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L'École du style
I : Ce qui importe le plus c'est la vie : le style doit vivre.
II : Le style doit être approprié à ta personne, en fonction d'une personne déterminée à qui tu cherches à communiquer ta pensée (loi de la double relation).
III : Avant de prendre la plume, il faut savoir exactement comment on exprimerait de vive voix ce que l'on a à dire. Écrire ne doit être qu'une imitation.
IV : L'écrivain est loin de posséder tous les moyens de l'orateur. Il doit donc s'inspirer d'une forme de discours très expressive. Son reflet écrit semblera de toute façon beaucoup plus terne que son modèle.
V : La richesse de vie se traduit par la richesse des gestes. Il faut apprendre à tout considérer comme un geste : la longueur et la césure des phrases, la ponctuation, les respirations ; enfin le choix des mots et la succession des arguments.
VI : Gare à la période ! Seuls y ont droit ceux qui ont un souffle très long en parlant. Chez la plupart, la période n'est qu'une affectation.
VII : Le style doit montrer que l'on croit en ses pensées, pas seulement qu'on les pense, mais qu'on les sent.
VIII : Plus est abstraite la vérité que l'on veut enseigner et plus il importe de faire converger vers elle tous les sens du lecteur.
IX : Le tact du bon prosateur, dans le choix de ses moyens, consiste à s'approcher de la poésie jusqu'à la frôler, mais sans jamais franchir la limite qui l'en sépare.
X : Il n'est ni sage ni habile de priver le lecteur de ses réfutations les plus faciles ; il est très sage et très habile, en revanche, de lui laisser le soin de formuler par lui-même le dernier mot de notre sagesse.
— Aphorismes de Nietzsche, cité par Lou Andreas Salomé, in : Frédéric Nietzsche, trad. Jacques Benoist-Méchin, Bernard Grasset, 1932.
✊ le pouvoir arrête le pouvoir ✊ merci beaucoup mon vieux pour la séance 🙏 #coeurtamtam #tmdoxydo #atelierecriture #stylistique #punchline #logique #gomaslam_session (à Goma, Congo) https://www.instagram.com/p/CjbLEkdIS6S/?igshid=NGJjMDIxMWI=
Article de Grégory Chatonsky sur l’art post-internet.
Zeugmes #2
Le roman en Zeugmes des aventures de J. Desman : Ils sautèrent le dessert et sur l'occasion pour filer. Il était déjà fatigué et près de minuit. J. Desman régla l'addition et les derniers détails de l'opération. Il remonta sa montre et l'escalier, avec Nina et élégance. Il gagna sa chambre et l'estime de Nina, qui apprécia qu'il ne lui fasse pas d'avances. Il corrigea un voyou surpris en plein larcin, et une faute sur le panneau du règlement de l'hôtel. Il ouvrit la porte et son cœur à Nina. Elle prit une coupe de champagne et son temps pour lui ouvrir le sien. Il comptait parler plus tard et les billets de la rançon. Il avait déjà ouvert un compte pour Nina et le front d'un groom trop curieux. Il fit chaud cette nuit-là. Il découvrit ses jambes et la valise vidée de ses billets. Lui qui aimait pourtant soigner sa tenue et son français, dévala l'escalier en jurant et en caleçon. Paniqué, il courut au lieu de rendez-vous et à sa perte. Il remonta la rue et sa montre. Tombée sans parachute au même moment, Nina trouva que le fil de l'histoire et sa robe devenaient franchement décousus. J. Desman la trouva par hasard et fort jolie avec sa robe en lambeaux. Il remarqua une empreinte de pas et de la semaine dernière (au moins), mais ne dit mot. Entrés vivement dans le premier bar, il commanda une bière, sans faux-col ni hésiter. Elle prit un café sans sucre et sans envie. Il voulait placer une blague à tout prix et à deux balles. Demain, ils embarquent. Il vaut parfois mieux battre en retraite que du pied. Il sera alors sur le pont, la pointe des pieds, ses gardes, et de lui. La porte de la commanderie ouvrait sur un passage secret et de nouvelles perspectives. Sur un bateau non plus il ne faut pas boire au volant et à la bouteille. Il l'avait lu dans le manuel complet du navigateur, en anglais et une fois. Jean rencontra sur le pont et l'entrefait ses deux amies ; elles s'appelaient Élodie et Virgo, et par leur prénom.(à suivre)
Trouvé sur internet.
Zeugmes #1
Demain, temps pluvieux et plus froid (zeugme phonétique, une rareté)
Pris sous le feu de l'ennemi et de panique, le soldat a fini par passer le pont et l'arme à gauche.
