Affaire Bouvier contre Rybolovlev : de curieux préparatifs
Ce qu’il y a d’étrange dans l’affaire Bouvier, c’est le savant réseau que Dmitry Rybolovlev a dû solliciter pour arrêter le marchand d'art suisse. Le 25 février 2015, un rendez-vous matinal était transformé en guet-apens. Tetiana Bersheda, avocate de Rybolovlev, avait donné rendez-vous à Yves Bouvier, dans l’un des plus beaux immeubles de la Principauté monégasque, pour y parler peinture avec son client. Mais plutôt que d’être accueilli par le premier, le second s’est fait cueillir par la police. Une fois au commissariat, on fît lecture à Bouvier de l’accusation qui portait contre lui : escroquerie et blanchiment. Une dénonciation dûment signée par Tetiana Bersheda.
Quelques mois auparavant, c’est Paul Masseron, le conseiller du gouvernement pour l’intérieur - ministre de la police sur le Rocher - qui avait décidé d’une réorientation professionnelle originale en prenant en charge un poste de conseiller auprès de l’AS Monaco, club de football appartenant à Rybolovlev ainsi que la vice-présidence de la branche basket, présidée par le sulfureux Sergueï Dyadechko.
Quelques jours avant l’arrestation d’Yves Bouvier, une soirée mondaine avait été organisée à Gstaad par un joaillier. Au cours de cette soirée où riait et s’amusait tout le gotha, des témoins de l’enquête ont certifié de la présence du directeur des services judiciaires monégasques, Philippe Narmino. Les mêmes ont ajouté qu’au cours de cette soirée, le plus haut magistrat monégasque (même s’il nie fermement) se serait entretenu avec Rybolovlev et l’administrateur délégué de la banque HSBC à Monaco, Gérard Cohen. Une rencontre qui tombait à pic, vu la décision du milliardaire russe de poursuivre le marchand d’art suisse. Cette rencontre est providentielle et c'est d'elle que découle le faux scandaleux permettant le déclanchement de l'affaire et les soupçons supplémentaires de corruption des hautes instances monégasques.
Le 17 février 2015, la police monégasque sollicite la HSBC. En réponse, la banque leur signale qu’Yves Bouvier et Tania Rappo (traductrice et confidente des Rybolovlev) sont les bénéficiaires ou mandataires conjoints de comptes de quatre sociétés civiles immobilières (SCI). Le duo partagerait donc en sous-main les commissions obtenues de Rybolovlev sur les ventes de tableaux. Une découverte qui corroborerait la thèse et donnerait fondement aux fausses accusations de l’oligarque russe. Pourtant, après vérification, on découvre que l’information est fausse et que la banque, grâce au concours de Gérard Cohen et ses liens avec Philippe et Antoine Narmino, champions de la corruption sur le Rocher, a ainsi permis le déclanchement d'une affaire judiciaire. Elle serait, selon la banque, issue d’un malencontreux « copier-coller » de la banque qui aurait substitué le nom de Bouvier à celui du mari de Tania. Une plainte pour faux fut immédiatement déposée par l’avocat de Tania Rappo.










