ALANGOO - Handcrafted Persian Paisley Statement Ring
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ALANGOO - Handcrafted Persian Paisley Statement Ring
#handmade #handcrafted #persian #ring #jewelry #paisley #pattern #spring #gifts #silver
Il y a des jours comme ça où le soleil brille sur les arbres fournis, où ça sent l’été partout, et pourtant à l’intérieur il pleut des cordes, des cordes auxquelles on aimerait se rattraper pour monter tout là haut, au dessus des nuages, de la troposphère, la tropopause, on aimerait monter et arrêter l’avenir qui n’en finit plus de se rapprocher, que c’est fatiguant de ne pas penser au lendemain, comme j’aimerais me contenter de tes mains sur mon corps toute la vie.
Marion Fayolle for Cotélac
On peut mesurer à quel point l’album de Beyoncé est bien à l’état dans lequel il me met. Ces histoires d’infidélité, d’anxiété, d’apathie, d’amour, qu’elles soient fictives, qu’elles soient une opération marketing ou pas, elles me tapent au fond du coeur.
C’est loin d’être justifié mais les émotions résonnent, tant et si bien qu’elles s’amplifient dans ma poitrine, que je finis par y croire, que toi aussi peut être, hier soir, demain, un jour, tu partiras, tu t’éloigneras. Je me dis qu’avoir le coeur brisé de façon fictive m’empêchera de me briser le jour J. Comme quand j’étais petite et que j’imaginais inlassablement la mort de mes parents afin de savoir comment réagir quand ça arriverait.
Ce n’est pas en quelques mois qu’on brise tant de certitudes, non ?
Ashes to ashes. Dust to side chicks.
Le monde à gravir à tes côtés.
Quand on lit un récit de voyage, tout le devient. Prendre le métro aérien de Barbès à Stalingrad, c’est comme aller du Bronx à Manhattan ; suivre une péniche qui descend lentement le cours du canal de l’Ourcq, c’est observer le cours de la Néra qui serpente jusqu’à Saint Pétersbourg. Et puis arriver à la Géode, c’est se retrouver au bord d’une lune futuriste, c’est enfiler sa tenue de cosmonaute pour s’allonger dans l’herbe et lire de nouvelles pages. La pelouse de la Villette pousse bizarrement sur du sable blanc, comme si une plage exotique était venue se perdre par ici. A chaque fois que la balle de football heurte le sol, un petit nuage de grains de sable se soulève, comme si un prestidigitateur venait de faire disparaître une colombe. Comme si un génie malicieux se glissait entre les jambes des sportifs occasionnels et serpentait entre les amoureux enlacés, les enfants occupés à refaire le monde, et moi, seule, les yeux entre les lignes et entre les rayons de soleil.
Je lis L’Usage du Monde, de Nicolas Bouvier. Contrairement à son titre, ce bouquin est tout sauf utilitariste. Il donne les clés du laisser aller. Des jours tranquilles et des Balkans d’après-guerre. J’ai un projet, de lever le pouce cet été jusqu’à ces pays, jusque Belgrade qui paraît si contradictoire, et ce livre me donne envie de courir jusqu’à cet été. Courir pas trop vite, en prenant mon temps, mes temps de pause, en humant l’air et les nuages de sable blanc.
Je passe quelques jours à Paris et je connais très mal cette ville. On s’y trouve à la fois plus près du monde et plus près de la peur. On se sent un peu au milieu de l’univers, les gens dans les cafés parlent des langues insoupçonnées, on se sent important, dans la rue des gens te demandent ce que tu penses de la déforestation au Mali mais toi qu’est-ce que t’en sais, t’as juste voulu marcher au bord du canal pour ne pas penser au monde qui explose et qui s’entre-tue de toute part, et pourtant le monde te rattrape, il court plus vite. J’ai traversé un pont et je suis passée devant une école juive. Ils étaient six, l’air à la fois ennuyé et préoccupé, le doigt sur la gâchette, prêts à agir, prêts à œuvrer pour leur pays, leur pays qui s’enfonce dans la psychose, qui est tellement empli d’empathie pour le monde que cela en devient presque de l’indifférence.
Ce que j’aime à Paris c’est que quand on explique que les gens font tous la gueule et marchent trop vite, les Parisiens se marrent, ralentissent, et admettent que c’est vrai.
Ce que j’aime à Paris surtout c’est toi et me battre dans la rue avec toi et rire pendant des kilomètres et mettre des guirlandes partout autour du lit qu’on ne quittera jamais et ce que j’aime à Paris c’est la perspective de quitter cette ville avec toi.