VERSUS (2000) VERSUS a connu chez nous son heure de gloire en vidéo-club, tapant fort là où il fallait marquer la différence: sous-titré sans raison “L’ULTIME GUERRIER” en France, le film de Ryuhei Kitamura -qui fit plus tard AZUMI (2003), GODZILLA FINAL WARS (2004) ou encore LUPIN THE 3RD (2014)- nous faisait découvrir un gros délire, mêlant actioner sanglant, zombi-movie, film de samurai, et j’en passe. Et malgré ce second degré assumé balancé entre deux scènes de combat ultra-stylées -comme le look des personnages-, VERSUS trahit son petit 10 000 dollars de budget de par son lieu de tournage: la forêt. Oui, bien sûr, les SFX bien gras dégoulinant d’hémoglobine sont encore plus perceptibles qu’avant, passage à la HD oblige: retour donc, il y a dix-huit ans, dans cette histoire folle où deux évadés se retrouvent pour un rendez-vous avec un gang de yakuzas, au coeur de la Forêt de la Résurrection. Le héros, joué par le beau gosse charismatique Tak Sakaguchi -en caméo dans l’énorme TOKYO GORE POLICE (2008), et aussi MUTANT GIRLS SQUAD (2010)-, va s’inclure sans mal dans tous les stéréotypes de VERSUS, du bad guy réincarné, à l’homme de main rigolo/insupportable: il va falloir survivre, des hordes de zombies excités sautant rapidement partout dans tous les sens. Allant au-delà du simple schéma antihéros/baston, VERSUS verse dans l’occulte, le mystique, avec cette jeune femme délicate -symbole de pureté-, qui semble savoir la vérité sur les anciennes vies menées par plusieurs personnages: la Forêt de la Résurrection cache un lourd secret, directement en rapport avec l’intro-texte du long-métrage, étant le 444ème portail -sur 666, évidemment- vers l’au-delà. Alors, quid de VERSUS, avant, pendant et après, qui étale son cycle historique et narratif dans le Japon féodal, l’époque contemporaine, et... le futur? VERSUS est jusqu’au-boutiste, nous servant une unhappy-end peu commune, carrément post-apo: bon, cette séquence accuse l’âge -maquettes cheap-, mais se réfère aussi à de gros classiques, tels que TERMINATOR (1984) pour cette vision finale d’un monde dévasté, THE MATRIX (1999) pour le look stylé -longs manteaux en cuir, cascades- et n’importe quel John Woo, pour ses incessants gunfights aux munitions illimitées. Imparfait donc goûtu, VERSUS peut refroidir aujourd’hui -quoique les sidekicks sont très drôles-, cette version THEATRICAL -standard- faisant la part belle aux dialogues et autres twists/reveals après un déluge de balles ou une pluie de sang: deux heurs qu’on ne voit pourtant pas passer, tant le dynamisme de la caméra de Kitamura est intense: action quasi non-stop, on peut en effet dire que TOKYO GORE POLICE et ce film sont les fleurons du cinéma de genre -haut perché, violent et gore- de la décennie japonaise 200-2010. Pas du tout nanar, VERSUS a nécessité 7 mois de tournage et un financement “maison”, refusé partout à l’époque par les producteurs... qui n’ont sûrement rien vu d’autre qu’un hommage à THE EVIL DEAD (1981) ou HIGHLANDER (1986) -et c’est un peu vrai-: sauf que... VERSUS a fait l’objet d’une réédition plus tard, en 2004, où l’ami Tak Sakaguchi himself a tourné de nouvelles scènes avec le cast, au même endroit: en récompense, la sortie de ULTIMATE VERSUS (2004), qui s’avère être la version définitive à regarder. Indispensable, mais moins que son petit frère sorti 4 ans plus tard, le THEATRICAL CUT de VERSUS vous fera bien rire, en plus de vous accorder votre dose de sang, de zombies, d’action, de sabres et d’armes à feu: un pot-pourri que même le temps peine à éroder? Certainement, vu qu’on accroche encore. Évitez la version RATED-R, qui est elle amputée de violence... VERSION STANDARD /20