La jeune fille buvait sa bière gueuze et mes paroles enjoleuses.
Je me suis rendu à cette convocation en costume cravate et très en colère.
J'ai frôlé le haut de sa cuisse et la correctionnelle !
Nicolas Sarkozy reçu par le Président en personne et en tête à tête.(France-Inter, 3 avril 2006, 18h12) Mais aussi en avance, en costume trois-pièces, et en vitesse.
Hier, pour la première fois, Théotim a mangé à table par ses propres moyens avec nous et ses doigts.
Cette pauvre fille sentait la misère ainsi que des pieds.
Il a pris 3 balles: une à la fesse gauche, une a Solférino, et une à l'improviste.
"Grâce au service par téléphone, je suis connectée sans fil et sans souci" (publicité de Dell)
"... Les grands pots rouges des deux cotés du perron, transformés en Indiens sauvages par la nuit qui venait et les incertitudes de l'orthographe."(Boris Vian, L'Herbe Rouge)
Le matin il s'est payé une Ferrari et un platane un peu plus tard dans l'après-midi
"Après avoir sauté sa belle-sœur et le repas du midi, le Petit Prince reprit enfin ses esprits et une banane" (Saint-Exupéry, Ca creuse Pierre Desproges )
Alors elle va s' manger une pizza, Au jambon et au centre commercial Renaud Séchan - le retour de la Pépette
Mais c'n'est pas fini , On va continuer, A voler dans les airs, Et les supermarchés. (Têtes Raides : Ginette)
J'ai pris un stylo et mes jambes à mon cou.
Aujourd'hui j'ai engagé la rédaction de mes mémoires et une secrétaire.
Je me suis entamé le majeur et un coulommiers.
"Robert avait toujours exigé sa ration de sucre dans le café et de politesse dans la conversation", (H. Bazin).
Il était vêtu de probité candide et de lin blanc" (Hugo)
"Sous le pont Mirabeau coule la Seine Et nos amours" (Apollinaire)
"Il battit ses serviteurs, ses servantes, ses tapis, quelques fers encore chauds, la campagne, monnaie et, en fin de compte, ses flancs." (Queneau)
Je me disais à moi-même et à demi-mots que je n'avais rien à dire.
Il prit sa voiture et le temps de dire au revoir avant de partir.
Hier, j'ai trouvé "Le Flâneur des deux rives" dans le bac à solde de la librairie Gallimard et dans l'édition de 1975.
Hier j'ai regardé un film avec Morgan Freeman et mon fiston. Morgan Freeman dans l'rôle du flic et mon fiston dans l'canapé...
Voilà, c’est tout pour l’instant, mais il y en aura d’autres.
La croisade littéraire
Je voudrais trois semaines de vacances.
Une première pour me reposer avant la seconde.
Une seconde pour ré-ré-réessayer de lire la croisade des enfants de Florina Ilis. (un jour j’y arriverai, même si je dois attendre la retraite)
Une troisième pour... laisser libre cours à ma nature contemplative, (tu peux traduire par croûter si tu veux) et développer mes compétences en terme d’insouciance. (le laisser-aller ? Connais pas !)
Bon, j’ai une semaine de vacances, pendant laquelle je dois.... bosser !!
En stylistique, c’est quoi ça ? Une antithèse ou un oxymore ? Rien du tout ? J’ai trop pas de style en fait ? Pffff, j’vais m’horizontaliser. Avec un bouquin. Ouais, j’vais faire une grosse siestasse. Ta gueule.
Zeugma.
“Ça se passe dans ma tête et de commentaires “
Sylvie Testud. le ciel t’aidera
Le zeugme, c’est de loin la figure de style que je préfère. Ce n’est peut-être pas la plus belle, mais à mon sens, c’est la plus subtile. Le zeugme, quand tu en découvres un dans les pages d’un bouquin, il te laisse croire que l’auteur vient de faire une private joke juste pour toi. Certes, j’ai lu tout Boris Vian quand j’étais petite, du coup....bim, élevée à coups de zeugmes.
Sylvie Testud, c’est mon actrice-réalisatrice-autrice préférée que j’aime, très fort et très beaucoup, et là, steuplé, t’oublie que je suis censée enseigner le français, et que je voudrais lui faire des déclarations d’amour si je savais écrire, et que je voudrais l’épouser si elle était pas mariée, et si j’étais pas contre le mariage, pour moi, pas pour tous.
T’imagine l’émotion quand je trouve un zeugme dans un bouquin de Sylvie Testud ?