Taghia 2016
Je pars pour Taghia après 2 mois dans la capitale tumultueuse française. C'est la première fois que je m'envole seul pour un pays que je ne connais pas. Une petite hausse de peur me prend rien qu'en n'y pensant.
Me voilà donc arrivé à Fez, tout se passe bien. L'experience fait bien les choses, je me débrouille on ne peut mieux. Les marocains sont très accueillant. Au bout de 2 jours, j'arrive à Zahouiat Ahansal; sur la route je rencontre deux marocains qui se dirige vers Taghia. Nous découvrirons ensemble ces falaises oranges écarlates s'élançant vers le ciel azur. Taghia n'est pas une ville facile d'accès, il nous faudra 2h de marche pour aller à sa rencontre. Je rejoins la belle Mimi, et l'aventureux Thibaut Cheval chez Jamal, notre hôte. Un gite, tout ce qui a de plus rustique: c'est ce qu'il me fallait. Les falaises sont à vous couper le souffle, elles imposent le respect.
Le lendemain nous partons repérer d'éventuelles highlines. Nous abordons un canyon qui monte, qui monte. Ca nous fera une caisse certaine. La marche se transforme souvent en escalade facile, il ne faut pas tomber. Thibaut part de son côté avec Clément tandis que Mimi et moi partons pour le cirque de Tadrarate. Les paysages sont désertiques, une forêt de rocher ponctuée de genevriers millénaires rythme notre marche essouflante. Deux heures plus tard nous passons le col sous le vent et la pluie.
S'offre alors à nous, une plaine sans fin et si loin de notre monde mécanisé. En contre bas une cassure divulgue 600 mètres de vide direct. La redescente fut quelque peu scabreuse, les chemins bèrbères ne sont tracés que par l'absence de pierres et la présence très clairsemée de kerns.
Heureux sont les Hommes, soignés tels des rois par Fatima et ses nombreux tajines. De sa main habile elle délivre, chaque soir, le couvercle pour faire apparaitre des plats savoureux et suculants. On y plonge les doigts rarement jusqu'au fond.
Plus tard, Nastro, Manouche et Boris nous rejoindront ainsi que l'inespéré Nicolas Margaron. On va pouvoir commencer à organiser les hostilités. Une petite ouverture de 40 mètres nous introduira bien ce voyage. 3 heures de marche à se perdre dans les éboulis, quelques pas d'escalade et nous voilà au sommet. La ligne prend place au sommet d'une falaise dans une cassure creusée par les méandres d'une cascade asséchée. Un lieu idyllique qui nous offre, je pense la plus belle vue sur le village en contrebas avec en fond, le départ des 3 pronfonds canyons.
photo:ThibautCheval
La mission suivante va s'avérer plus ambitieuse. La princesse Mimi rêve d'une ligne de 300 mètres des plus somptueuses. Pour celà il va falloir gravir les deux faces d'un des caynons pour permettre au ficellou de les relier. Deux petites cordées face aux murs démeusurés s'appraitent à démarrer l'ascension. Tandis qu'une équipe de 4 personnes gravisse par des chemins moins valonnés le même dénivelé afin de mener le materiel au pied du futur nouveau né.
Une entreprise, d'un peu plus de deux jours pour qu'enfin un pied puisse éfleurer voir même traverser cette ligne fendant ce paysage bèrbère. Quel moment enchanteur que de voir une personne tutoyant le néant avec autant d'aisance et de laisser aller. Cette rêverie je la viverais également, un dépucellage où il faut se forcer quelque peu. A ma grande surprise c'est si facile de dérouler ses pas, mon cerveau s'évade et je tombe rattrappé par la peur.
S'ensuit une ouverture de ligne avec moins de marche d'approche, pour nos journées “off”. Notre dévolu se jette sur une distance de 105 mètres à même pas 400 mètres du gite. 105 mètres de nylon c'est parfait pour moi, un record personnel si je la traverse. J'y ai passé beaucoup de temps, pour que un jour, finalement, je la traverse, non sans difficulté.
Durant ce séjour, j'ai pu également grimper quelques grandes voies avec l'aide des « habitués du Verdon ». La découverte de la grande voie devient pour moi un vrai plaisir, une randonnée verticale. Une succession de mouvement offert par la nature et les ouvreurs. J’entends encore les aficionados revenir de leur odyssée comptant les moments intense de peur ou de joie. J'ai des étoiles dans les yeux. Ces noms de voies résonne toujours dans ma tête : Les rivières pourpres, l'axe du mal, rouge berbère... Un jour peut être. Inch'Allah.











