Les insectes à la recherche du soleil s’agglutinent autour de l’ampoule de la lampe. Les insectes, ceux dont l’existence n’est pas acceptée, dont la vie n’est pas estimée, ont partout des prédateurs. Nulle part ne sont-ils en sécurité ? Non, pas vraiment. Cela ne les empêche pas, malgré le danger omniprésent, de se poser sur une branche, de se reposer. Dans ce quartier de Monopolis, l’Underground Café est cette branche.
Il y a les étoiles noires, qui viennent se sustenter pour mieux défiler la nuit. Il y a des sans-emplois, qui veulent juste oublier la misère de leur vie. Il y a des stars parfois même, qui cherchent un répit. Il y a Ziggy, qui dit tout à Marie-Jeanne, sauf ce qu’elle voudrait entendre, avant de repartir chasser la célébrité.
Car oui, si l’Underground Café est la branche, ce n’est pas la lumière qui y règne. La lumière, artificielle comme la lampe, tout le monde la cherche, un peu, à sa manière. La lumière des projecteurs, de la célébrité, il n’y en a pas qu’un qui en aura rêvé. Celles et ceux qui l’ont obtenue vivent avec la peur de la perdre — que font les insectes quand on éteint la lampe ?
Johnny Rockfort organise une soirée dans son quartier, un gala caritatif, pour booster sa popularité. Les élections auront bientôt lieu, et les sondages sont serrés, entre Rockfort et Sadia. Lui, qui prône l’équité des classes, des origines, pour que plus jamais la pauvreté ne soit un frein. Elle, qui prône l’égalité des genres et la liberté d’aimer. Sa compagne Cristal, star de la télé, sera présente, c’est assuré. Même si certaines sources soufflent qu’elle a été vue dans un bar lesbien un soir où Sadia le fréquentait.
Alors que les candidats défendent la sécurité de vivre et d’être qui l’on a choisi d’être, des rebelles sèment la terreur dans la ville, la nuit venue. Des vétérans de guerre, qui ne se remettent pas du terrain, des horreurs. A leur tête, Zéro Janvier—tellement traumatisé et détaché de son identité, il réfute l’idée d’avoir un jour de naissance, et en a fait sa nouvelle identité. A ses côté, l’ancienne star du grand écran Stella Spotlight, désenchantée depuis qu’elle n'est plus la préférée.
Ils vont tout faire exploser. C’est Ziggy qui l’a entendu à l’Underground Café. Quand MJ lui a annoncé, fière comme jamais, qu’elle allait jouer de la guitare pour le gala de Rockfort, il l’a suppliée de ne pas y aller. Si seulement elle était restée à l’Underground Café, ce soir-là. N’était-ce pas assez de jouer pour lui ? Il l’écouterait jusqu’au matin, et encore après. Mais elle voulait la gloire, et le gala lui donner l’opportunité de jouer devant le pays entier, d’être télévisée.
Alors depuis l’Underground Café, Ziggy regarderait le spectacle, jusqu’à la fin. Et puis au matin, il se demanderait pourquoi se lever, et comme tous les matins, il se lèverait parce qu’il faut bien payer le loyer.
Prompts : Modern/Real life AU, Maquillage, « comme un poisson dans l’eau »
Sur les réseaux sociaux, chacun chacune use des filtres comme d’un second maquillage. Tout pour masquer les défauts de la vie, tout pour prétendre être bien dans sa peau, loin de la dérive de la dépression.
Pour Cristal, c’est évident. Depuis qu’elle a décroché ce poste à la télévision, elle n’a même plus à faire son propre maquillage—enfin, elle fait la base, bien évidemment, avant de sortir de chez elle, mais c’est retouché lorsqu’elle arrive au studio. Elle qui a grandi entre la ville, où ses parents travaillent, pour recevoir une bonne éducation, et la campagne, pour aller au grand air pendant les vacances, se retrouve à faire la greluche en présentant une émission de télé-crochet, comme si elle n’était pas plus intelligente que cela. Mais avec son joli minois, c’est là que le public la veut. Elle n’a qu’à cacher qu’elle a des opinions sur les sujets sérieux—elle est trop jeune pour ça, elle est trop belle pour ça. Elle n’a qu’à partager des photos où elle est jolie, pas besoin d’autre chose. La vie est belle, pour la belle animatrice télé. Elle restera muette, muette comme une carpe, sur les questions sérieuses.
