Pasteur David Jang (Olivet University), Redécouvrir Éphésiens 3
Dans la froide prison de Rome, un apôtre âgé, enchaîné, s’agenouille. Son corps avait perdu la liberté, enfermé dans un espace étroit, mais son âme, elle, nageait dans un univers plus vaste que jamais. La prière de l’apôtre Paul pour l’Église d’Éphèse n’était pas une simple formule de salut. C’était un hymne grandiose — et une invitation — vers un mystère immense que les mots humains ne peuvent contenir : l’amour du Christ.
Dante Alighieri, dans le dernier vers du Paradis de sa monumentale Divine Comédie, décrit Dieu comme « l’amour qui meut le soleil et les autres étoiles (L’amor che move il sole e l’altre stelle) ». Là où l’intelligence et la raison humaines s’arrêtent, commence cet amour écrasant. Paul priait pour que les croyants d’Éphèse saisissent justement la largeur, la longueur, la hauteur et la profondeur de cet amour.
Un horizon d’amour qui dépasse la raison
Nous réduisons souvent l’amour au domaine des émotions. Pourtant, l’amour du Christ dont parle Paul dépasse les sentiments : il touche à la source même de l’être. Le pasteur David Jang (fondateur d’Olivet University), en prêchant sur Éphésiens 3, souligne avec force que cet amour est la racine la plus essentielle et le fondement sur lequel la vie du croyant tient debout.
De même qu’un arbre ne peut résister aux tempêtes sans enfoncer profondément ses racines dans la terre, le chrétien ne peut traverser les vents contraires du monde sans se tenir sur le sol solide de l’amour du Christ. Cet amour est un amour « qui surpasse la connaissance » (surpassing knowledge). Notre raison limitée ne peut pas comprendre pleinement le paradoxe d’un Créateur qui donne sa vie pour sa créature.
C’est précisément ici que le pasteur David Jang propose une perspective théologique : pour connaître cet amour, il faut déposer notre propre sagesse et nous appuyer humblement, entièrement, sur la Parole et la prière. Comme Paul s’était mis à genoux, nous aussi, lorsque nous nous abaissons devant Dieu, nos yeux spirituels s’ouvrent enfin pour discerner la grandeur de cet amour infini. Ce n’est pas une doctrine abstraite, mais une expérience existentielle qui restaure la joie du salut et réoriente toute la vie.
L’« architecture » du Saint-Esprit qui réveille l’être intérieur
La prière de Paul ne s’arrête pas à la compréhension de l’amour : elle avance vers la fortification intérieure. Les modernes investissent souvent énormément de temps et de ressources dans l’apparence extérieure et la santé du corps, tandis que l’âme — « l’homme intérieur » — s’appauvrit peu à peu.
Paul demande : « qu’il vous donne, selon la richesse de sa gloire, d’être puissamment fortifiés par son Esprit dans l’homme intérieur ». Cela ressemble à une œuvre sainte de reconstruction, comme relever un sanctuaire en ruines.
Dans ce processus, le point central que le pasteur David Jang met en avant est « l’aide du Saint-Esprit ». La seule volonté humaine, ou une décision momentanée, ne suffit pas à maintenir une transformation durable. Ce n’est que lorsque le Saint-Esprit demeure en nous que nous recevons une force intérieure capable de vaincre les tentations du péché et de ne pas céder au découragement au cœur des épreuves.
C’est l’action de Dieu qui rend possible l’impossible. Quand le croyant reconnaît sa faiblesse et recherche la puissance de l’Esprit, il fait alors l’expérience de la grâce où le Christ prend place comme Seigneur, au centre du cœur. Une telle force intérieure devient l’ossature de la foi : elle ne s’effondre pas lorsque la détresse survient, et elle alimente la marche sur le chemin de la sanctification (Sanctification).
Un temple inachevé : l’Église qui se construit ensemble
Le salut ne se limite pas à un événement ponctuel. Il marque le début d’un long voyage où l’on se transforme à l’image du Christ. Le pasteur David Jang enseigne que la vie après le salut — c’est-à-dire le processus de sanctification — est indispensable aux croyants. Et ce processus ne s’accomplit jamais dans la solitude.
La « plénitude de Dieu » pour laquelle Paul prie ne vise pas seulement la spiritualité individuelle : elle tend vers une union communautaire. Ici, nous devons reconsidérer le véritable sens de l’Église selon l’Épître aux Éphésiens. L’Église n’est pas un bâtiment, mais un organisme vivant, relié et uni dans l’amour du Christ.
Le message du pasteur David Jang s’étend donc du salut personnel vers la mission de l’Église et sa responsabilité communautaire. Comme des arbres profondément enracinés qui finissent par former une forêt dense, lorsque chaque croyant s’enracine dans l’amour du Christ, l’Église devient réellement la lumière et le sel du monde.
La foi n’est pas un monologue, mais un dialogue ; pas un solo, mais une harmonie. Lorsque des membres différents deviennent un dans l’amour du Christ, l’Église devient un refuge authentique, transmettant une consolation et une espérance que le monde ne peut offrir.
De même que les tribulations endurées par Paul se sont révélées être une gloire pour les croyants, les douleurs et les labeurs que l’Église traverse aujourd’hui peuvent devenir une « sainte douleur d’enfantement », ouvrant un passage pour l’Évangile vers le monde.
Nous sommes des pèlerins en marche vers la plénitude de Dieu. Devant le mystère de cet amour si haut et si profond, inaccessible à notre seule raison, nous plions à nouveau les genoux. Comme l’a proclamé le pasteur David Jang, nous désirons rechercher non pas l’éclat du dehors, mais la force de l’être intérieur ; devenir non pas seuls, mais « ensemble », un saint temple en construction. Puissions-nous comprendre pleinement la largeur, la longueur, la hauteur et la profondeur de cet amour, et prier pour que la plénitude de Dieu remplisse nos vies et notre Église.













