Le plan à 3
Le plan à 3, j’avais jamais fait. Pourtant, c’est typiquement le genre de truc qui peut t’arriver à Moscou, un soir, sur un malentendu. Une fois ou deux, ça a dû être à pas grand chose, mais, pas grand chose, ça compte pas. Et puis je m’étais toujours plutôt imaginé 2 filles, curieusement. Mais bon, les hasards de la vie…
Hier soir, je vais à l’anniversaire d’une copine de mon frère dans un bar du 11ème. Il y a toute sa bande d’amis, que je connais pour la plupart, mais il y a toujours quelques nouvelles têtes. À un moment, mon frère va commander au bar. Je le rejoins, histoire de pas perdre une seconde pour attaquer ma caïpi : il attend les cocktails peinard à côté d’une petite nana à lunettes. Je viens de m’apercevoir qu’il y a une autre salle en sous-sol, et le son qui en sort a pas l’air mauvais, donc je le lui dis. C’est la fille qui me répond : “Ah bon ? Je savais pas qu’il y avait une deuxième salle…” Comme mon frère lui sourit, j’imagine que c’est une de ses copines que je ne connais pas. Normal.
En fait, pas du tout : elle est là depuis 2 heures à enchaîner les bières seule au bar… Les caïpis arrivent, on commence à discuter : je lui donne 25-26, bref c’est légal. En fait, elle en a 23. C’est toujours légal. Elle flirte clairement avec moi, manifestement désinhibée par les 4 bières qu’elle a enquillées avant que j’arrive, mais je ne refuse jamais les avances d’une nana marrante et bourrée. C’est un principe.
Mon frère repart vers sa bande et, entre temps, un autre pote à qui j’avais donné rendez-vous au bar nous rejoint. On continue à enchaîner les verres tranquillement, et la fille se met à flirter aussi avec mon pote. On est pas mariés, je suis pas jaloux. Au bout d’un moment, l’alcool monte et le fumoir du sous-sol commence à piquer les yeux - si tu sors, tu rerentres pas - donc on décide d’aller se finir dans un bar de Pigalle.
En chemin, la fille, qui a des talons aiguilles de 11 centimères (sans rire, elle insiste sur le chiffre) en perd un en glissant sur la neige fondue qui tapisse le trottoir. On chope le métro, elle essaie de refixer le talon, impossible. Du coup, je propose d’aller chez moi : c’est plus près et j’habite pile en face du métro, moins de marche. Galant jusqu’au bout.
On arrive chez moi, on débouche le vin, un Pauillac récupéré chez mes parents, plus puissant qu’on ne le soupçonne avec nos caïpis dans l’estomac… Le temps que j’aille chercher les verres dans la cuisine, elle est déjà en train d’embrasser mon pote. On met de la musique, elle vient s’asseoir à côté de moi et commence à étendre ses jambes sur mes genoux. On se regarde avec mon pote : bon ben si elle le prend comme ça…
Vers la deuxième bouteille de Pauillac, la situation a dégénéré et la fille est nue sur le sofa entre nous deux. Mon pote me sort, d’un air entendu : “Pas de jaloux…” J’opine. Le seul truc qui inquiète la miss, c’est de se retrouver avec nous deux en même temps : pas de problème, on fera chacun son tour. Personnellement, ça m’arrange : je connais bien mon pote, mais il faut quand même savoir garder son jardin secret.
Ils commencent sur le sofa pendant que je vais dans la chambre. Au bout d’un moment, je vais la chercher et on continue dans mon lit. L’avantage du deux pièces. On finit tous par s’endormir, moi avec la fille dans le lit, mon pote sur le sofa.
Le lendemain matin, on remet ça un coup et mon pote nous rejoint dans le lit. À ce stade… Quelque temps plus tard, devant son café, la fille a quand même l’air un peu gênée. Elle veut nous faire comprendre qu’elle ne fait pas ça tous les jours, mais nous, de toute façon, on ne juge pas.
Pendant ce temps, je peux pas m’empêcher d’imaginer comment je vais écrire l’histoire. Je le lui dis : “Je te préviens, tu risques de finir sur mon blog… Mais c’est totalement anonyme, ton honneur sera sauf…” Mon pote ajoute : “T’inquiète, il a déjà parlé de moi dans 3 histoires…” La fille regarde mon pote d’un air inquiet et me sort d’une voix pas franchement assurée : “C’est quoi l’adresse de ton blog ?”