Alors quand elle découvre, au hasard de l’algorithme, JohnnyRockFort, qui n’utilise jamais les réseaux pour mentir, c’est tout un monde qui vacille—et ça lui plaît. Un jeune homme, désenchanté de la vie, qui utilise les réseaux pour crier à qui voudra l’entendre que le gouvernement va droit au mur, qu’il faut se mobiliser, tout casser pour se faire entendre si nécessaire. Lui n’a pas laissé son jeune âge l’empêcher de prendre position. Lui n’utilise pas de maquillage pour se faire plus beau, plus attirant, il n’offre que le vrai, le naturel. Mais on ne lui a pas dit qu’il était trop beau pour être intelligent, sûrement.
Cristal voit une opportunité—faire tomber le masque qu’elle porte, profiter de sa plateforme médiatique, hors de la télé, pour donner de la lumière à celles et ceux que Johnny, qui ont un message à faire passer. Bien sûr, Johnny sera le premier. Pour rester discret, Cristal lui proposera de le faire en dehors de la ville, dans sa maison de campagne, mais Johnny refusera—ce sera dans ses quartiers, ou pas du tout. La télé allumée dans la pièce d’à côté, le nuage de pollution à l’extérieur jusqu’à ce que les politiques interdisent les voitures polluantes à nouveau, entre les HLM qui s’élèvent tout autour, et les dealers dans les recoins, c’est chez lui. Il est comme un poisson dans l’eau—l’en sortir serait signer la fin de sa respiration. Alors c’est Cristal qui inspire un grand coup, et finalement c’est comme si elle prenait sa première respiration, et elle vient à sa rencontre, découvrir son monde—découvrir son nouveau monde.
Soon enough, everyone had brought something to the table and they were seated, sharing the news of the day.
Coincidentally, this was also the last line of the fic hehe
Tagging: @writerfae @wildswrites @littlehaize @saintedseraph (can I tag you back eccaiia? I mean, if you've got a new last line since then... sounds fair enough that you could play again! ahah)
I was tagged by @oh-no-another-idea, thank you very much <3
Rules: pick an oc and answer their associations
At first, I thought it was the associations that the character would make, rather than what I associate the character with... xD
I'll do this with David Miller from The Prophecy's Children.
Seasoning: a mix of pepper spices. it suits his hot temper and I think he'd also be used to eating that way.
Weather: Thunderous, because David is in a very bad time of his life in this book, and he's quick to anger.
Color: Dark blue.
Sky: to go with the weather, very cloudy.
Magical power: Something self-defense, pushing people away.
Plant: A cactus: he needs love, even if he doesn't show it much, and he's used to not getting enough - thinking to the cactus who needs water, even if we don't think about it because they exist in deserts.
Weapon: My David has a wand, and that's as much a tool as a weapon. I think the equivalent would be a knife? maybe a swiss-knife.
Social Media: Hm. Very good question. I don't think I've got an answer to that one.
Makeup product: I definitely do not know enough about makeup oh no. Does chapstick work? Because he IS a protector too.
Candy: after some research, I'll say Cuberdon. It's crisp on the outside, soft inside, and fruity.
Fear: the fear of others being wrong about you. I suppose, in a way, it's the Imposter Syndrom.
Method of long distance travel: walking
Art style: does wood sculpture count?
Mythological creature:
Piece of stationary: highlighters in so many colours. or sticky notes? hmmm
Celestial body: Jupiter. Because that planet's got a lot of moons around. Not saying that David is the center of the world, but he's the center of his life, and he's got a lot of people gravitating around him.
Tagging: @eccaiia @writerfae @wildswrites @littlehaize @saintedseraph and anyone reading this who'd like to do it! I'll tag you next time!
Une voiture qui ne cède pas la priorité à droite, les urgences appelées, le corps identifié, le contact d’urgence d’appelé. C’est la fin du monde au bout du fil.
Papa est mort. Il est parti, et il ne reviendra jamais. Carole s’assoit.
