Canadians for a free Palestine 🇨🇦🇵🇸




#interview with the vampire#iwtv#the vampire armand#assad zaman

seen from Türkiye

seen from Italy
seen from United States

seen from United States
seen from China

seen from Malaysia
seen from China

seen from United States
seen from Germany
seen from United States
seen from Romania
seen from Canada
seen from United States
seen from Maldives
seen from United States
seen from China

seen from United States
seen from United States
seen from United States

seen from Maldives
Canadians for a free Palestine 🇨🇦🇵🇸
Le pays de Nicolas
Montréal, le 24 septembre 2015. Je viens d'atterrir. Fait pas chaud. Le café coûte cinq fois plus cher que la veille. Après le Mexique, c'est le choc thermique, économique et culturel. Je me demande ce que je reviens faire dans un pays occidental, deux mois et demi avant mon retour en Belgique. Ah ben oui, je me rappelle. Je suis venu voir quel était ce Québec qui plaisait tant à Nicolas.
J'ai rendez-vous avec des amis à lui, rencontrés lors de son stage de psycho en 2002. J'ai chopé leurs courriels dans une lettre commune envoyée un jour de 2013 où le cancer semblait perdre la bataille. Pierre et Lyne dissipent très vite ma nostalgie latine. Ils sont adorables et m'accueillent comme un prince itinérant. “Je te previens tout de suite, j'ai un don de voyante”, me dit Lyne en me palpant le dos. Super, je pense, on va pouvoir communiquer avec l'au-delà… J'avais mal compris. Elle m'expliquait être non voyante. Très vite, on réunit les trois couples Nico-friendly. On se retrouve à sept dans le jardin d'Alain et Manon à regarder l'éclipse de lune. On se réchauffe au feu de bois, en chantant Moustaki, à coups de bière, d'éclats de rires et de souvenirs.
Claudine propose de m'emmener dans le quartier où vivait Nico, son appart, son boulot… J'hésite. C'est pas un peu exagéré ce pélerinage ? Bon. Allons-y. Je ne le regretterai pas. Comme un journaliste retourne sur les lieux d'un crime pour tenter d'approcher au plus près les événements qui s'y sont passés, ce Nico Tour amène Claudine à se souvenir d'un tas d'anecdotes qui n'auraient sans doute pas ressurgi si on s'était cantonner à papoter autour d'une poutine. Quoique, c'est devant ce plat québequois qu'elle s'est rappelée la fois où Nico a demandé des couverts et de l'eau plate à la serveuse, au lieu des ustensiles et de l'eau naturelle. Plate, icitte, ça veut dire “naze”.
Un autre collègue avait marqué Nico, c'est Réjean et son châlet dans les Laurentides (montagnes au Nord de Montréal). J'espérais faire du canoë sur un des lacs de la région, mais j'ai dû reconnaître que ce n'était plus vraiment la saison. Au lieu de ça, discussions, promenades et lecture du livre d'or du “shack”, avec un savoureux commentaire d'un certain Nicolas Dessambre, le 25 février 2002.
Retrouvailles avec le clan des sept, à Montréal. Chez Claudine et Denis, on mange du smog meat (sandwich à la viande fumée). Le record de Nico, trois énormes pièces englouties en une soirée, n'a jamais été inquieté. Alain et Manon m'ouvrent leur album photos. On y voit toute l'équipe, dans les mêmes murs, treize ans plus tôt, ainsi qu'une délégation québequoise en visite à Namur un peu plus tard.
Et puis je quitte la Ville pour explorer d'autres territoires. J'ai un mois devant moi qui commence par une randonnée en solitaire, la Traversée de Charlevoix (voir l'article “L'homme qui a vu l'ours”) que Nicolas avait réalisée en 2007. Ensuite, direction Tadoussac, au croisement du fjord et du Saint-Laurent, là où baleines, rorquaux et bélugas viennent se baigner avant de sonder vers des eaux tropicales.
Pour le logement, j'alterne entre les fantastiques auberges de jeunesse du Québec (chaleureuses, dynamiques, fréquentées par des voyageurs sympathiques - Come, Gaël, Geoffroy, Vincent… - comme par des locaux et bien achalandées en bières locales) et le couchsurfing. Exemple : je compte rester une nuit à Baie-Comeau, avant de prendre un traversier vers Matane. Mais finalement, gros coup de coeur, je passerai cinq jours avec Mirika et sa gang d'amis. Fameuses parties, karaoke, chantilly, balades, gin au bord du fleuve, radio patenteux et tarte de Pâquerette. Un jour, sur une plage rocailleuse baignée de soleil, je redécouvre la chanson de Françoise Hardy : “Je voudrais juste vous dire merci. Mes plus beaux rêves, folies et fièvres, je vous les dois cent fois”. C'est totalement vrai, Nicolas. Merci de m'avoir donné le goût, par ton départ, de prendre le large.
Pour le déplacement, j'oublie vite le bus, hors de prix, pour “le pouce” (l'autostop). Une trentaine de personnes se relaieront pour me faire faire le tour de la Gaspésie. Parmi eux, Sylvain m'explique que parfois la vie est bien faite et que des personnes sont placées sur notre chemin. Il est passé à côté de moi puis est revenu me chercher pour éviter de faire la route tout seul. Il se rend à l'hôpital de Gaspé où sa fille se trouve après avoir fait une tentative de suicide.
Sur les côtes gaspésiennes, je cherche à retrouver dans le paysage découpé quelques clichés pris par Nico que m'a envoyés sa maman. J'ai failli la rater, mais la voilà : la maison du parc Forillon. Le vent souffle ce jour-là. J'essaie de me positionner le plus près possible de l'endroit duquel Nicolas a tiré sa photo à l'époque. Même exercice à Percé et même satisfaction.
À Carleton-sur-mer, j'ai rendez-vous avec Mimi, une amie de Pierre et Lyne, énergique, excentrique et hyper chaleureuse. On croise sous la pluie un Taïwannais qui fait le tour du monde depuis plus de cinq ans, dont trois sans argent. Mimi lui propose un café. Il restera finalement deux jours dans cette auberge très confortable et tout aussi folklorique que la réserve des Amérindiens qu'il visait, dix kilomètres plus loin.
Au final, j'ai vraiment accroché avec le Québec, ses superbes paysages dont je n'ai vu qu'une infime partie, et ses habitants charmants, généreux (merci Martin de Trois-Rivières pour le petit-déj chez Cora et merci les Montréalais pour le sirop d'érable !), ouverts (Lina qui m'invite à dormir chez elle à Québec après m'avoir pris en stop), empathiques (Bénédicte qui compatit avec les migrants de Syrie après avoir expérimenté les difficultés d'un exil pourtant choisi), travailleurs (Azellus qui construit sa maison ou Charles qui bosse et qui bosse pour pouvoir se payer des voyages et des concerts de Céline Dion), épicuriens (si boire est un vice, Catherine, peux-tu m'en dire un autre ?) et tellement nationalistes qu'ils croient que l'opération PQ, c'est un hommage au Parti Québequois. Salut les gars. Et à une prochaine fois.
On s'touche le poil, c'est génial!
Canadian French vs. French French!