Comment suivre les révoltes en Égypte?
Crédit photo: capture d’écran du site Twazzup.com
Les manifestations continuent en Égypte et il est de plus en plus difficile de transmettre des informations. Déjà fortement censuré la semaine dernière, le réseau Internet égyptien a été totalement coupé, lundi. Mais les Égyptiens trouvent quand même le moyen de transmettre des informations grâce à des astuces de connexion. Alors, comment faire pour rester informé sur la situation en Égypte?
Le moyen d’information “classique” reste les médias. “Je vais voir l’appli du Monde sur mon téléphone”, raconte Charly, banquier. Pour Alexis, ingénieur: “Les sites du Monde et du Figaro, ma presse habituelle en gros”. “Le Monde.fr et la Nacion.com.ar”, ajoute Marine, étudiante en Argentine.
Les médias en ligne proposent la plupart du temps des compte-rendus des événements ainsi que des analyses et interviews de spécialistes. Plusieurs médias ont tenté d’offrir une couverture originale des événements. Le Monde.fr a par exemple mis en place depuis plusieurs jours un live où les mobilisations sont relatées en direct. Modéré par les journalistes de la rédaction, les lecteurs ont la possibilité de participer en posant des questions. Une initiative reprise par France 24, qui propose également un live, tout comme 20minutes.fr ou Europe 1. Côté télévision, les images les plus impressionnantes sont à voir sur Al-Jazeera en anglais qui a remis en place un nouveau live-stream dès ce mardi. Certains journalistes comme Nicholas D. Kristof du New York Times, ont même pris le parti d’informer des événements, directement sur leur page Facebook.
Les analyses et compte-rendus des médias ne sont pas les seuls modes d’informations disponibles. Différentes solutions s’offrent à l’internaute français qui a lui la chance de pouvoir surfer sur Internet.
Pour avoir un point de vue complet en un seul coup d’oeil, l’internaute peut se rendre sur Twazzup. Ce site mis à jour en temps réel, fonctionne par hashtag et permet de rendre compte de toutes les informations qui ont été publiées sur un thème donné, que ce soient des tweets, des photos ou même des liens.
Comme pour la Tunisie, de nombreuses personnes ont relayé le déroulé des événements sur Twitter. La plupart des tweets relatifs à l’Égypte sont visibles sous les hashtags #feb1, #jan25, #egypt et #moubarak. À noter que les informations circulent très vite et que les tweets sont pour la plupart rédigés en anglais ou en arabe.
Certains comptes Twitter se sont spécialisés dans la diffusion d’informations sur l’Égypte. Parmi les plus actifs, citons @alaa, @SherineT, @nolanjazeera, @Dima_Khatib, @AJEnglish ou encore @monasosh.
À moins d’avoir dans sa liste d’amis des personnes directement présentes en Égypte, le réseau est moins au fait de l’actualité “chaude”. Il n’en reste pas moins un formidable outils d’organisation et de regroupement. Des informations sont également relayées (la plupart du temps en arabe) sur les pages consacrées à l’Égypte et des pages spéciales ont fait leur apparition. Par exemple, une page a été créée par la communauté égyptienne de Paris qui s’en sert pour organiser des rassemblements.
La plupart des twitteurs égyptiens tiennent un blog, mentionné sur leur profil Twitter et mis à jour plus ou moins régulièrement. La plateforme Global Voices, disponible en français et en anglais, propose de traduire des notes de blogs publiées dans le monde entier ; les notes étant ensuite regroupées par thématiques, dont l’Égypte. De quoi avoir un aperçu concret de tout ce qui a été écrit dans la journée, sur le sujet.
Reste que pour avoir un point de vue complet de la situation, il est préférable de combiner différentes sources. Certains internautes l’ont bien compris comme Baptiste, étudiant, qui pour suivre l’Égypte regarde “Twitter, Facebook, les sites web des principaux titres de la presse française (+ le NY Times, Al Jazeera, Reuters, RFI) et les médias web français (Rue89, Mediapart, Slate.fr, Owni)…”.