On ne frappe pas à la porte. On la défonce. La vulgarité est une question de goût. La nôtre est de l'or rouge sur du béton brut. Si vous ne comprenez pas, ce n'est pas pour vous.

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On ne frappe pas à la porte. On la défonce. La vulgarité est une question de goût. La nôtre est de l'or rouge sur du béton brut. Si vous ne comprenez pas, ce n'est pas pour vous.
Cameras and Coffee with Scott Millington, 8/13/23.
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Au bord du gouffre ... #gouffredepadirac #lot #lot46 #sousterre #cascade #everydayart #art #songes #madeinfrance #thibaultetvous (à Gouffre de Padirac) https://www.instagram.com/p/B4A1gTPKnzL/?igshid=sqmqf7x47zmz
/// Claustrophilia #06 BIS /// [France - 2K16] Full Visit available soon on URBEX MOOD. JOIN US IN DECAY !
/// Claustrophilia #06 /// [France - 2K16] /// IMPORTANT NOTICE: These quarries are open to the public. No thug-life bullshits here, THIS IS AN OFFICIAL VISIT. /// Nous quadrillons toujours la campagne du Maine et Loire en quête de ses joyaux engloutis, cette fois en direction du lieu-dit des Mousseaux situé sur la commune de Dénezé-sous-Doué. En termes de tourisme, l’ambiance de ce hameau est nettement plus aride qu’à Doué-la-Fontaine, mais ça ne l’empêche pas de dissimuler une cavité réputée unique en Occident. La ruelle est déserte, le gros des juilletistes s’agglutinant autours des plus prestigieux Châteaux de la Loire ou des exploitations viticoles de renom. Nous en ferons les frais un peu plus tard, nous le savons, mais pour l’heure nous profitons du calme quasi idyllique régnant à l’accueil de la Cave Aux Sculptures. Alors que nous réglons le droit de visite, je ne peux détourner mon regard de l’escalier abrupt s’enfonçant, à tout juste quelques mètres du comptoir, vers l’inconnu… mais chaque chose en son temps. En guise de préambule à la visite, nous sommes tout d’abord dirigés vers un bâtiment annexe, pour une projection d’une vingtaine de minutes ; Occasion de planter le décor d’un outre-monde loin d’avoir livré tous ses mystères. Enfouies à proximité d’une cure, ces caves furent [re]découvertes au XVIIIe siècle par un ecclésiastique qui, effrayé par les saynètes y hantant le tuffeau, ordonna sur le champ leur occultation. Presque par hasard, elles se révélèrent ensuite avec pertes et fracas à deux ethnologues de la région en 1956, avant d’être classées à l’Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques en 1969, puis de devenir propriété de la commune, laquelle les a depuis ouvertes au public. Ce réseau a effectivement de quoi déchaîner les passions les plus contradictoire puisqu’il renferme un statuaire composé de près de trois-cent figures lesquelles, dans un style naïf, tournent en dérision les institutions politico-religieuses d’époques révolues. Mais, si la cour royale & le clergé ont clairement inspiré l’œuvre satyrique se jouant ici-bas, elle n’en demeure pas moins truffée de zones d’ombre que les chercheurs s’affairent à éclaircir depuis les 70ies. Pour commencer, quel est le contexte historique, social et culturel exact de ces sculptures ? Naturellement, la recherche est avant tout menée au cœur du souterrain lui-même, par analyse des vêtements et accessoires perceptibles dans les scènes coutumières représentées, des rares dates gravées ça et là, des fours et du puits cachant probablement des détails caractéristiques, des graffitis d’époque… Mais, si certains éléments de l’ouvrage peuvent être datés, cela n’est pas nécessairement applicable aux sculptures elles-mêmes. En complément de ce travail méticuleux les archives ont naturellement été sollicitées, mais n’ont livré que trop peu d’indices. On y trouve plusieurs fois la mention « Cave des Mousseaux », mais cette donnée demeure trop vague au vu des nombreuses cavités ayant toujours existé sous le village ; Village qui, de surcroît, gît au cœur d’un ensemble troglodytique pour le moins gigantesque. La mention « cave sous le clos de vigne de la cure » s’avère en revanche plus intéressante car, citées à plusieurs époques avec leurs propriétaires ou habitants, elles limitent clairement le champ des recherches à une zone géographique donnée et une tranche temporelle s’échelonnant entre les XVIème & XVIIIème siècles. Petit à petit, l’enquête progresse, mais il subsiste un secret resté opaque au fil des décennies : Qui sont les auteurs de ces sculptures et quels étaient leurs desseins avérés ? Question d’autant plus hasardeuse