November 19, 2019
I wish I could’ve ridden a cloud back to my home.
19 Novembre 2019
J’aurais aimé flotter sur un nuage pour rentrer à la maison.
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November 19, 2019
I wish I could’ve ridden a cloud back to my home.
19 Novembre 2019
J’aurais aimé flotter sur un nuage pour rentrer à la maison.
Le retour !
Samedi 21 - mercredi 25 juin
Le lendemain, on me donne mon petit-déjeuner sans attendre le passage du chirurgien de garde. Un kiné passe me voir : il me rappelle les exercices, et m’en montre de nouveaux.
Le chirurgien finit par passer. Il n’a pas l’air très enthousiaste à l’idée de me laisser partir, mais il n’y a pas de contre-indication non plus. Je sors, mais avec le drain. Il faudra un passage infirmier chaque jour, pour noter ce qu’il donne et refaire le pansement tous les deux jours. Mais c’est bon, j’ai le feu vert. Et tant mieux : on est samedi, l’hôpital de semaine ferme. Si je restais, il aurait fallu que je déménage en chirurgie. Non merci. Il me donne quelques conseils pour reprendre des forces : bien boire, bien manger, et surtout… de la viande. Pour le fer et les protéines. (Pas de débat animal/végétal, je suis formée sur le sujet 🙂)
Pendant qu’on prépare mes papiers de sortie, j’appelle le cabinet infirmier que j’avais déjà contacté. On confirme ensemble un premier passage pour demain, dimanche.
Je préviens mon mari que je peux sortir. Il arrivera dans une heure. Je commence à préparer mes affaires, je récupère les documents. L’aide-soignante m'enlève ma perfusion, puis change le redon. Je lui en demande un autre, au cas où les infirmières en auraient besoin. Mon mari arrive. Il prend mes sacs. On s’en va, à mon rythme : ça fait deux jours et demi que je n’ai pas marché sur une aussi longue distance. Il faut y aller doucement. Il fait chaud et la lumière est vive, presque agressive, après presque trois jours passés dans la semi-pénombre de la chambre. Mais il fait moins chaud que je ne l’imaginais. En voiture ! On fait un arrêt rapide pour déposer mon arrêt de travail directement au siège de la CPAM. Ce sera traité plus vite comme ça.
Puis enfin… direction la maison. Je retrouve mes bébés. Ils sont un peu sur la défensive : maman a été opérée, il faut faire doucement. Mais j’ai finalement droit à mes câlins !
Le jardin a bien changé. Mon beau-père avait besoin d’occupation visiblement.
Ce midi je mange une salade mélangée et des protéines. Ce soir, c’est barbecue. Mon mari m’a pris un peu de viande rouge, ça faisait longtemps, mais il faut que je récupère du fer rapidement et naturellement.
Ça fait du bien de retrouver les miens, d’être à la maison. Même avec le bruit, c’est plus reposant. Je suis apaisée d’être rentrée. L’hôpital m’a semblé durer une éternité.
Le lendemain, tout le monde se lève. On prend notre petit déjeuner. Vers 10h30, l’infirmière arrive. Je la connais ! On s’était croisées chez une personne aidée, à l’époque où je travaillais comme aide à domicile pour l’ADMR. On discute, on essaie de retrouver chez qui c’était. Ça ne revient pas. On monte dans ma chambre. Elle vérifie le drain, note le remplissage : 60 ml. (Sur l’ordonnance, c’est écrit que le redon peut être retiré s’il y a eu 30 ml maximum en 24h.) Et là… BIM. Ça me revient ! - "C’était chez Mme Bidule !" - "Ah mais oui ! Ça fait un bail !"
Elle prend l’ordonnance et me voit avec le drain dans un totebag, suspendu à ma main. (Il faut que le bidon reste toujours plus bas que l’entrée du tuyau du drain.) Elle me donne une astuce : utiliser un petit sac à mettre à l’épaule, surtout quand je sors, pour que ce soit plus discret, si jamais ça me gêne. Je n’en ai pas sous la main, mais mon mari pense à sa pochette. Parfait. Solution trouvée.
