Rameaux. The number 21 trolleybus, near Le Boulevard Arago. Paris, May 1970
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Rameaux. The number 21 trolleybus, near Le Boulevard Arago. Paris, May 1970
Bon dimanche des Rameaux 🙏🏻🌿🕊
#DimancheDesRameaux #SemaineSainte
Volonté de puissance et pouvoir de vie
Dimanche des Rameaux à Castelmoron le 29 mars 2026 Philippiens 2.6-11, Matt 21.1-11
Les historiens et les exégètes bibliques nous apprennent que la procession de Jésus n'était sûrement pas la seule à entrer dans Jérusalem à cette époque. Il y en avait plus que probablement une autre. Jésus entrait dans la ville par l’est. Matthieu nous dit qu’il quitte Bethfagé sur les Mont des Oliviers, près de Béthanie. C’est ici que Jésus a établi en quelque sorte son QG, chez les sœurs Marthe et Marie. Au nord de la ville, Ponce Pilate, gouverneur de Judée, gardait un garnison de 600 troupes en permanence dans la Forteresse Antonia. Le gouverneur romain et ses troupes se rendaient systématiquement à Jérusalem pour les grandes fêtes juives comme la Pâque, non par respect pour les pratiques religieuses des Juifs, mais pour être présents en cas de troubles et pour contrôler les foules de gens qui venaient à la capitale.
Selon le récit de Matthieu, l'entrée de Jésus à Jérusalem est un événement marquant. Il est décrit dans les quatre évangiles d’ailleurs. Il semble que Jésus à déjà tout prévu. Il envoie deux disciples lui chercher une ânesse et son ânon, qui attendent à un endroit précis. Ce n'est ni le fruit du hasard ni de la chance. Jésus a un plan. «Si quelqu'un vous dit quelque chose», il a dit à ses disciples, «répondez simplement: “Le Seigneur en a besoin.”» (Mt 21,3). Cela semble à un mot de passe codé digne d’un livre d’espionnage. Tout a organisé à l'avance.
Nous pouvons comprendre cette procession du dimanche des Rameaux comme une manifestation en opposition à celle de Pilate, et le contraste est saisissant. Jésus est entré à Jérusalem sur un âne. Ponce Pilate, lui, est arrivé à cheval, à la tête d'une colonne de cavalerie. L'une était une procession venant de la campagne, l'autre une procession impériale. L'une était accompagnée de fidèles, l'autre de soldats. Dans l’une on jetait des manteaux et des branches par terre, dans l'autre les soldats portait des armes et des armures. L'une exprimait une protestation politique, l'autre le pouvoir politique. L'une était désarmée et non violente, l'autre était armée et prête à en découdre. L'une célébrait la vie, l’autre manifestait le pouvoir.
Matthieu nous dit «Quand il entra à Jérusalem, toute la ville fut en émoi» (Mt 21,10). En émoi? Ou encore la ville était bouleversée. Pourquoi Jérusalem serait en émoi à l’arrivée de Jésus ? Peut-être Jérusalem savait quelque chose que nous avons oublié. Peut-être que les gens de Jérusalem espéraient que la venue de Jésus déclencherait un mouvement populaire, une montée de frustration et d'humiliation de devoir vivre sous la domination de Rome. Peut-être son entrée à Jérusalem était une confrontation, un affrontement.
Nous pouvons envisager la procession du dimanche des Rameaux comme une marche de protestation. A l’image de La Marche du Sel de Gandhi en Inde, de Gay Pride ou de #Metoo ou encore de Black Lives Matter. Et si c’était le cas, si c’était un mouvement de résistance cela mettrait en lumière le combat qui se livre dans chaque cœur humain: la volonté de puissance ou la volonté de vivre. Je pense que c’est précisément ce qui s’est passé ce jour-là. Et qui se passe tous les jours de notre vie. Quand Jésus entre à Jérusalem, quand Jésus entre au cœur de nos vies, de nos préoccupations et nos questions, il provoque une confrontation plongeant toute la ville dans l’émoi, basculant toute notre vie dans le chaos.
Matthieu souligne la forme qui prendra la royauté de Jésus en citant un extrait du prophète Zakarie, du chapitre 9, verset 9. Mais pour bien comprendre la force de son choix nous devons lire aussi le verset 10: Il supprimera les chars de guerre, et à Jérusalem il supprimera les chevaux. Il cassera les arcs de combat. il établira la paix entre les peuples. Il est ce roi de paix attendu et il est en contraste total avec l'orgueil, l'arrogance, la puissance, l'oppression, la gloire et la violence de l'empire qui domine le monde. C'était vrai hier et c'est vrai aujourd'hui.
