Comment toi, Caypso, tu témoignes ton amour, amical, amoureux, platonique ou même sexuel à une tierce personne ? Comment Toi tu fais, avec des mots, des paroles ou des gestes pour dire « je t’aime » ?
Pour exprimer mon amour, qu'il soit amical, amoureux, platonique ou même sexuel, je m'efforce de trouver la forme la plus authentique et sincère possible.
Dans le domaine amoureux, bien que cette expérience me soit encore peu familière et que mes mots soient encore juvéniles, j'offre sans compter, par les regards, les attentions et les gestes qui ressemblent à un ballet muet, procurant à l'autre, je l'espère, un réconfort éternel. Mon temps se partage entre cette personne, mes pensées qui lui sont dédiées, et moi-même, avec quelques moments consacrés aux amis car chacun a sa propre vie. Par les mots, je lui dis qu'elle est belle, qu'elle a le droit de se tromper, qu'elle est la meilleure chose qui me soit arrivée, tout cela en écrivant maladroitement sur des bouquets. Par les gestes, je transmets le besoin de la toucher physiquement : je passe ma main dans ses cheveux aussi souvent que possible, et même en l'absence de mots, je lui tiens la main. Pour savourer une éternité éphémère, je goûte à ses lèvres aussi souvent que possible. Cependant, le plus important est de passer du temps ensemble, de parcourir cette existence à petits pas, de rire aux éclats dans une valse nocturne où les pupilles expriment ce que les mots ne peuvent pas, de voyager à l'horizon des jours entiers sous la couette et dans les bras l'un de l'autre, de partager cette vie entière avec une autre personne. J'offre aussi des cadeaux, des petites attentions, même un simple message plus ou moins beau sans paraître un peu niais. Je fais tomber le masque et j'adoucis la carapace que je me suis créée.
Dans le cadre amical, c'est assez similaire à la manière amoureuse, sans le contact physique car je n'y suis pas habitué (je frissonne d'ailleurs lorsque l'on me touche sans que j'y sois mentalement préparé). J'offre des mots moins personnels mais destinés aux autres, j'écoute en silence quand leurs cœurs battent plus fort, je fais sourire et rire car j'ai toujours un mot pour tout en composant des phrases avec peu de choses. Par les mots, je me concentre sur eux en oubliant qui je suis pour laisser place à l'étendue de tout ce qu'ils sont, même lorsque le silence règne. Par les gestes, je suis attentionné, je regarde droit dans les yeux lorsque l'on me parle, car tous ces moments partagés, plus ou moins raisonnables, deviennent des fables plus ou moins belles dans le récit de ma vie joyeuse. Je garde cependant toujours mon masque et ma carapace reste aussi imperméable qu'un gilet pare-balles, car je ne suis pas le seul à posséder des armes, à avoir des balles dans le barillet.
Dans le cadre platonique, j'évite d'entretenir ce genre de relation. Je ne dis rien, je ne cherche pas à faire autant rire que je le pourrais, je me contente d'échanger sur l'autre et lorsque celui-ci me répond, je n'écoute que d'une oreille, l'autre étant concentrée sur ses défauts. Je ne dis rien car ça n'en vaut pas la peine, rien de nouveau à l'horizon, c'est comme si j'entretenais une relation avec le cœur coincé dans une prison. Si l'autre n'est pas capable de me faire sentir que j'existe, s'il n'est pas capable de voir qu'il existe aussi, alors rien n'a de valeur, rien n'est fait pour plaire. Je porte un masque et ma carapace ne bouge finalement pas.
Dans le cadre sexuel, c'est un mélange des deux premières manières : je ne dis rien mais je montre tout, se mettre à nu physiquement sans les sentiments pour une première position qu'on ne prend pas vraiment. Ensuite, par les mots, je dis que j'aime ce qu'il se passe. Je n'ai jamais couché contre ma volonté, je n'ai jamais couché sans ressentir une intimité, car ce n'est pas le genre de chose que j'aime donner. En revanche, je donne volontiers ma place pour le plaisir, car l'autre compte avant tout. Mes doigts dansent sur cette peau comme un ultime tango. Je passe du temps après l'acte à me blottir dans les bras de la personne, à la caresser méticuleusement pour qu'elle oublie, le temps d'un instant, toutes les misères du monde.
Avec des mots, je choisis des expressions qui viennent du cœur, des mots doux et attentionnés (avec toute la voix que je m'efforce de contrôler), des compliments sincères qui reflètent l'importance de la personne pour moi. Parfois, une simple lettre contient ce que j'éprouve mais que je ne dis pas de vive voix, car ce qui n'est pas dit du bout des lèvres ou du bout du stylo, s'en va crier au fond de l'âme.
De manière générale, dans ces quatre façons, je privilégie les petites attentions quotidiennes qui montrent que je me soucie vraiment de l'autre. Cela peut être des câlins chaleureux, des regards complices ou des surprises personnalisées qui témoignent de ma compréhension et de mon affection. Parfois, un simple geste comme préparer un repas préféré ou offrir une fleur peut dire plus que mille mots. Je témoigne mon amour par une combinaison harmonieuse de mots, de paroles et de gestes, chacun portant une part de mon cœur et de mon dévouement envers l'autre.