La pièce commence sur un air de country. La salle s’assombrit peu à peu, comme pour nous initier progressivement à la vie souterraine. Au milieu de la scène est dressée une cabane en carton ; que les taupes détruisent à coups de griffes et de pioches pour pouvoir y entrer. Elles sont sept et s’allongent pour se reposer par terre, après ce dur labeur. L’une d’entre elles décide de s’aventurer au dehors de cette boîte et retrouve quelques instruments éparpillés à terre face à elle. Deux guitares, une batterie et un synthétiseur. L’esclaffement du public se fait entendre lorsqu’elle s’improvise musicienne, dans l’attente de ses camarades qui l’imiteront. Les mammifères se revendique groupe de rock ; étonnamment talentueux. La musique vient rythmer et combler les moments de silence du spectacle. Leur répertoire est varié ; elles vont même jusqu’à jouer « Ne me quitte pas » de Jacques Brel, sous les rires étouffés des spectateurs.
Dans leur maison en carton, les taupes travaillent, donnent naissance, meurent ou dessinent allègrement leurs portraits au museau de fouine, sur les parois blanches. L’encre noire dessinera ensuite les lettres composantes de « Night of the Moles », comme si elle souhaitait marquer leur territoire. La boîte est très vite réduite en lambeaux par ses habitants, qui se transforment peu à peu. L’audience rit des actes presque enfantins des taupes, devenues humaines en glissant de leur toboggan, en jouant de la guitare ou encore, en tournant en rond sur leurs trottinettes. L’atmosphère autrefois joyeuse suscite peu à peu l’angoisse. L’instinct primitif de l’animal se désintègre, laissant place à des taupes paresseuses et négligentes à l’égard de leur entourage.
Une allégorie de la caverne moderne
Dans La République, Platon nous a évoqué le danger de l’ascension de l’homme vers le savoir. Des hommes, enchainés dans une demeure souterraine, accèdent à la réalité et n’en sont que peu satisfaits. Ici, les taupes sont soumises au même risque. Elles évoluent en fonction du nouveau monde au-delà des quatre murs entre lesquels elles étaient piégées. La famille devient une société, gouvernée par des pulsions encore bien présentes mais également par la sophistication, nécessaire à l’emploi d’outils.
Les protagonistes, aux costumes regorgeants de réalisme, apportent un portrait bien différent de celui de l’animal solitaire auquel les spectateurs sont habitués. Vivant en petit comité, la taupe devient de plus en plus recluse lorsqu’elle entre en contact avec l’extérieur. Loin de leur caverne, elles sont également loin de cet esprit de solidarité dont elles faisaient preuve en début de spectacle. Leurs paroles deviennent presque compréhensibles ; comme si elles avaient enfin appris à parler. Souligné par un jeu de lumière réussi, le voyage vers la civilisation se poursuit à travers des scènes qui poussent au rire ou à l’étonnement. Les mélodies underground nous rappelant les caves ou les sous-sols.
Dans ce microcosme fantastique à l’énergie explosive, Philippe Quesne nous pousse à la réflexion avec subtilité. La musique distrait et agit comme un masque sur le message qu’il transmet, mais ne n’en éloigne pas le spectateur. Ce décor où les rochers sont en mousse, expose le public à une réalité où règne la destruction et le met face à ses plus grands vices. La scénographie bascule de manière permanente entre artificialité et merveilleux. La modernisation et la transformation des animaux en personnages sont, incontestablement, ce qui donne à ce spectacle tout son charme. Un plaisir frappant à l’humour décalé.
Prochainement: La Nuit des Taupes de Philippe Quesne!
Bon week-end!
Photo trouvée sur: http://www.nanterre-amandiers.com/2016-2017/la-nuit-des-taupes/
Zajlik a próba, ma és holnap este előadás!
Wrong bus stop no. 2 #art #philippequesne #bivouac (at Pioneer Works)