François Durif, Fermons les yeux pour voir, Paris, 20.01.21

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François Durif, Fermons les yeux pour voir, Paris, 20.01.21
Donner à voir, c’est toujours inquiéter le voir, dans son acte, dans son sujet. Voir, c’est toujours une opération de sujet, donc une opération refendue, inquiétée, agitée, ouverte. Tout œil porte avec lui sa taie, en plus des informations dont il pourrait à un moment se croire le détenteur. Cette scission, la croyance veut l’ignorer, elle qui s’invente le mythe d’un œil parfait (parfait dans la transcendance et le « retard » téléologique) ; la tautologie l’ignore aussi, elle qui s’invente un mythe équivalent de perfection (une perfection inverse, immanente et immédiate dans sa clôture).
Georges Didi-Huberman, Ce que nous voyons, ce qui nous regarde, Les Éditions de Minuit, 1992