Ce n’était pas dans les habitudes de Bertha de voisiner, bien moins encore de faire des avances à qui que ce fût en dehors du cercle immédiat de ses relations. Elle avait toujours systématiquement ignoré les gens du dehors, aspirants au monde, ou n’avait reconnu que tel ou tel d’entre eux, individuellement, lorsqu’elle y était poussée par des raisons d’intérêt. Et ce que ses condescendances avaient de capricieux, — Lily le savait bien, — leur donnait d’autant plus de valeur aux yeux de ceux qu’elle distinguait. Lily le voyait, présentement, à la satisfaction non dissimulée de Mrs. Gormer, et à l’air d’heureux détachement avec lequel, durant un jour ou deux, elle cita les opinions de Bertha et se demanda d’où venait sa robe. Toutes les ambitions secrètes que l’indolence naturelle de Mrs. Gormer et les manières de ses compagnons tenaient d’ordinaire en expectative germaient, à cette heure, de nouveau, sous le rayonnement de Bertha et de ses avances ; et, quelle que fût la cause de ces dernières, Lily vit que, si elles se continuaient, elles auraient probablement des résultats fâcheux pour son propre avenir.