VERTIGE (2009) Un des discrets exemples du cinéma de genre made in France? Le film VERTIGE d’Abel Ferry -dédié à son père-, se plaçant à la croisée des opinions, est est un: attention, nous n’avons pas dit “référence”... Si on aborde forcément le long-métrage montagnard avec nos acquis, il se peut que VERTIGE ressemble de loin à un essai frenchie inspiré par le sous-estimé WRONG TURN (2003) ou encore le brutal THE DESCENT (2005): la bande de potes va s’amuser en Croatie pour arpenter une voie d’escalade, acticité synonyme de sport extrême. VERTIGE utilise comme tout bon slasher/horror flick les relations inter-protagonistes pour faire monter la tension, déjà présente au vu du danger de l’expédition. Cependant, l’acting pêche parfois, nous empêchant de croire au récit ponctuellement: l’ivresse et le vertige des sommets prétextent autrement, prétendant sans doute que les personnages sont sous le choc, et donc plus “réalistes”, rendant le jeu d’acteur possiblement probant. Non exempt de défauts, VERTIGE parvient à s’extirper de ces longueurs -inutiles, ou à l’inverse, très judicieuses, avec ces panoramas sur la brume engloutissant les montagnes, la musique étrange de Jean-Pierre Taieb instaurant une atmosphère presque mystique-, dès le parcours terminé: on entre dans un second acte 100% horrifique, les potes découvrant à leurs dépens être devenus les proies d’un mystérieux chasseur... d’humains -décèlerait-on l’influence du cultissime THE HILLS HAVE EYES (1977) de Wes Craven?-. Survival et course-poursuite dans les bois seront les mots d’ordre de la deuxième partie de VERTIGE, plus viscérale et violente -la fin de FRONTIÈRE(S) (2007)-, laissant trahisons et vengeances dominer le récit. Abel Ferry se lâche complètement pour achever le bad-trip montagnard, devenant un combat primaire pour la survie, hargneux et sanglant: comme quoi, savoir bien filmer deux individus crasseux avec une shakycam PEUT FONCTIONNER sans nous violer la rétine -merci, Abel-, en plus d’apporter une vraie identité à cet ermite cannibale qui aurait pu tomber dans les clichés mutiques et non marquant des standards du style. Inégal mais plein de bonne volonté, VERTIGE vaut le coup si vous arrivez à franchir les 45 premières minutes du film sans vouloir le visionner en accéléré: les plus patients seront récompensés, les autres seront partis voir autre chose. A bouder si l’on a au moins essayé. LA MONTAGNE A DES YEUX CHELOU /20













