On parle souvent d'avoir la peau dure, de savoir encaisser les oui comme les non, que le chemin est fait d'echecs et de réussites et que ce qui compte c'est de continuer. C'est indéniable. Mais il faut d'abord avoir quelque chose à montrer. Et on oublie de parler de ces longues heures de solitude où l'artiste est seul face à son oeuvre en train d'être créée, ces longs moments où personne, pas même l'artiste lui-même, ne sait ce qui sortira de ces heures de travail, de ces feuilles froissées, de ces lignes raturées. Et même s'il est vrai que l'on apprend plus de la réaction du monde face à notre oeuvre que des idées qui tournent en spirale dans notre tête, il y a ce long moment où il est trop tôt. Le livre n'est pas prêt. Et on ignore quand il le sera. La panique qui s'empare alors de celui qui crée est de celles qui peuvent paralyser et sacrifier une vocation. "Tout plutôt que cette incertitude. Tout plutôt que la souffrance de la confusion" semble dire l'auteur qui ignore son livre, qui repousse le moment d'aligner des mots sur la page. Plus tard viendront la confrontation au refus, la nécessaire réinvention créative de soi face à l'échec de nos stratégies. Pour l'instant, toute la question est: "comment je fais pour aller au bout ?" "comment je fais pour croire assez en cette chose qui, pourtant, n'existe pas encore ?" Je n'ai pas de formule magique à vous proposer si ce n'est de vous rappeler que la force de l'habitude est puissante ; écrire tous les jours atténue les doutes. Ajoutez-y une dose de rappel de vos motivations: "pourquoi le projet est-il important pour moi?" et une dose de pur plaisir "qu'est-ce qui m'éclate dans ce projet ?" Et vous serez aussi bien armé que n'importe lequel d'entre nous dans cette aventure. #etreartiste #art #confusion #foidansleprocess #plaisirdecreer #curiosité #tenirbonavanttout