L’avant-projet de loi de programmation pluriannuelle de la recherche a enfin été diffusé, à cinq jours de la consultation obligatoire du CNESER, et ce, alors que le texte est largement écrit depuis des mois. Le message à l’endroit du CNESER est clair : aucune considération n’est accordée à l’instance collégiale chargée de représenter la diversité des intérêts dans l’enseignement supérieur et la recherche (ESR). À ce niveau, on peut même parler de mépris.
Il s’agit donc bien d’un projet de loi dont l’acronyme signifie, au choix, La Privatisation Pour Religion ou La Précarisation Pour Régner. Plutôt : c’est ainsi que devrait s’intituler la loi, à la lecture de son contenu.
Premières analyses.
Viola Lobert, post-doc à Oslo en biologie cellulaire
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Je m’appelle Viola Lobert et suis chercheuse à l’Institut de Recherche sur le Cancer à Oslo, Norvège. Je suis biologiste cellulaire dans le laboratoire de Tor Erik Rusten.
J’ai toujours voulu étudier la biologie, savoir comment les choses fonctionnent. Avec un père ingénieur c’est peut-être pas si surprenant. Après le baccalauréat à Toulouse, j’ai fait mes études en Australie pendant 4 ans (pendant lesquelles j’ai fait un échange en Allemagne) avant de déménager en Norvège. D’abord téchnicienne jusqu’à ce que mes diplômes australiens soient acceptés, j’ai fait mon doctorat dans le labo de Harald Stenmark (star du transport intracellulaire). J’ai obtenu du financement pour mon post-doc et suis repartie en Australie pendant une année pour apprendre comment utiliser les poisons-zèbre pour étudier le développement. De retour en Norvège, j’utilise maintenant des petits organes, appelés ‘organoides’ pour comprendre le développement du cancer du côlon. Je suis maman de deux enfants (3 et 6 ans), fais du squash et du yoga et adore les langues étrangères.
Recherche
La plupart des cas de cancer sont des carcinomes qui proviennent de cellules épithéliales. Pendant la progression du cancer, l’organisation des cellules est perdue et les cellules perdent leurs contacts avec leurs voisins, devenant plus motiles et invasives. Ce changement de cellule à caractere épithélial en une cellule à catactère mésenchymal est associée avec un mauvais prognose. Il est donc essentiel d’étudier les mécanismes moléculaires qui orchestrent cette intégrité. Nous étudions en particulier le cancer du colon.
Les cellules souches intestinales cultivées dans du matrigel, composant de la matrice extracellulaire imitant l'environnement extracellulaire, peuvent se différencier en organoïdes épithéliaux contenant tous les types de cellules du côlon. Celles-ci sont devenues des modèles attrayants pour l’étude du cancer colorectal car elles ressemblent beaucoup à la biologie des organes de patients in vivo, qu’elles sont accessibles aux études fonctionnelles et que la réponse aux traitements pharmacologiques imite la réponse in vivo du patient. Mon projet vise à élucider le rôle des gènes ‘freins’ qui empêchent les tumeurs de se développer. Je cultive les organoïdes et les analyse en utilisant la microscopie confocale, des méthodes de biochimie et de biologie cellulaire et moléculaire (CRISPR-Cas9 entre autres) pour essayer de trouver un moyen d’empêcher les tumeurs du colon de se propager. Le but ultime est d’identifier des petites molecules qui peuvent soigner des patients qui ont le cancer colorectal.
Damien Goutte-Gattat, chercheur post-doctorant au Barts Cancer Institute de Londres
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Hello ! Je suis Damien Goutte-Gattat, chercheur post-doctorant au Barts
Cancer Institute, un institut de recherche rattaché à la Queen Mary
University of London (à Londres, donc).
Après deux échecs successifs en première année de médecine, je me suis ré-orienté vers un cursus de biologie qui s’est terminé par une thèse de doctorat préparée à l’Institut Albert Bonniot (depuis re-baptisé le Institute for Advanced Biosciences) à Grenoble et consacrée à la structure de la chromatine et aux rôles des variants d’histones. J’ai enchaîné par un premier post-doctorat à l’Institut Européen de Chimie et Biologie de Bordeaux, où j’ai étudié la réparation de l’ADN et la ségrégation des chromosomes chez la drosophile — qui est rapidement devenu mon organisme modèle préféré. Il y a un an et demi, j’ai quitté (non sans regrets) Bordeaux pour rejoindre le Barts Cancer Institute à Londres, où je suis donc toujours actuellement dans le cadre de mon second post-doctorat.
Quand je ne suis pas au labo, je suis un geek de type libriste, développeur occasionnel de logiciels libres. Je suis particulièrement attaché à la protection de la vie privée et des données personnelles, un sjet pour lequel j’anime des ateliers de découverte et de formation lors de « cryptoparties » organisées régulièrement à Londres.
Mes recherches
L’équipe de recherche dont je fais partie s’intéresse aux glioblastomes, un type de cancer du cerveau qui malheureusement résiste assez bien aux traitements actuellement disponibles. Nous étudions les mécanismes qui permettent le développement de ces cancers et leur résistance aux chimiothérapies.