que, durant les invasions & conflits, les sous-sols du Maine et Loire servaient régulièrement de refuges aux autochtones. A ce jour, n’existent que des hypothèses plus ou moins crédibles, dont aucune n’a pu être historiquement prouvée. Parmi les principales : - Albert Heron, coordinateur des fouilles en 1974 / 1975, évoque un temple païen où deux très anciens cultes étaient célébrés: Un culte de guérison et de fécondité autour du puits: certaines figurines représentent la progression du cycle de la vie, tandis que d’autres illustrent des infirmités et sans doute des activités de rebouteux. L’eau, contenant du souffre, pouvait alors avoir des vertus thérapeutiques… Un culte au dieu de la vigne et du vin : Etymologiquement, Dénézé-sous-Doué découle du toponyme gallo-romain « Dionisiacum », formé du nom d’origine grecque « Dionysos » et du suffixe « Acos », qui signifie littéralement « domaine de Dyonisos »… - En 1967, au vu des premières découvertes, Raymond Mauny [Professeur à la Sorbonne] va évoquer un ancien souterrain refuge du XIIème devenu carrière d’extraction au XVIème qui aurait ensuite été occupé soit par un Conventicule Hérétique à fins d’initiations, orgies et sacrifices infantiles… soit, plus raisonnablement, par un paysan-carrier Rabelaisien désireux d’exprimer ses fantaisies loin des vicissitudes fanatiques de la fin du Moyen-âge… - Selon Annie Brethon & Daniel List, qui furent conservateurs du site pendant vingt ans, l’interprétation des figures pourrait suggérer le travail d’une confrérie de tailleurs de pierres, soucieux d’immortaliser dans le calcaire les événements politiques de leur temps. Il s’agirait alors d’un témoignage non officiel d’art populaire, destiné à une poignée d’initiés durant le tumulte des guerres de religions, et resté dissimulé jusqu’à nos jours. La dévastation qu’a essuyée le bourg de Dénézé, alors en pleine expansion, entre 1567 & 1569 pourrait corroborer cette hypothèse de loge souterraine préservée grâce à la complicité collective, où une communauté originale de carriers & maçons devait pratiquer un rite initiatique secret, comme au sein de nombreuses confréries de métiers. - Dans des sphères plus festives, un certain nombre de chercheurs défendent la survivance de traditions héritées du carnaval et, plus particulièrement dans ces contrées, de ce que l’on appelait les Diableries de Doué ou « Jeuz de Doué ». Ceci expliquerait pourquoi on retrouve parmi les personnages sculptés un certain nombre de symboles carnavalesques d’antan : la procession, l’allaitement, le souffle, les plumes d’oiseau… Au début du XVIIème siècle, l’Eglise et la Monarchie – après avoir fait preuve un certain temps d’indulgence à l’égard de l’érotisme et de la paillardise – restaurent la Chambre Ardente et l’interdiction de représentation des Mystères. Les réinterprétations grotesques de la Passion, les spectateurs s’adonnant à des actes obscènes, les acteurs et musiciens déguisés en diables ne sont alors plus les bienvenus. Les « Jeuz de Doué » désormais interdits, il est concevables que l’ont ai continué à les célébrer dans des sphères plus clandestines et que l’on ait, à cette occasion sculpté les fresques des Mousseaux. - Mais la montée de l’obscurantisme ne s’est pas faite sans contestations, et ce au sein même du Clergé. C’est précisément le fer de lance d’une autre théorie qui place à l’origine de l’ouvrage l’art populaire lié à la vie paroissiale. Il ne faut pas oublier qu’en ce temps où était remise en question l’autorité de la religion catholique, bon nombre d’hommes d’églises furent également condamnés au bûcher pour pratiques et prises de positions jugées inappropriées… Il ne faut pas non plus négliger le fait que la mystérieuse cavité est située sous un presbytère… - À l’aube du XVIIIème siècle, les Francs-maçons ont crée une loge à Doué la Fontaine. Celle-ci se fit rapidement remarquer par son activité soutenue et l’ambiance de franche camaraderie animant ses rencontres. Des témoignages relatent qu’on y jouait de la musique et s’y exerçait à la comédie. Quelques uns de ses membres résidaient néanmoins à Dénézé et, aux yeux de certains chercheurs, il ne serait alors pas farfelu d’imaginer des réunions cérémoniales alternatives & sous-terraines du côté des Mousseaux. - Au cœur de la cavité, une date gravée en particulier suscite toutes les interrogations : 1740. Celle-ci nous projette peu de temps avant la Révolution Française, époque à laquelle les curés de paroisse se sont révoltés contre l’autorité