Luigi Ghirri, Cartes et territoires, jusqu’au 02 juin 2019. Musée du Jeu de Paume, Paris.
Après avoir séjourné à Essen et à Madrid, la première rétrospective des œuvres de Luigi Ghirri produites dans les années 70 s’expose à Paris depuis le 12 février.
Géomètre de formation et originaire de l’Émilie-Romagne, qu’il a abondamment photographiée, Luigi Ghirri (1943 - 1992) est un photographe majeur, enfin montré hors de son Italie natale.
Ghirri prenait ses photos en couleur et donnait ses pellicules Kodachrome au développeur du coin, sans plus de manière. Ses photographies frontales et poétiques révèlent l'omniprésence des images dans le paysage quotidien. Ghirri va à l’essentiel de l’acte photographique : une leçon magnifique de simplicité et d’élégance artistiques.
Le Fonds photo de la Médiathèque Edmond Rostand possède une excellente compilation des écrits de L. Ghirri. Ils nous permettent de mieux appréhender son œuvre, avec ses propres mots :
J’ai toujours pensé que la photographie était un langage pour voir et non pour transformer, occulter, modifier la réalité. Je préfère que la photographie révèle un autre regard sur les espaces, les objets, les paysages que je veux représenter. Je suis convaincu qu’un regard libre de toute acrobatie formelle ou d’élucubration réussit mieux à trouver un équilibre, entre le savoir et la simplicité.Trouver ainsi à l’intérieur de la géométrie et la fixité de l’espace de la chambre obscure, la mesure pour le représentation de l’extérieur. Aucune violence, ni choc émotionnel ou effet forcé, mais le silence, la légèreté, la rigueur afin de pouvoir entrer dans le rapport avec les choses, les objets, les lieux.
Pour toutes ces choses, Walker Evans m’a été d’un grand secours. Je dois dire que c’est l’auteur que j’aime le plus et celui dont je me sens le plus proche. Je ne me suis jamais bien entendu avec le monde de la photographie.
Trop souvent la photographie décline sa propre potentialité pour se réfugier dans les émotions de la couleur, dans la répétition obsessionnelle, dans l’usage répété et écœurant d’un style, dans la récapitulation et les exaspérations formelles. Cet aspect maniaque me semble dangereux : la photographie s’appauvrit et devient l’antichambre anesthésiée du regard. (”l’œuvre photographique”, in Luigi Ghirri : Voyage dans les images, p.44. En Vues, 1997)
David
Deux ouvrages disponibles dans notre collection (commande en cours du catalogue de cette exposition) :
- Luigi Ghirri : Voyage dans les images (PHOTO 2 GHIR)
- Luigi Ghirri : Kodachrome (PHOTO 2 GHIR)













