« Notre maison est à Castérino et nous avons toute notre vie ici. Au quotidien, nous avons l’électricité, l’eau et le chauffage. De plus, nous avons les stocks de nourriture de l’hôtel et je fais moi-même mon pain. J’ai récupéré tout le bois nécessaire pour se chauffer cet hiver. Nous avons tout ce qu’il nous faut », confie André Boulanger.
Et d’apporter une petite nuance. « Les produits frais vont peut-être nous manquer un peu. »Pour André et Nathalie, c’est aussi l’occasion de vivre au ralenti alors que l’actualité Covid-19 paralyse le monde entier. « Pas de risque de contamination, nous serons très préservés et dans notre bulle. »
Juste après le passage de la tempête Alex, les habitants ont tenu bon grâce à la solidarité. André Boulanger, responsable de l’hôtel-restaurant Les Mélèzes, a même contribué à l’évacuation des habitants. Il a réparé un ancien tractopelle dont il s’est servi pour faire des pistes praticables du côté italien. Il s’agit, notamment, de la route des crêtes qui part de Castérino et redescend sur les Trois Amis (la route des Forts).
« Il y avait des vaches, des moutons et des éleveurs qu’il fallait absolument évacuer. Cela a permis aux habitants de partir en voiture avant d’être bloqués par les premières neiges », raconte André Boulanger. L’évacuation a également été possible grâce à d’autres bénévoles de la vallée qui se sont mobilisés pour dégager des pistes menant à Limone et à Tende. « Ils les ont parfois même réparés, comme c’est le cas d’un groupe qui a construit un pont en bois entre Ourne et Peïrafique, rebouchant ainsi un trou béant dû à un éboulement », témoigne Lisa, la belle-fille d’André Boulanger.