Après le lycée, elle fait ses devoirs et prépare à manger en attendant le retour de son père, d’habitude. Mais il n’y a personne qui va arriver. Personne ne va lui raconter les idioties que les clients ont pu lui raconter ce jour. Personne ne va l’écouter parler de ce qu’elle a appris à l’école. Personne ne va l’aider à réviser ses poèmes, ses dates, et son anglais. Personne ne va jouer avec elle aux cartes avant d’aller au lit.
Au téléphone avec sa sœur, elle dit « oui », elle la laisse gérer, elle voudrait ne pas avoir à penser aux funérailles. Elle a 17 ans, et son monde s’est effondré.
Le lendemain, elle retourne au lycée, personne ne lui a dit de rester chez elle. Dans la salle 42, elle s’assoit. Le cours de français passe. L’heure suivante, elle est assise à son bureau dans la salle 104 pour le cours de géographie. Les heures s’enchaîne. Carole suit le mouvement quand il faut, puis elle trouve une place assise, s’assoit, et attend. Rien n’a de sens. C’est vendredi, et personne ne sera sur le canapé avec une pizza et un livre à lire à tour de rôle en faisant des voix bizarres.
Le jour des funérailles, elle est assise sur le banc tout devant. Lors de la mise en terre, elle s’imagine se laisser tomber dans le trou.
Elle habite avec sa sœur et l’époux de cette dernière maintenant. Ils ne jouent pas aux cartes. Leurs anecdotes du travail ne l’intéresse pas. Ils ne lui demandent pas comment sa journée s’est passée. Ils ne proposent pas de l’aider avec ses cours et ses devoirs. Le vendredi, il n’y a pas de pizza ou de burger ou de kebab. La TV est allumée, pas de place à la lecture.
Elle est là sans l’être. Tous les jours depuis le jeudi fatal se ressemblent et s’enchaînent sans qu’elle ne les distingue.
Carole n’obtient pas le BAC, à la fin de l’année, mais cela ne l’affecte pas. Sa sœur la juge, elle le sait, mais cela non plus ne l’affecte pas. Sa sœur a toujours été plus proche de leur mère, elle en a toujours voulu à leur père d’être bizarre, et Carole a toujours été bizarre aussi. Et maintenant, Papa n’est plus là, et elle est toute seule, et plus rien ne compte.
Sa sœur lui trouve un emploi en ville. Désormais, ses journées se font de s’asseoir sur le banc de l’arrêt de bus, puis dans le bus, puis sur un banc devant la librairie, et enfin derrière la caisse de la librairie. Seulement elle ne reste pas assise derrière cette caisse. Elle doit aussi ouvrir des cartons, mettre des livres en rayon, ranger les rayons… Interagir un minimum syndical avec ses collègues.
Les librairies sont des endroits magnifiques. Des gens d’horizons variées y vont chercher du réconfort au milieu des livres. Carole finit par s’habituer à certain.e.s client.e.s qui reviennent plus ou moins régulièrement, elle apprend à connaître leurs goûts. Quand un nouveau livre de science-fiction arrive, elle pense à cette cliente, et ses fossettes, et ses boucles auburn…
Carole a connu la fin du monde, mais avec le temps qu’elle passe dans cette librairie, elle voit un nouveau monde fleurir dans sa vie.
Il était une fois un chevalier dont le cheval était doré. On l’appelait le chevalier au cheval doré. La légende raconte que le chevalier avait les yeux de couleur changeante. Petit, il les aurait eu si clairs que ses parents le pensèrent aveugle. Ainsi, il n’apprit pas à lire ou à dessiner, mais plutôt à utiliser ses autres sens. Dans l’adolescence, ses yeux s’assombrirent, comme un ciel orageux. Il était malheureux et rêvait d’autres horizons. Il entendit parler du cheval doré, qui avait été aperçu dans les montagnes voisines, sans jamais être attrapé, apprivoisé, dompté. Il devenait un jeune adulte, et ses yeux étaient noirs d’encre. Ses parents désespéraient de le voir un jour sourire à nouveau. « Le jour où il sourira à nouveau, le cheval doré sera dompté ! » s’écria sa mère un jour. Le lendemain matin, il était parti. Nul ne sait ce qui se passa dans ses montagnes, mais lorsqu’il revint, il avait été fait chevalier et chevauchait le cheval doré. Ses yeux étaient d’un bleu lagon, il était apaisé.