Mes travaux en particuliers s’articulent sur deux projets. D’une part, les glioblastomes sont très hétérogènes, c’est-à-dire que chaque tumeur est composée de plusieurs « sous-tumeurs », chacune d’elle étant caractérisée par des propriétés et des mutations oncogéniques distinctes. J’essaie de comprendre comment cette hétérogénéité intratumorale favorise la progression du cancer et réduit l’efficacité des traitements anti-cancéreux. D’autre part, je cherche à comprendre comment les cellules tumorales réagissent au traitement au temozolomide (la principale chimiothérapie contre le glioblastome) et y deviennent résistantes. Dans les deux projets, j’ai recours à la drosophile (mon organisme de prédilection, comme je l’ai dit plus haut), qui avec certaines modifications génétiques fournit un modèle de tumeur cérébrale aisément manipulable.
Aude Maugarny-Calès, chercheuse post-doctorante a l’institut Curie à Paris en biologie du développement chez la drosophile
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Bonjour, je m'appelle Aude Maugarny-Calès, je suis chercheuse post-doctorante à l'institut Curie à Paris. J'étudie la biologie du développement de la mouche drosophile.
Je suis également représentante des jeunes chercheurs au sein de la Société Française de Biologie du Développement où je m'occupe plus particulièrement de l'animation du compte twitter, du site web et de l'organisation du prix de thèse.
J'ai le souvenir étant petite, d'apercevoir en me promenant dans la rue l’intérieur des labo de recherche. Je voyais les paillasses, la verrerie, les solutions et ça me faisait rêver. Je me disais "quand je serai grande, je ferai ça comme travail". Et même si entre temps j'ai eu d'autres idées, je suis revenue à ce rêve de petite fille bien plus tard quand je suis entrée à l'ENS à Paris. J'ai ensuite étudié le développement des plantes pendant ma thèse à l'INRA de Versailles, et j'ai rejoins le laboratoire de Yohanns Bellaïche à l'institut Curie il y a un peu plus d'un an.
Mon projet vise à mieux comprendre la régulation temporelle des événements cellulaires qui se produisent lors de la métamorphose de la mouche. Nous étudions un ensemble de cellules qui recouvrent l'organisme (épithelium) qui passent par plusieurs phases successives au cours de la métamorphose. D'abord les cellules se divisent, puis elles changent de forme et entre enfin en migration. J'étudie le rôle d'acteurs moléculaires du contrôle temporel déjà connus (en particulier hormonaux) et j'espère aussi découvrir de nouveaux régulateurs important pour ces processus.
Aude Grezy, Ingénieure de recherche contractuelle au CNRS, Grenoble
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Bonjour à tous, je m’appelle Aude, j’ai 30 ans, et j’ai soutenu mon doctorat en biologie moléculaire il y a 3 ans. Il y a de nombreuses raisons pour faire un doctorat, pour moi c’était par réelle passion pour la science.
Bien que j’ai hésité à l’époque avec un master de journalisme scientifique, j’ai finalement opté pour le parcours M2R + Doctorat, et en avant pour devenir chercheuse ! Mais 4 ans à plancher sur le même sujet ont eu raison de moi. Trop de longueur, trop d’échec, trop de tout…. J’ai donc quitté la recherche après ma thèse, toujours passionnée par la science, mais un peu fatiguée de la recherche, et j’ai décidé de continuer mon expérience professionnelle dans le milieu de la médiation scientifique et de la valorisation de la recherche. J’ai donc rejoint le Cercle FSER, comme chargée de mission, où j’ai été entre autre responsable de…. labioaulabo !! Vous comprenez l’émotion de l’animer pendant une semaine côté paillasse ! Car oui, après une autre étape dans la rédaction en financement de l’innovation, je suis finalement revenue dans la science, mais cette fois comme ingénieure de recherche. Je cherchais un post-doc en France quand on m’a proposé ce CDD. Pourquoi pas, allons-y ! Je vous parlerai du métier d’ingénieure plus en détail pendant cette semaine, mais aussi des questions de l’orientation post-thèse de façon plus générale, et de médiation scientifique pour laquelle je garde une réelle passion…
Salut à tous ! Je m’appelle Elie et je suis postdoc au Buck Institute tout proche de San Francisco. Je suis arrivé en Californie il y a presque 4 ans après avoir soutenu ma thèse en neuro-immunologie à l’université de Strasbourg.
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J’étudie les maladies neurodégénératives en utilisant la Drosophile comme organisme modèle. Je m’intéresse surtout au rôle des cellules gliales dans la maladie de Parkinson. Je suis en dernière année de postdoc et je prépare mon manuscrit afin de le soumettre très prochainement (je croise les doigts).
En plus de mon travail au labo, je suis le président de l’association de postdocs à l’institut. Notre association a pour but de faciliter le développement professionnel des postdocs tout en améliorant leurs conditions de travail.