Stimultania. Strasbourg, octobre 1996.
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Stimultania. Strasbourg, octobre 1996.
Life, again. #strasbourg #tns #stimultania #alsace #photography #art
Mise en scène de la virtualité, réalités, douleurs et bonheur, se souvenir, se préparer.
Le plus étrange dans l’acte de se souvenir n’est pas le flou ou l’imprécision factuelle mais l’interaction entre éléments sensoriels et affectifs. La mémoire ne semble pas fonctionner comme les pages d’un catalogue. Elle serait beaucoup plus un lieu flottant dans lequel se retrouvent pêle-mêle des odeurs, des regards, des sons et des situations. Ce tout va resurgir par bout, par bribe, au gré d’événements, au présent, mais aussi dans le maelström des rêves, cette autre réalité virtuelle. Tout laisse des traces, au moins dans trois lieux inséparables : le cerveau, le corps et le cœur. Chacun de ces lieux sera tour à tour dominant dans un moment donné, souvent à répétition, mais la vie, sa vie, en fera ce tout qui fabriquera un sens. Le sens de la vie, ce bouleversement perpétuel et insensé. Rien n’est figé et pourtant la permanence de situations (là encore faites de sons, de visages, d’odeurs, de goûts) fait qu’il se fixe quelque chose en nous. Étrangeté des contraires, de ce qui est, de ce qui a été, de ce qui bientôt ne sera plus et l’usine à souvenirs se met en route. Une photographie qui ne sera pas un événement arrêté mais une partie d’événements eux-mêmes mouvants et elliptiques.
Précisément (!/?), avec les œuvres de Ken Matsubara montrées à La Chambre sous le titre Hou-Chou, Bird releasing, nous nous trouvons dans ce territoire du mouvement mémoriel où tant de petites choses (in)-signifiantes jalonnent des chemins croisés, des voies (in)-sensibles par lesquels il semble que chacun d’entre nous passe à un moment ou un autre. Selon le principe, la répétition fixe la notion, l’artiste japonais nous met dans cette belle contradiction de l’oubli impossible mais plus encore d’une mémoire elle-même sujette à projection. De simples items dans leur particularité, nous arrivons avec lui à imaginer, et donc à retrouver, des sons ou des objets parties prenantes de ce qu’ils font de nous. Soit des réceptacles à mémoire. Nous sommes ces endroits où vient se réfugier ce qui nous (a) construits. La force de Ken Matsubara est de ne pas forcer les choses, il donne de la force à rien. Sachant que ces riens sont constitutifs de ce que nous sommes.
Se peut-il que le/les souvenirs soient en réalité une interprétation qui ne peut prendre forme que dans une mise en scène à venir ? Et si cette construction était elle-même plus forte que le sujet pour devenir une nouvelle réalité ? C’est ce que fait Estelle Lagarde chez Radial Art Contemporain en fabriquant cette réalité en relief, mise en scène des souvenirs et installations d’objets interprétatifs. La photographe crée les conditions de l’écho tel celui du rêve. Nous voyageons avec elle entre réminiscences et architecture du virtuel. Ici l’humour aussi sait prendre sa place dans cette formalisation pour nous dire que le relatif est bel et bien un élément indispensable du bonheur.
Le bonheur (tiens donc !) fait aussi l’objet du passé dans une tentative de le sauver de l’oubli comme si celui-ci ne pouvait se satisfaire du présent. Ce bonheur vécu est-il déjà de l’ordre du temps d’hier, d’avant, une nostalgie intrinsèque ? Le travail de mémoire de Pascal Bastien à Stimultania est une entreprise gigantesque. Il s’agirait presque d’un jeu de piste, d’un arbre généalogique du temps où chaque branchage renvoie à un vécu impossible à réinventer, ou chaque sentier est une expérience en soi qui a mené vers ce qui ne sera plus. Un bonheur en multitude, une montagne de souvenirs, un foisonnement de vie.
Puis vient le temps de ce que la vie laisse sur son passage. Surtout avec l’absence du corps, de l’âme (ce sourire du Vivant), pour ne laisser qu’une douleur. Les stigmates, ces traces indélébiles qui se logent dans les souvenirs, et dont les preuves tangibles se retrouvent en soi et sur soi. Un objet aussi. Le collectionneur Marcel Burg nous montre une sélection de ses œuvres sur ce thème, chez In Extremis, sous ce titre de « Stigmates » en évitant le pathos et, même, en nous donnant une leçon d’humilité et de bonheur. Cet ensemble donne à réfléchir. Déchirures physiques, la chair, la pierre, le concret et l’immatériel se rejoignent dans un même élan. Il s’agirait d’un cri, silencieux, ou bien d’un rire, si discret, d’un sourire encore, si présent. Destructions, fissures, calmes douleurs, présences humaines, le furtif et le palpable. Et de se dire que l’art, dans le sens du sensible, n’est rien d’autre qu’un acte de résistance, au temps, à la douleur, et au vide. Il crée un bonheur autre, maintenant et pour demain. Il ne faut pas l’oublier.
Artistes présentés par Marcel Burg : Marion de Azambuja, Franck Delorieux, Marie Docher, Diane Ducruet, Marc Ferrante, Julie Fischer, Valérie Graftieaux, Bernhard Hosa, Eduard Iabanez, Laurent Millet, Juliette Mogenet, Fernand Petitdemange, Sophie Ristelhueber, François Sagnes, Françoise Saur, Nathalie Savey, Ivonne Thein, Patrick Tosani.
Prendre corps ou la nécessaire matérialité de la poésie. Un parcours photographique et artistique dans Strasbourg au mois de mai (1ère partie).
Il y a des rencontres qui se font d'elles-mêmes au gré d'une programmation multiple et joliment dispersée et en mai il nous plaisait de faire ce que nous voulions grâce à ces nombreux événements culturels à Strasbourg (lire la suite dans nos actualités photographiques et artistiques ou bien lire l’article complet ici).
Le visage et le vécu
Nous disions dans un de nos articles ("Visages de la réalité et interprétations du regard") que peindre ou photographier l’autre, son visage, faire son portrait, n’était pas un acte anodin. Il y a un effet "miroir" dans cette démarche, le photographe (ou le peintre) regarde son modèle, mais ce dernier aussi regarde l’artiste. Extraire la quintessence de ces visages peut prendre plusieurs formes, esthétiques et intellectuelles, jusqu’à, dans certains cas, déformer le sujet pour créer un nouvel art. Il y a aussi cette manière de ne prendre que ce que montre un visage, dans sa nature immédiate, et le photographe, particulièrement lui, s’attachera à lire ces traits, à lire dans les yeux, à lire dans les rides et les commissures (lire la suite dans nos actualités photographiques et artistiques ou bien lire l’article complet ici)
La vie photographiée, voyages au plus près, au plus loin.
Raconter la vie, sa vie et celle des autres, reste un exercice incontournable pour le photographe, dans une démarche sensible où il faut joindre un contenu narratif à une certaine beauté. Nous avons vu et découvert les travaux de deux photographes strasbourgeois, Pascal Bastien et Christophe Bourgeois, qui réussissent cette jonction avec tact et intelligence (lire la suite dans nos actualités photographiques et artistiques ou bien lire l’article complet ici)
Papaye, Stimultania
Jeudi Gourmand - 3e couche
Retour en images sur la troisième couche des jeudis gourmands de la galerie Stimultania. Notre collaboration avec Bendorf ainsi qu'avec l'épicier Grand Cru s'est très bien déroulé.
Merci à Monsieur Cantin pour les images !