Reflet d’une confusion
Jon Rafman adopte une pratique dynamique au sein de l’archive que constitue le Web. Que ce soit dans son processus créatif ou dans la mise en forme de l’œuvre, il met en jeu une boucle incessante qui semble plus à même de rendre compte d’une condition contemporaine au sein des flux numériques que n’importe quelle collection statique. En s’inspirant de l’environnement instable du Web, en l’exploitant comme source de matière première et enfin en y ancrant sa création, il témoigne de la circularité d’un système et de la confusion qui y règne.
La facilité de production, de mise en circulation et d’accès aux contenus, a pour corrélation leur accumulation et leur fluctuation incessante, conduisant à l’échec d’une organisation univoque et objective. La fragmentation au sein des œuvres traduit ainsi l’aspect partiel, provisoire et instable des tentatives d’archivage. Le travail de Jon Rafman, en soulignant l’absurdité dont ces tentatives peuvent être empreintes, les met à mal et témoigne d’une aliénation. Le Web et les contenus qui y circulent ne sont-ils pas le reflet d’une quête perpétuelle de l’utilisateur, au même titre que n’importe quel être humain ? Quête d’information, quête de savoir, quête de l’autre, quête de soi, c’est de manière générale d’une quête de sens – j’entends ici sémantique – qu’il s’agit. En cherchant à trouver des nouveaux points de références dans un monde dit virtuel, l’utilisateur participe paradoxalement à l’effondrement de son système référentiel. L’expérience contemporaine des images ou de toutes autres données serait-elle « groundless 89 », « sans socle » ?











