🎲 Un coup de dés jamais n’abolira le hasard…*
En lisant le mouve de Lilou, je me fis la réflexion que sa formulation est déjà en soi un dépassement de sa peur. Car la peur est liée à l’existence en tant que finitude face à la mort, celle que décrit Heidegger dans sa conception de l’ontologie. Or, avec une conception du sujet en tant que puissance d’agir (conatus**), Lilou se donne les moyens de se surmonter en tant qu’être fini face à la mort. Pourquoi? Parce que les orages qu’elle traverse lui permettent de mieux saisir ce que peut son corps. Ainsi, prend-t-elle conscience de ce qui augmente ou diminue sa puissance. Pour cela, il suffit qu’elle ressente en elle la joie ou la tristesse et s’oriente dans la vie en conséquence. D’où le schéma de l’arc réflexe: émotion-cognition-action, qui replace le texte (la vie) en contexte (la ville ou la cité).
🕢 07h39-08h02
* Stéphane Mallarmé
** La racine latine de conatus est le verbe conari.
Étymologie
• conari : tenter, s’efforcer, entreprendre, essayer
• conatus : participe passé substantivé → effort, tentative, élan, impulsion
Il s’agit donc, dès le latin classique, d’un mouvement, pas d’un état.
Point important
Le champ sémantique de conari implique :
• un élan sans garantie de réussite,
• une mise en mouvement, non un but finalisé,
• une tension interne, pas une cause extérieure.
👉 On est très loin de l’idée moderne de volonté souveraine ou de projet rationnel.
Conséquence philosophique (chez Spinoza)
Quand Baruch Spinoza parle de conatus, il radicalise le latin :
• ce n’est pas vouloir quelque chose,
• c’est être en effort d’exister.
Formule nette
Conatus = l’effort d’être en train d’être.
Ni intention morale,
ni stratégie consciente,
ni finalité transcendante —
mais une insistance immanente de l’existence.










