“C’est dommage...”
Nous sommes trois illustrateurs•trices engagé•es dans un contrat d’illustration d’affiches pour une institution culturelle. Tout se passait bien jusqu’au jour où notre unique contact tombe malade. Tout d’un coup, on ne comprend pas bien pourquoi, mais il est question de mettre fin au contrat : pour des questions de planning de la structure et alors même que le travail est déjà bien entrepris. Pire encore, on propose de nous dédommager à hauteur de 450 € alors que le travail effectué jusqu’à présent vaut pour 1500 €. Coup de fil désagréable avec la chargée de projet, notre nouvelle interlocutrice. Elle ne lâche rien, trouve que notre travail ne vaut pas le prix que l’on demande, finit même par nous lancer un « c’est dommage, nous aurions pu retravailler ensemble l’année prochaine… ».
Non merci. Dépité•e•s, même déprimé•e•s, de nous sentir à tel point pris pour des idiot•e•s, nous mettons fin à la discussion. Nous lui annonçons que nous reviendrons vers elle prochainement. Le temps pour nous de contacter des professionnels du droit. Notre demande est plus que correcte à la vue du travail fourni, la structure est entièrement en tort. Nous sommes rassurés, bien qu’encore dégoûtés que des clients puissent se permettre de telles remises en question de notre travail (et de la loi).
Nous décidons d’envoyer une lettre de mise en demeure mais, avant même que cela soit fait, la chargée de projet nous recontacte par mail pour nous demander où nous en sommes. Nous lui indiquons simplement, sans même penser cela comme une manœuvre de pression, notre entrevue avec des professionnels du droit qui valident la somme demandée, correspondant au termes du contrat, et nous lui rappelons par ailleurs que nous passons l’éponge sur d’éventuels dédommagements liés à la rupture du contrat. Soudainement, nos conditions sont acceptées, le comptable prend contact avec nous, s’excuse même (!) et nous indique que le paiement sera effectué dans le mois. Et c’est effectivement ce qui arrive !
Comme quoi parfois, il suffit de montrer aux clients que nous ne sommes pas né•e•s de la dernière pluie.













