La collégiale Saint-Vulfran, Abbeville, Somme (80)
De passage à Abbeville le 30 mai 2012, mon temps est compté dans cette petite ville aux portes de la Baie de Somme. Je me contente donc de prendre le temps de visiter la collégiale de Saint-Vulfran. Je ne le regrette pas : quel édifice ! C’est le joyau gothique de la cité, qui appartient aujourd’hui à la commune.
Façade de la collégiale Saint-Vulfran
Les origines de la collégiale sont à aller chercher au XIe siècle, lorsque les reliques de Saint-Vulfran furent rapportées par le comte de Ponthieu à Abbeville, qui était alors leur capitale. La construction de l’édifice actuel débuta en 1488 après qu’on eut assécher les fonds marécageux. Façade et nef sont d'abord construites dans le style gothique flamboyant alors en vogue à cette époque. La finesse de la rose, les deux tours symétriques surmontées à cinquante-cinq mètres de haut de tours de guet, la richesse des décorations et des sculptures qui ornent les trois portails témoignent de la richesse et de la prospérité d’Abbeville au XVe siècle.
Père Céleste présente au Monde son fils crucifié
La première messe est célébrée dans une chapelle latérale en 1524 mais par manque de fonds, le chantier s'interrompit en 1539 alors que l'église n'a pas de chœur. La construction ne reprit que plus de cent vingt ans plus tard, en 1661 et le chœur s'éleva enfin. En 1663, Saint-Vulfran est enfin achevée, ou presque. Car aujourd’hui, la partie qui semble être détruite est en réalité le début d’un chantier qui resta inachevé faute de fonds suffisant pour être mené à bien.
Partie inachevée
En 1793, l'église devient temple de la Vérité et de la Raison. Après le Concordat, le culte catholique y est rétabli. En 1840, le bâtiment est inclus dans les premières listes des monuments historiques.
En mai 1940, sous les bombes allemandes, un incendie noie la ville et détruit la collégiale. Seules les tours et la façade subsistent ainsi que le début de la nef. La voûte s'est effondrée. La restauration ne prendra fin qu'en 1998.
Les voûtes impressionnantes de la nef
L’impression de hauteur qui se dégage de l’édifice est frappante dès l’instant où l’on y pénètre. En effet, la hauteur sous voûte est de trente-et-un mètres alors que la largeur n’est que de trente-sept mètres. Cette impression est renforcée par l’absence de chapiteaux sur les colonnes ainsi que par les deux rangées de vitraux aux teintes bleutées de William EINTEN.
Le chœur et l'abside de la collégiale Saint-Vulfran, son maître-autel de 1848 et les vitraux de William Einstein.
Vous voulez en découvrir plus ? Les autres photos prisent à l'occasion de mon passage sont dans un album Flickr
Et pour voir encore plus de photos de l'intérieur et de l'extérieur de tout un tas de détails à côté desquels je suis passée ce jour-là, le site de Patrimoine Histoire est une mine d'informations !
Cet article a été écrit originellement pour mon précédent blog (supprimé) en 2013.