GRAND REPORTAGE - Il y a deux cents ans, les Grecs du Péloponnèse se soulevèrent contre les Turcs qui occupaient leur pays depuis la chute de Constantinople. Le poète anglais Lord Byron participa à la révolte et y trouva la mort. À l’heure où le président Erdogan renoue avec les fantasmes...
“Les païens venaient pour Athéna. Les croyants pour Jésus. Les ultras pour la croix. Les libéraux pour la liberté. Les progressistes pour le peuple. Les érudits pour les statues. Les briscards pour la bagarre. Les jeunes pour la jeunesse. Les mystiques pour la civilisation. Chacun affublait les guérilleros grecs - armatoles et klephtes - de son propre plumet. Les motifs variaient, l’adversaire ne variait pas. L’ennemi était le point de convergence de cette armée baroque et fatigante. Ainsi de toute union sacrée. Elle concilie les contraires tant que l’ennemi fait le ciment. Et Missolonghi devint la grandiose kermesse des convictions, permettant l’amalgame (ce mot superbe) de toutes les nuances du génie européen.”
Sylvain Tesson