Deux visions différentes de la vie et du monde entrent à Jérusalem: le Royaume des Cieux et le royaume de César. Ce conflit se déroulera toute au long de cette semaine jusqu’à Pâques. Et aujourd’hui? Avons-nous progresser vers l’acceptation de ce roi de paix? Que ce soit dans le monde: en Iran, en Ukraine, à Gaza, au Liban. Ou encore dans nos vies, dans nos relations avec les autres, dans nos familles, dans nos mariages, dans nos églises et nos communautés. La volonté de puissance ou le pouvoir de vie. Nos vies basculent entre ces deux pôles. Et nous savons que les choix de vie ne sont jamais composés de bien ou mauvais, de noir ou blanc. Nous vivons nos vies dans le domaine de l’incertitude, du compromis de non-choix parfois. La vie n’est pas simplement constituée des choix claires et évidents.
Nous sommes tantôt dans une des ces cortèges et tantôt dans l’autre, mais bien plus souvent nous nous trouvons au milieu. Peut-être nous nous verrons dans cette autre foule, la foule qui regardait passer les deux processions, ne voulant pas s’impliquer, ne voulant pas choisir. Peut-être nous nous trouvons parmi ces gens qui voulaient tout simplement vivre une vie ordinaire, ne pas participer à des actions et être épargnés des conflits et de confusions. Peut-être nous nous trouvons parmi ces personnes qui tournaient la tête pour regarder ailleurs.
Néanmoins je sais que ces deux pôles habitent mon existence. Quand la volonté de puissance surgit dans ma vie, je me replie sur moi-même, je suis apeurée et sur la défensive. Quand j’agis de ma puissance le monde se divise entre nous et eux, amis et ennemis, bons et méchants. Je calcule, je quantifie, je rationalise et je justifie. La vie et mes relations deviennent dures et agressives. Je prends les choses trop au sérieux et trop personnellement. Les autres ne sont plus que des moyens pour arriver à mes fins. J’essaie de dominer mes sentiments, de les dissimuler ou les ignorer. J'ai besoin d'avoir raison, de faire mes preuves et d'avoir le dernier mot. Je deviens le centre de mon univers.
Quand je connecte avec le pouvoir de vie le monde me paraît plus vaste et plus beau. Je deviens plus ouvert, vulnérable et réceptif. Mes relations sont empreintes d'intimité et de gratitude. Je suis inspiré et je respire plus profondément. Mon esprit est ouvert, prêt à apprendre et à évoluer. Mon cœur est prêt à aimer, à pardonner et à risquer d'être brisé. La soif de vivre me permet de percevoir la fragilité des êtres et des relations. Elle invite au don de soi, au sacrifice, à l'abandon. Le souci de la justice, la compassion et la dignité humaine prennent une place centrale. Dieu me semble plus proche, plus tangible, présent dans le quotidien. Je suis pleinement engagé, enthousiaste et plein d'énergie. Je n'ai plus besoin de tout contrôler. La vie ne tourne pas autour de moi. Je suis au service de la vie.
Ces deux options, deux pôles, décrivent la réalité de ma vie. Pour la plupart de temps je me trouve quelque part au milieu, parfois je me vois même à l’extérieur et je me regarde, j’hésite de prendre position, je suis indécis dans le choix à faire.
Ce dimanche à Jérusalem deux cortèges arrivaient et a mis la ville sens dessus dessous. L’émoi du dimanche des Rameaux n’est pas limité à Jérusalem ni à cet époque. La volonté de puissance et le pouvoir de vie sont présents partout dans nos vies. Quand ils se confrontent la chaos règne. Peut-être nous avons besoin de ce chaos. Il nous secoue et nous éveille. Il nous rappelle que deux cortèges traversent nos existences, qu'une confrontation a lieu et qu'un choix s'impose.
A chaque instant dans notre vie nous choisissons une procession ou l’autre ou aucune. Par sa présence et en son regard ce roi de paix nous invite aujourd’hui de le suivre, de laisser nos vêtements par terre, d’agiter les branches de palmier, de chanter sa gloire et de marcher avec lui sur son chemin de vie.
🌿"Le dimanche des Rameaux est comme un aperçu de Pâques. Il est un peu joyeux après la morosité du Carême"🌿
Dimanche des Rameaux 🌿🙏🏼💞
Se déshabiller (encore!)
Ah là là là là … Encore une histoire de vêtement ! (voir ici et ici, et encore ici et là) L’épisode des Rameaux. Jésus fait demander un ânon. Les propriétaires semblent bizarrement déjà au courant. (Le texte suggère que c’est bizarre mais si Jésus les avait averti à l’avance, il serait normal qu’il soient au courant et qu’ils acquiescent facilement. Jésus semblait quand même avoir un sacré réseau…
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"Le vent des 🌿 Rameaux 🌿 est le vent dominant de l'année, et plus particulièrement de l'été"
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