Le lendemain, vérification du drain : 40 ml. Cool. 20 de moins qu’hier. On peut espérer que demain soit le dernier jour ! Je demande, au cas où, s'il existait une recette miracle pour que le drain soit retiré dès demain ? Non, rien de magique. Mais ce que je fais à l’air de fonctionner, alors je continue. Je lui dis que je rêve d’une douche. Ça fait quatre jours que je me lave au gant de toilette. La météo est clémente : du soleil, de la chaleur… Mais je veux une dooouuuucheeee !
Elle refait mes pansements. - “La cicatrice est belle. Qui est le médecin qui a fait ce travail ?” - “Dr Machin.” - "C'est du beau travail." - "Tant mieux, s'il y a un truc qui va bien dans tout ce bazar." répondis-je avec un sourire.
En parlant de la cicatrice… Au début, ça m’a fait bizarre. Plus de volume. Rien. Zéro. Et même en dessous de zéro : ça fait un creux. Quand j’ai demandé à ma chirurgienne, elle m’a expliqué que c’était normal — j’avais aussi de la masse graisseuse à cet endroit-là, donc forcément, le vide se voit davantage. Ok. Va falloir s’habituer à ce nouveau corps, et m’aimer avec cette particularité. Je m’y habitue doucement. La cicatrice est encore sous pansement, ça me permet de l’apprivoiser, doucement.
L’infirmière m’annonce que ce sera sa collègue qui viendra demain. Mardi. Peut-être qu’on dira enfin bye au drain ? Mais d’abord : activité avec mon fils, “Jardin des arts”. Une heure au milieu d’instruments de musique. Il a adoré les percussions et le ukulélé. Puis il a fini par s’installer à la cuisine et au bricolage. Il esst l'heure de rentrer. L’infirmière arrive 15 minutes plus tard. Elle vérifie… 50 ml. Eh bien non. Pas pour aujourd’hui. Zut. 5 jours sans douche, sans shampoing. À demain, alors. J’espère que ce sera bon cette fois. Demain, ce sera encore une autre collègue. Elles sont trois dans le cabinet.
Mercredi. Je croise les doigts… mais j’ai regardé : ce ne sera pas pour aujourd’hui. Le redon est bien rempli. J’ai sorti celui qu’on m’avait donné à l’hôpital.
L’infirmière arrive. Elle regarde : 45 ml. Effectivement, toujours pas le jour. Elle change les pansements : nettoyage au sérum physiologique, nouveaux pansements. Au niveau du drain, elle fait différemment de sa collègue : elle découpe un petit passage dans le pansement pour laisser passer le tuyau, et l’entoure, comme elle l'a appris à l’hôpital. Elle change aussi le redon… mais oublie d’enlever le mode aspiration. SLURP. Oups. Il doit être en mode écoulement libre. Je le lui dis. Ni une ni deux, elle clampe le tuyau et ouvre le bidon pour faire entrer l’air. Ouf. C’était une sensation vraiment étrange. Elle vérifie : ça n’a pas trop donné. Je jette les déchets de pansements et je la raccompagne. À demain. Une fois la porte fermée, je regarde le redon : 50 ml. Waouw.
L’après-midi, rendez-vous kiné : drainage lymphatique et exercices pour retrouver la mobilité du bras.
Je téléphone au secrétariat de ma chirurgienne. Cette histoire de drain commence à m’inquiéter un peu. Elle m’avait dit 3 à 5 jours, et là on est à J+6. Je lui explique : en moyenne, il donne 40 à 45 ml. Je lui raconte l’anecdote du matin. Elle me rassure : ça arrive, ce n’est pas grave. Et elle ajoute qu’à J+10, le drain sera enlevé. Ok. Donc tout est normal. Pas d’inquiétude. Mais J+10… ça veut dire 10 jours sans douche. Vivement dimanche !
Dans la journée, j’ai un peu mal. Rien d’inquiétant, mais je prends quand même un Doliprane.
Demain, c’est enfin le rendez-vous avec l’oncologue.
Le bateau va bientôt quitter le port. Un nouveau membre d’équipage s’apprête à monter à bord. Le large s’ouvre devant nous, guidé par des balises lointaines.