Plazac Dordogne Aquitaine
Odile, maraîchère pour la diversité et l’indépendance paysanne !
Mon père était agriculteur. Il a repris la ferme familiale et l’a modernisée, spécialisée, pour améliorer sa qualité de vie. Ainsi j’ai grandi dans ce milieu et il m’est difficile de voir comment notre société rejette la faute sur le monde agricole. Nous oublions que ce sont les choix politiques qui mènent l’agriculture et ce sont maintenant des intérêts mondiaux qui influent nos politiques. Les pays se spécialisent, jouent en bourse avec les flux céréaliers, alimentaires, …
A qui profite le crime ? Sûrement pas aux producteurs qui en se spécialisant ont perdu leur indépendance et s’empoisonnent de produits pétrochimiques censés améliorer leur rendement et donc leur salaire. Ce que ne savaient pas les producteurs, c’est que leurs terres allaient s’épuiser, demandant de plus en plus d’engrais et de semences hybrides sélectionnées par les semenciers. Pour répondre à la question ci-dessus, tout ceci profite aux firmes pétrolières, agroalimentaires et aux semenciers (Monsanto).
Les paysans se sont endettés, ont vu leur salaire stagner (ne parlons pas de leur retraite) et le prix de leurs produits chuter à cause de la forte production mondiale. Nous jetons chaque année des tonnes de légumes et de viandes. De plus, la qualité n’a pas suivi. Nous, consommateurs, avons aujourd’hui dans nos assiettes des produits issus du monde entier dont les moyens de production restent douteux et la qualité ??!!
Notre qualité de vie, en tant que consommateur et producteur, s’est dégradée toujours au profit des firmes multinationales bien sûr !
Nous sommes tous responsables de l’Avenir, producteurs et consommateurs, et nous pouvons décider. Ne laissons plus un tiers décider pour nous (Etat, Europe, certification, …)
Réapproprions-nous notre assiette, notre santé.
Que laisserons-nous aux futures générations ?
La Terre survivra, c’est l’humain qui est en danger !
Voilà, c’est ainsi qu’après toutes ces questions et bien d’autres, j’ai choisi, pour ma famille et ceux qui m’entourent, de produire sans produits chimiques à l’échelle humaine et en biodiversité.
J’en suis au tout début et pourtant je comprends aujourd’hui qu’il ne sert à rien de cracher sur les anciens. Tirons plutôt des leçons !
Investir à mon niveau, récupérer mes graines (Ceci est interdit selon le cahier international des semenciers. En effet, je suis censée racheter mes graines chaque année, au profit de qui ?), vendre en direct par circuit court, approvisionner notre cantine scolaire, ...
Quel plaisir d’entendre les consommateurs me donner leur ressenti sur la saveur des légumes !