religieuse. Ils devinrent les prêtres jureurs de l’époque révolutionnaire et si, contrairement à leurs homologues du XVIIème ils n’ont plus réputation de libertinage, ils ne manifestent pas moins une grande souplesse vis-à-vis de la gente féminine… - Au XIXème enfin, époque de grande restauration des lieux de cultes, il n’était pas rare que les apprentis tailleurs de pierres apprennent à reproduire gargouilles & autre créatures liturgiques dans les carrières d’extraction de pierres… et contrairement à ses voisines du Douessin riches en Falun, la commune de Dénézé est l’une des rares à recéler du tuffeau ; minéral tendre dans lequel il est aisé de tailler. Tout cela contribuait à instaurer un univers fantasmagoriques au sein duquel bon nombres de sociétés secrètes émergeantes aimaient se réunir. Parmi elles, notons « La Marianne », dont les rituels d’initiation inspirent certains gestes ici sculptés. Ces groupements occultes étaient étroitement surveillés par la police de l’époque, et certains rapports de cette dernière décrivent déjà étrangement le spectacle se jouant encore à ce jour sous les pieds des Denezéens… Peut-être qu’aucune de ces hypothèses n’est exacte et que la réalité est bien plus terre à terre… Peut-être qu’il y a une part de vrai dans le mysticisme de chacune d’entre elles… En attendant d’en déceler plus, nous vous laissons deviner laquelle séduit le plus notre psyché & forger votre propre opinion, mais sachez que le conservatoire du site est à l’écoute de toute contribution utile. Nous voilà finalement en bas des quelques dizaines de marches aperçues à notre arrivée. Surprise : le réseau n’a absolument rien à voir avec ce que je m’imaginais. J’envisageais un petit dédale tortueux… il n’en est rien. Toute la zone a été dégagée & aménagée afin de mettre en valeur la foultitude de statues taillées en ronde bosse. Des gradins permettent, sous forme d’amphithéâtre, d’appréhender le lieu dans son ensemble ; galvanisant au passage l’imaginaire le plus béotien. Les moins prudes peuvent approcher, sans entraves, les figurines afin d’en découvrir l’incroyable variété. C’est un parti prit très courageux & appréciable compte tenu de l’attitude du touriste lambda, mais surtout des outrages que le temps a déjà fait subir à bon nombre d’œuvres : Eaux de ruissellement et d’infiltration, remontées capillaires, phénomènes d’évaporation et de condensation / de dissolution et de cristallisation, pont thermique généré par le plafond chapé, alternance froid / chaud imputable aux saisons, et autres activités photosynthétiques… ont considérablement altéré la roche, au point de faire disparaître certains motifs. Ca et là d’antiques photographies en N&B sont d’ailleurs apposées pour permettre au visiteur d’entretenir quelques repères physiques concrets. Si cette excavation a d’ores et déjà été réhabilitée / viabilisée de fort belle manière, le patrimoine aussi énigmatique que fascinant qu’elle renferme n’en demeure pas moins très fragile, et il n’y faut guère plus que quelques secondes d’errance pour en prendre pleinement conscience. L’œil se perd dans les méandres de fresques sublimes et barbares où des rictus odieux côtoient des faciès séraphiques, où les oripeaux de costumes somptueux tranchent avec la grossièreté d’une nudité primale, où des hordes de créatures malingres et faméliques grouillent dans l’ombre de titans plus harmonieux et sculpturaux, où l’iconographie religieuse se désagrège inexorablement en idoles renégates… D’une telle contemplation, il est difficile de ne pas ressortir avec un sentiment privilégié, tant elle relève à la fois de l’inédit et de l’atavique ; un peu comme si l’on avait assisté à l’avant première du « Häxan » de Benjamin Christensen en 1922, ou comme si l’on avait l’occasion de feuilleter des planches jamais parues de Philippe Druillet. De retour à la surface, l’esprit aventureux pourrait aisément ressentir l’émotion quasi nostalgique d’un choc consommé qui ne pourra plus vraiment connaître d’équivalent… du moins s’il n’avait pas repéré, s’enfonçant loin au-delà des parapets & éclairages artificiels, des galeries où bien des mystères restent encore à exhumer. A nouveau, un site incontournable du Maine et Loire, que nous ne pouvons que vous recommander. Le prix d’entrée est absolument dérisoire et l’accueil est plus que chaleureux. INFOS : https://www.facebook.com/lacaveauxsculptures Full Visit available soon on URBEX MOOD. JOIN US IN DECAY !
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