Toi dont le nom est imprononçable, tu remplis notre cœur de joie lorsque l’écho de ta présence bienveillante parcourt l’immensité de notre terre. Comment pourrions-nous te chanter lorsque tu t’échappes de nos mains qui tentent de mettre, à notre bouche, les sons de ta grande beauté ?
Devant toi qui es nulle part et partout, nous sommes tels des nourrissons, incapables de prononcer un langage qui sied à ta gloire. Donne-nous encore de balbutier afin que tu confondes notre maladresse audacieuse à paraître devant toi. Accorde-nous l’honneur d’être si pauvres en dignité que nous soyons réduits au silence, non celui des vaincus, mais un silence d’adorateurs qui attendons tout de toi.
Le bruit de la guerre et les cris de nos semblables ébranlent les cimes du monde et les abîmes de la terre. Accorde-nous de nous tenir devant toi en silence afin de t’adorer tels ceux qui n’ont plus rien à dire. Que nous restions en ta présence magnifique pour nous-mêmes, pour tous ceux qui souffrent et agonisent de par notre terre. Toi dont le nom est la vie, mets, sur nos lèvres, l’harmonie nécessaire à prononcer ton nom comme il convient.
Je contemple les cieux. Je m’écris : étoiles, lune, nuit, firmament étincelant comme l’est ta gloire qui l’est davantage encore. Est-ce ton nom ? Où sont tes mains afin que nous mettions chacun de nous et tout humain en joie et en désarrois dans tes paumes qui tissèrent la terre, le ciel et façonnèrent les brebis, les bœufs, les musaraignes des champs, les aigles et les requins ? Où sont tes mains que tu puisses nous rattraper lorsque nous nous égarons dans l’erreur ou la tristesse ?
Qu’est-ce que l’homme que tu te souviennes de lui ? Je me souviens… Le bruit de la violence du monde n’a pas assez de puissance pour couvrir les mélodies de ton nom que tu gravas en ma mémoire. Pourquoi prendrais-tu soin de nous ? Prends soin de chacun de nous aux prises avec le désarroi, la violence, la souffrance. Souviens-toi.
Toi dont le nom est imprononçable, parcours encore avec bienveillance l’immensité de notre terre. Chante ton nom imprononçable dans les méandres de notre monde. J’écoute telle un enfant qui ne comprend rien à ta gloire. Je balbutie ce que tu fais tomber de ta beauté dans nos oreilles. Nous voici si pauvres en dignité que tu nous fais l’honneur d’entendre et de chanter le chant de ta beauté magnifique en notre cœur en joie.
Quel est ton nom ? Ton nom est magnifique sur toute la terre.