Prieur (de la Marne). Président, vous n’étiez pas au fauteuil lorsqu’on a demandé l’impression des deux discours de Marat. Si l’Assemblée ne veut pas, je ne ferai pas de réflexion sur le discours de Vergniaud, mais ce discours a été prononcé d’abondance à la tribune. S’il y a des hommes assez heureux pour se rappeler dans le cabinet ce qu’ils ont dit à la tribune et en présence du peuple, je les en félicite ; car moi je serais bien embarrassé, si j’étais obligé de me rappeler ce que j’ai débité d’abondance, et lorsque j’étais inspiré par le sentiment. Quoi qu’il en soit, puisqu’on a décrété l’impression du discours de Vergniaud (Interruptions à droite et au centre), je soutiens qu’on doit aussi ordonner celle du discours de Marat ; car il renferme une invitation de se réunir, qu’il est bon de faire connaître à tous les citoyens. (Nouveaux murmures à droite et au centre). Il est étonnant qu’il y ait des membres dans cette Assemblée, qui ne veuillent pas que cette impression ait lieu.
Plusieurs membres (sur la Montagne) : Aux voix ! aux voix ! l’impression du discours de Marat !
[...]
Le Président consulte l’Assemblée.
(La Convention décrète l’impression du discours de Marat.)
Convention nationale, séance du 13 mars 1793 (AP, t. LX, p. 169).